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4 décembre 2022 7 04 /12 /décembre /2022 18:15

Cour d’Assises du Puy-de-Dôme

Audience du 6 août 1896

Affaire du Quartier

 

Pas plus que les précédentes, cette affaire ne suscite une grande curiosité.

L’accusé, Gilbert Souillat, âgé de 32 ans, qui exerçait au Quartier les professions de cultivateur et maçon, est un personnage peu intéressant.

C’est un criminel vulgaire qui, ayant déjà un peu l’habitude de la justice, ne parait nullement étonné de se trouver sur le banc des accusés ; il en parait au contraire presque satisfait, car fréquemment on le voit sourire.

Il se défend énergiquement, accusant tous les témoins de mensonge.

M. Depeiges occupe le siège du ministère public ; M. Seguin est au banc de la défense.

 

Acte d’accusation

            Le 29 avril 1896, vers dix heures du soir, Gilberte Passavy, épouse Souillat, menacée par son mari qui la maltraitait fréquemment, s’était réfugiée chez François Passavy, son frère, et l’avait supplié de la recueillir. Quelques instants après, survint Souillat furieux et pris de vin ; il invectiva son beau-frère, qui était couché. Poussé à bout, celui-ci se leva et, avec l’aide de sa femme, il mit Souillat à la porte ; il reçut, en repoussant l’accusé, deux coups à la tête, assénés à l’aide d’une pierre ou de tout autre instrument contondant que Souillat tenait à la main, mais il n’en est point résulté de blessures graves.

            Au même moment, le nommé Doucet Jean, beau-frère et voisin de Passavy, sortit devant sa porte et dit à Souillat : « N’y reviens pas, cela irait mal pour toi ». Souillat se retira, mais il ne tarda pas à revenir et, à la suite de quelques propos sans importance, il frappa Doucet à la tête au moyen d’une pierre. Le coup fut si violent que le choc fut entendu par les voisins.

            Souillat prit alors la fuite et Doucet rentra chez Passavy tout ensanglanté en disant ; « Souillat m’a assommé ». Il fut ensuite reconduit à son domicile et ne tarda pas à perdre la parole. Il est demeuré sans connaissance jusqu’à sa mort, survenue trois jours après, c’est-à-dire le 2 mai suivant.

            Il résulte de l’autopsie faite par le médecin légiste que cette mort a été la conséquence directe du coup. L’accusé ne nie pas le fait qui lui est reproché ; il a prétendu d’abord ne pas s’en souvenir, à cause de l’état d’ivresse dans lequel il se trouvait. Il a essayé ensuite d’atténuer la faute en soutenant que Doucet avait des relations coupables avec sa femme ; ce fait a été démenti par l’information.

            Souillat est en outre accusé d’incendie volontaire. Dans la nuit du 13 au 14 octobre dernier, au Quartier, un corps de bâtiment lui appartenant, quelques objets mobiliers et des récoltes renfermés dans cet immeuble devenaient la proie des flammes. Un édifice voisin, appartenant à la veuve Taubaty et auquel le feu se communiqua, fut aussitôt incendié.

            Souillat avait été dénoncé comme l’auteur de ces deux sinistres. Une instruction ouverte contre lui à cette occasion avait d’abord été close pour insuffisance de preuves par une ordonnance de non-lieu ; elle a été reprise ultérieurement sur charges nouvelles, et les éléments d’information recueillis ont permis d’établir la culpabilité de Souillat.

            En effet il avait assuré son immeuble et son mobilier pour une somme supérieure à leur valeur réelle ; il a indiqué à différentes époques qu’il espérait tirer profit de cette situation. Il a même proposé à un témoin de mettre le feu chez lui, moyennant une somme d’argent.

            De plus, l’incendie s’est déclaré alors que Souillat était seul à son domicile ; au lieu de chercher à l’éteindre, il est resté inactif ; mais le bétail, qui n’était point assuré, était sorti de l’étable lorsque les voisins accourus sur les lieux.

            Enfin, il a tenu plusieurs propos qui semblent contenir l’aveu implicite de la culpabilité. 

            Malgré ces charges, Souillat a nié constamment le fait d’incendie qui lui est reproché. L’accusé a déjà subi une condamnation pour coups et blessures. Les renseignements recueillis sur son compte ne sont pas favorables : il s’adonnait à l’ivrognerie, maltraitait journellement sa femme et s’était fait redouter de tous ses voisins.

 

Interrogatoire de l’accusé

            M. le président parle d’abord des antécédents de l’accusé, qui sont mauvais.

            - Je n’ai fait de mal à personne, répond l’accusé.

            - Tout le monde n’est pas de votre avis. Vous passez pour être ivrogne, batailleur et d’une moralité douteuse. Vous n’avez été condamné qu’une fois, il est vrai, et légèrement : 25 francs d’amende seulement.

            - C’était déjà trop.

            - On s’était trompé en donnant votre bulletin judiciaire, et on avait remis celui de votre frère, qui a subi des peines importantes. Toute votre famille, du reste, a passé devant la justice. On vous représente comme « du monde capable de faire tout le mal possible. »

            - Nous avons toujours cherché à gagner notre vie honnêtement, sans faire de mal.

            - Les condamnations de votre père et de vos frères prouvent le contraire. Pou vous, vous êtes très redoté dans le pays ; dans les auberges, on vous craint.

            - Dans des auberges où j’ai été deux ans sans aller.

            - Vous vous êtes bien rattrapé depuis, alors. Vous avez une très bonne opinion de vous, mais elle n’est malheureusement pas appuyée par des faits. Quant à votre victime, Doucet, c’était un homme très doux, très estimé, le contraire de vous, en un mot. Vous le disiez votre meilleur ami et vous avez même déclaré à l’instruction que vous l’aviez frappé par amitié.

            - Je n’ai jamais dit ça.

            - C’est tout au long dans l’instruction et à plusieurs reprises. Vous n’avez jamais rien eu à reprocher à Doucet ?

            - Je ne sais pas comment j’ai fait ; je ne m’en rappelle même pas.

            - Vous ne dites plus aujourd’hui que Doucet était votre meilleur ami. Vous changez une fois de plus votre système ; vous reprenez celui que vous aviez invoqué tout d’abord.

            - Je dis la vérité, je suis ici pour ça.

            - Non, vous n’êtes pas pour dire la vérité et on ne vous croira pas.

            M. le président arrive ensuite au meurtre.

            - Vous avez passé la journée du crime dans les auberges. En rentrant chez vous, vous vous êtes conduit de la façon la plus grossière avec votre femme ; vousl’avez mise à la porte et vous l’avez obligée à aller coucher chez votre beau-frère Passavy.

            - J’ai passé la journée à m’occuper de l’enterrement de ma belle-sœur qui venait de mourir. Le soir je suis rentré pour coucher mon enfant, sa mère n’étant pas là.

            - Elle avait une bonne raison de ne pas être là ; vous l’aviez mise à la porte en fermant la porte à clef.

            - Elle était bien contente de s’en aller.

            - Pourquoi donc ?

            - Parce que Doucet était son amant.

            - Ah ! vous reprenez le système de défense que vous a indiqué votre mère. Elle vous a bien fait la leçon votre mère, seulement vous avez eu le tort de dire le contraire pendant l’instruction. Vous avez dit à ce moment que vous n’aviez rien à reprocher à votre femme.

            - Je ne voulais pas le dire.

            - Vos scrupules, s’ils sont justes, ce qui ne parait pas vraisemblable, sont singuliers car vous n’avez pas toujours été aussi délicat. Enfin, revenons à l’affaire. Vous avez passé la journée, dites-vous, à vous occuper de l’enterrement de votre belle-sœur.

            - Oui, j’ai porté secours à mon frère.

            - Vous avez une singulière manière de lui porter secours ; vous vous êtes battu avec lui toute la journée. Le soir, vous êtes allé faire une scène chez Passavy. Vous maltraitiez votre femme ?

            - Je ne l’ai jamais frappée.

            - Il n’y a qu’une voix dans la commune pour vous accuser. Vous êtes donc allé chez Passavy vers 9 heures ½ du soir ; vous n’alliez pas chercher votre femme.

            - Si, j’allais la chercher.

            - Vous ne vous êtes pas occupé d’elle. Vous avez commencé par insulter Passavy qui vous a répondu doucement : « Emmène ta femme et rentre chez toi. » Ca ne faisait pas votre affaire ; vous aviez apporté une pierre et vous la lui jetez à la tête. Passavy perd alors patience ; il se lève ainsi que sa femme pour vous mettre à la porte. Vous vous jetez sur lui et, armé de votre clef vous le frappez brutalement.

            - Je ne l’ai pas frappé.

            - Les blessures sont là cependant.

            - Ce n’est pas moi qui les ai faites.

            - Enfin, vous vous enfuyez chez vous et pas une fois vous ne pensez à votre femme.

            - J’étais venu pour la demander.

            - Rentré chez vous, vous ne tardez pas à revenir. Vous aviez soif de bataille. Ainsi que vous l’avez dit dans la journée, vous vouliez faire un mauvais coup.

            - Non, j’allais chercher ma femme.

            - Vous vous en moquiez pas mal de votre femme. Vous allez de nouveau frapper chez Passavy ; cette fois, c’est la femme de Passavy qui vous engage à rentrer chez vous et à vous emmener.

            - Elle ne m’a rien dit.

            - Si, elle vous a parlé et vous vous êtes écrié : « Il faut que j’en tue un avant de partir. »

            - Je n’ai jamais dit ça.

            - C’est alors que Doucet intervient et vous donne aussi le conseil de vous retirer. Pour répons, vous prenez une pierre et vous le frappez à la tête.

            - Je ne sais pas comment ça c’est fait.

            - Vous aviez donc ramassé une pierre en sortant de chez Passavy.

            - C’est Doucet qui m’a frappé le premier ; il m’a égratigné à la figure, j’en avais la trace.

            - Ce n’est pas étonnant que vous ayez été égratigné, vous vous êtes battu toute la journée.

            - Non, ça vient de Doucet.

            - Vous vous rappelez de ce détail et ensuite vous ne vous rappelez plus de rien ; c’est curieux. Après avoir terrassé Doucet vous vous enfuyez encore chez vous.

            Mis en garde par la réflexion de M. le président, Souillat juge prudent alors de déclarer qu’il ne se rappelle plus de rien.

            - Pendant les jours qui ont suivi le crime, vous vous êtes caché.

            - Je n’ai pas du tout cherché à me cacher.

            - Cependant, les gendarmes ne vous trouvent pas et ce n’est que le 2 mai, quatre jours après le crime, qu’ils peuvent vous interroger. Vous êtes allé chez le médecin faire constater vos blessures ; il n’a constaté qu’une meurtrissure au visage.

            - Je n’ai pas montré les autres.

            - Si vous aviez eu d’autres blessures, vous les auriez fait constater. Vous prétendez que Doucet vous a frappé d’un coup de bâton.

            - Oui.

            - Eh bien, les témoins disent le contraire.

            M. le président montre ensuite les contradictions qui résultent des déclarations de l’accusé, tant à l’audience qu’à l’instruction.

            On arrive ensuite à l’incendie. Une première fois, Souillat bénéficie d’une ordonnance de non-lieu.

            - Aussitôt en liberté, dit M. le président, vous vous mettez à insulter et à menacer les témoins qui avaient déposé contre vous.

            - Je n’ai menacé personne.

            - Vous niez, comme toujours. L’incendie eut la nuit du 13 au 14 octobre 1895 ; ce soir-là, vous aviez été à l’auberge avec Roche et Passavy. Vous quittez Roche et Passavy vers minuit ; une demi-heure après, le feu était dans votre maison. Votre femme était chez Passavy ?

            - Oui.

            - En rentrant chez lui, Passavy prévient votre femme qui se lève et va vous rejoindre. Un quart-d ’heure après, elle revient prévenir sa mère et Passavy que le feu était chez vous. Or, quand Passavy était passé, il n’y avait pas de trace de feu et, un quart-d’heure après, tout brûlait. Comment voulez-vous que le feu ait pris aussi brusquement si vous ne l’avez pas mis/

            - Je ne sais pas comment l’incendie s’est déclaré ; ce n’est toujours pas moi qui ai mis le feu.

            - Votre attitude pendant l’incendie est cependant assez singulière. Vous n’appelez pas au secours, vous ne faites rien pour éteindre le feu ; mais ce qu’il y a de mieux, c’est que quand on arrive pour organiser les secours, on trouve vos bestiaux sortis de l’étable ; or, vos bestiaux n’étaient pas assurés, vous aviez eu bien soin de les sauver.

            - Je les ai sauvés parce que j’y ai pensé et que j’en ai eu le temps.

            - Il y a une autre charge plus grave contre vous. On vous a demandé des explications pendant l’incendie ; vous avez compris à ce moment la nécessité de faire croire que vous n’étiez pas resté seul. A un voisin qui vous interrogeait vous avez dit : « Je suis allé chercher ma femme chez Passavy, je ne sais pas comment ça s’est fait. » Or, vous n’êtes point allé chez Passavy ; celui-ci vous a quitté et a dit à votre femme d’aller vous rejoindre.

             Je n’ai jamais dit ça.

            Toujours le même système ; quand un témoin vous gêne, vous dites qu’il ment. Vous aviez acheté cette maison peu auparavant. Depuis combien de temps était-elle assurée ?

            - Depuis six mois.

            - Vous étiez assuré pour 5.000 fr. Vous avez estimé vos pertes à une dizaine de mille francs.

            - J’ai bien perdu ça.

            - Votre expert n’a estimé cependant vos dégâts qu’à 2.400 francs. Votre voisin Taubaty et toute la commune ont pensé que vous étiez l’incendiaire. Taubaty a déposé une plainte ; pour lui faire retirer sa plainte, vous lui avez offert 750 francs ?

            - Jamais.

            - C’est encore un mensonge ; Taubaty n’ayant pas accepté, vous lui avez offert 1.000 francs. Vous aviez préparé cet incendie depuis longtemps ; vous aviez proposé à Pannetier de mettre le feu chez vous ; vous offriez de lui donner ce qu’il voudrait.

            - Je n’ai jamais parlé de ça à Pannetier.

Souillat nie également tous les autres propos qui l’accusent et proteste contre l’opinion général des habitants de la commune qui tous le considèrent comme incendiaire.

 

Les dépositions

            Le défilé des témoins va être très long. Il y a 38 témoins à entendre, dont cinq à décharge.

            Le premier est Marcel Gomot, âgé de 16 ans, voisin de Souillat, qui a assisté à la scène que celui-ci a fait à sa femme.

            Il a entendu Souillat dire : « Je vais faire un mauvais coup et je vais me noyer. »

            Le témoin n’a point assisté au meurtre.

            Il donne quelques renseignements sur l’accusé.

            Sur une question de Me Seguin, Marcel Gomot dit que, lors de l’incendie, Souillat travaillait à sauver son mobilier.

            La femme Gidel, voisine de Souillat, parle aussi des mauvais traitements dont Souillat a accablé sa femme avant le crime. C’était des disputes continuelles dans le ménage ; fréquemment Souillat mettait sa femme à la porte.

            M ; le président lui demande à quel moment on a parlé des relations coupables que la femme Souillat aurait eues avec Doucet.

            Le témoin dit que c’est un bruit qui a été répandu par Souillat, mais personne n’y croit.

            Les témoins suivants, Eugénie Dubousset, femme Jouhet et Alfred Roffet, maréchal-ferrant, ne font que confirmer la déposition de la femme Gidel.

            La première montre une certaine animation contre l’accusé qui prétend que la femme Jouhet lui en veut mortellement parce qu’il a tenu sur elle des propos offensants.

            Alfred Roffet, maréchal-ferrant, a également assisté aux brutalités de Souillat vis-à-vis de sa femme. Il a vu celui-ci mettre sa femme à la porte.

            Le témoin ajoute qu’un jour, se trouvant à boire avec Souillat, celui-ci lui a dit : « Si je n’avais pas été assuré, je n’aurais pas brûlé ; je vais toucher 2.800 francs ; pour .500 francs je ferais construire une nouvelle maison, ça fera bien mon affaire. »

            - L’accusé : Je n’ai jamais dit ça.

            Le témoin affirme que Souillat a bien tenu ce propos.

L’audience est suspendue à midi.

A Suivre

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16 novembre 2022 3 16 /11 /novembre /2022 15:30

Ce n’est pas d’un tyranneau, mais d’un ex-tyranneau de village que nous occupons aujourd’hui. En effet, depuis le 3 mai dernier, le sieur Chassagnette, ancien maire de Charensat, importante commune du canton de Saint-Gervais, a été réduit à l’impuissance par les électeurs qui l’ont mis à la porte de la mairie : Il est passé à l’état de momie municipale. Mais cet intéressant spécimen ne déparera pas notre galerie.

            Pendant 18 ans, M. Chassagnette a traité sa commune comme un fief lui appartenant. A tout propos il menaçait les contribuables de la prison. Il portait toujours avec lui son écharpe et il faisait peur aux paysans en la montrant et en disant : « Si l’un de vous a le malheur de bouger, je le ferai mettre en prison ».  C’était sa menace habituelle, mais tant va la cruche à l’eau qu’elle se casse. A la fin, ces braves gens ont voulu reconquérir leur liberté, et le matin du 3 mai dernier, lorsque le sieur Chassagnette, ceint de son écharpe et escorté de son garde-champêtre, est sorti sur la place pour haranguer les électeurs et foudroyer ses adversaires, il fut reçu par des huées et des sifflets ; il ne put prononcer un mot : le soir même il n’était plus maire.

            Furieux, le tyranneau Chassagnette vient d’inventer une vengeance originale. Naturellement il poursuivit les élus devant le conseil de préfecture et perdit son procès : il a fait appel devant le conseil d’État et perdra de même. Mais ce n’est pas de cela dont il s’agit M. Chassagnette vient d’intenter à la commune de Charensat on procès, lui réclamant la somme de 550 francs comme solde de ses frais pour avoir administré la commune pendant 18 ans !!

            Ce tyranneau, justement révoqué par les électeurs, a voulu sans doute imiter l’exemple des conseillers municipaux de Paris, de Limoges, et de bien d’autres villes qui se sont votés de riches appointements aux dépens des contribuables. Mais, jugeant ses services à leur véritable valeur, il ne leur réclame que 550 francs pour dix-huit ans ; à peu près 30 francs par an, c’est modeste.

            Le conseil municipal de Charensat, saisi de cette question à sa dernière séance, a nettement repoussé cette demande, attendu que les fonctions de maire sont gratuites. Furieux, M. Chassagnette va plaider ; nous allons pouvoir rire aux dépens de l’ex-tyranneau.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – Journal du 31 août 1896.

 

            Nous avons parlé de l’ex-tyranneau Chassagnette, ancien maire de Charensat, qui essaie de se venger aujourd’hui des électeurs qui l’ont mis à la porte en leur réclamant une somme de 576 francs 50 pour ses honoraires d’administration. Or, nous apprenons, au sujet de M ? Chassagnette, un détail vraiment stupéfiant : malgré de nombreuses protestations, M. Chassagnette, en même temps qu’il était maire de Charensat, était juge de paix de Chénérailles, Creuse, commune distante de 47 kilomètres de celle où il exerçait les fonctions de maire !

            M. Chassagnette cumulait donc les fonctions ; il voudrait aussi cumuler les appointements.

            Voici le détail des sommes qu’il a réclamées à la commune par voie hiérarchique, c’est-à-dire au moyen d’un bordereau adressé à la préfecture le 11 juin dernier et transmis ensuite à la municipalité de Charensat :

  1. Dix-sept voyages à Saint-Gervais pour faire tirer les jeunes gens au sort, à 5 f r. (Frais du cheval compris) :                                                             85
  2.       Dix-huit voyages à Saint-Gervais pour assister au conseil de révision, à 5 f r. (Frais du cheval compris) :                                                             90
  3. Dix-sept voyages à Saint-Gervais pour former la liste du jury, à 5 f r. (Frais du cheval compris) :                                                                                             
  4. En 1881, un voyage à Clermont pour l’adjudication des travaux du clocher    25
  5. Un voyage à Saint-Gervais paour le même objet                                  
  6. Un voyage à Clermont pour fixer l’emplacement des gares du chemin de fer de Saint-Eloy à l’Etrade                                                                             25
  7. Un voyage à Clermont et à Riom à cause des difficultés survenues à l’occasion de la pose de l’horloge communale                                                                  42
  8. Procès Beschard (sauf recours de la commune contre ce dernier)         214,50

Total :                                    576,50

Comme on le voit, ce modèle de fonctionnaires radicaux n’oublie rien. Le conseil, nous l’avons déjà dit, a refusé de payer et a autorisé le maire à ester en justice pour défendre les droits de la commune.

Nous aurions beaucoup à dire sur la gestion de M. le juge de paix de Chénérailles, ancien maire de Charensat ; mais cela nous entrainerait trop loin. Nous en reparlerons au moment du procès, s’il a lieu.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – Journal du 4 septembre 1896.

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8 novembre 2022 2 08 /11 /novembre /2022 15:46

Un épouvantable incendie vient de détruire un village presque entier, le village de Montivernoux qui se trouve situé sur trois communes, Espinasse, Bussières et Saint-Maigner.

Vendredi soir, au cours d’un violent orage, un formidable coup de tonnerre faisait sursauter les habitants de Montivernoux. Quelques instants après, le cri : au feu retentissait dans le village. Le feu venait d’éclater en même temps dans deux maisons, l’une appartenant à M. Gilbert Clairet, l’autre à M. Robert CLAIRET.

Ces deux maisons sont cependant éloignées d’une vingtaine de mètres. Pour que le feu ait pris en même temps dans l’une et l’autre, il faut admettre qu’elles aient été frappées toutes les deux par la foudre.

Ces deux maisons, comme toutes celles du village, étant couvertes en chaume, le feu se développa avec une rapidité effrayante, activé encore par un vent violent qui portait au loin des flammèches et des débris enflammés.

Par malheur, l’au manquait, et on ne pouvait arrêter la marche envahissante du fléau. Bientôt le feu gagnait la maison de M. Martin Paret-Thuel, puis deux écuries, une grange et une remise appartenant au même propriétaire, puis une maison non habitée, deux écuries, et une grange appartenant à M. Denis Chaput. L’incendie continuant sa marche détruisait ensuite une maison, une écurie et une grange appartenant à Mme veuve Dubosclard, et enfin trois écuries et une grange à Mme veuve Thuel.

Le spectacle était effrayant et les incendiés assistaient navrés au sinistre qui dévorait leurs maisons, leurs granges, leurs fourrages, etc. Pour arrêter les progrès du feu, on n’avait d’autre ressource que d’étendre des draps mouillés sur les toitures en chaume.

Il y a eu, au total, 5 maisons, 9 écuries et 6 granges détruites par le feu avec d’énormes quantités de récoltes, grains, paille, fourrages et même d’instruments aratoires.

Les pertes son considérables et le plus triste c’est que, parmi les sinistrés, un seul est assuré ; c’est Mme veuve Thuel. Les autres sont absolument ruinés.

M. Gilbert Clairet perd en outre deux vaches qui ont été tuées par la foudre.

Cet événement a produit dans le pays une émotion bien légitime.

 

Voici le chiffre des pertes causées par ce terrible sinistre :

M. Gilbert Clairet, sur la maison duquel la foudre est tombée et qui a eu, outre sa maison et son écurie incendiées, deux vaches tuées par la foudre, estime ses pertes à 6.000 francs.

M. Robert Clairet, par l’incendie de sa maison perd 4.000 francs.

M. Martin THUEL, dont la maison, deux écuries, une grange et une remise ont été détruites, perd 6.000 francs.

Mme Jeanne Paynard, veuve Dubosclard, pour sa maison, son écurie et sa grange, perd 6.000 francs.

M. Denis Chaput, pour une maison, deux écuries et une grange, 6.000 francs.

Mme Marie Parret, veuve Thuel, pour trois écuries et une grange, 3.000 francs, est assurée pour 4.500 francs.

Le total des pertes s’élève donc à 31.000 francs.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – Journaux du 8 et 9 septembre 1896

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12 septembre 2022 1 12 /09 /septembre /2022 22:15

Le 1er juin 1875 à Pionsat, le correspondant du Moniteur du Puy-de-Dôme, signale un violent orage qui a éclaté sur la localité. Le 4 juin, il écrit que hier, 3 juin à onze heures du soir, un autre orage s’est déclaré avec une rapidité et une violence extraordinaire. Une pluie torrentielle s’abattait sur le bourg et ses alentours. Dans l’espace d’une heure et demie toutes les rues furent inondées, les récoltes ont été entrainées, les près dévastées et les jardins détruits. Il n’y a aucune perte humaine.

Le même jour, le correspondant de Montaigut décrit le même scénario catastrophe. Il décrit les mêmes dégâts et signale des pans de murs renversés et des chemins défoncés. Là aussi il n’y a pas de perte humaine.

Celui de Saint-Eloy écrit la même chose et conclut par : « Heureusement qu’il n’y a eu ni vent ni grêle. »

A Laqueuille, pourtant loin de Pionsat, un orage violent a éclaté vers huit heures du soir. Les dégâts sont très importants et la foudre a incendié une maison couverte en chaume. L’incendie s’est très vite propagé à deux maisons voisines et à un bâtiment qui servait d’abattoir.

L’orage ou les orages, avec la même violence, sont passés sur Clermont, Riom, Thiers et Issoire. Il semble donc que c’est tout le département qui a été touché.

 

Voici la transcription d’un article du correspondant de Saint-Gervais en date du 4 juin :

« L’orage de jeudi a causé des désastres épouvantables, et un effroyable accident, dans la commune de Sauret-Besserve.

            Une trombe d’eau s’est précipitée sur le moulin de Nirmont qui a été entièrement écrasé, et quatre personnes ont été trouvées, ensevelies sous les décombres, frappées probablement pendant leur sommeil. Ce sont les nommés : Gomot Jean, âgé de 35 ans ; Gaillard Bonnette, âgée de 32 ans ; Marie Masson, 9 ans ; Pauline Gaillard, 7 ans.

            En même temps un mulet, un cheval, deux chèvres, un porc et un âne ont été écrasés dans l’écroulement du moulin.

            La gendarmerie et M. le juge de paix s’étaient transportés sur les lieux pour organiser le sauvetage, mais on a retrouvé que des cadavres.

            Les pertes matérielles s’élèvent à 5.000 francs et on estime les dégâts causés dans la commune de Sauret-Besserve à cent mille francs au moins.

            Si le chiffre n’est pas exagéré, il y aura de nombreuses infortunes à soulager dans cette commune, une des plus petites du canton de Saint-Gervais.

            La désolation est universelle et la nouvelle de la mort de ces quatre victimes a jeté la consternation dans tout le pays. » (Moniteur du Puy-de-Dôme, journal du 6 juin 1875)

Jean GOMOT

Jean GOMOT

Bonnette Gaillard

Bonnette Gaillard

Les enfants

Les enfants

Je n'ai pas pu situer le lieu des Hivert.

Toute la France semble avoir été touchée pendant ce mois de juin 1875 et plus particulièrement les villes bordants la Garonne

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3 septembre 2022 6 03 /09 /septembre /2022 22:42

Articles trouvés dans le Moniteur du Puy-de-Dôme de 1875.

Journal du 31 mai 1875

Journal du 31 mai 1875

Journal du 4 juin 1875

Journal du 4 juin 1875

Journal du 4 juin 1875 suite

Journal du 4 juin 1875 suite

Journal du 12 juin 1875

Journal du 12 juin 1875

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29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 22:14

Lu dans le journal Le Petit Clermontois du 17 septembre 1886.

            Tous les missionnaires ne sont pas au Tonkin, ni en Chine. Il en est qui trouvent plus commode de venir apporter la « parole de Dieu » aux populations de nos campagnes, bien que les habitants du Puy-de-Dôme n’aient point l’habitude de jeter leurs enfants dans l’onde homicide du fleuve jaune. Il est vrai que ceux du Céleste-Empire ne l’ont pas d’avantage, si l’on en croit certains auteurs peu orthodoxes.

            Donc, nos montagnes ont le bonheur de posséder des missionnaires. Ce n’est pas la première fois que l’on essaie de renouveler les prodiges accomplis pendant la Mission de 1829, mais la tâche devient difficile. Le Saint-Esprit fait des façons pour descendre de la voûte des églises, et le tonnerre et les éclairs ont pris l’habitude d’agir quand bon leur semble, au lieu d’obéir à la voix des prédicateurs.

            Cela n’empêche pas. On fait ce qu’on peut. Les missionnaires tonnent personnellement, et à force d’invoquer l’enfer et tous les diables, ils finissent toujours à ramener au bien – lisez au confessionnal – quelques pêcheurs égarés. D’abord leur clientèle se compose de quelques vieilles femmes ; puis les indifférents se laissent gagner. Les missionnaires sont si contents ! Ils donnent l’absolution à si bon compte ! Ce n’est pas comme le vieux curé ou le petit vicaire qui vous épluche une conscience jusque dans les recoins les plus discrets.

            Ces bons missionnaires se contentent de gratter la surface. Ils ont tant d’âmes à convertir ! Et dam ! C’est très commode, de raconter ses péchés à un homme qui n’écoute que d’une oreille. Un court résumé, quelques paroles latines et tout est dit, qui est-ce qui ne voudrait pas profiter de cette aubaine ?

            Doux en confession, les missionnaires sont terribles en chair. Ils vous décrivent les supplices infernaux de façon à donner la chair de poule. Quand on peut éviter de si grands maux en se donnant aussi peu de peine, on serait bien bête si l’on y manquait. Tel est le raisonnement qui s’infiltre peu à peu dans l’esprit des auditeurs, et, chaque jour, il s’en confesse une fournée.

            A Saint-Priest-des-Champs, les missionnaires ont fait une campagne superbe. La mission a duré trois semaines, et ceux que la grâce n’a pas touchés sont rares. Malheureusement, le dernier jour a été signalé par un incident qui a jeté un froid.

            Les missionnaires, fidèles à leur tactique, qui consiste à frapper surtout l’imagination, célébraient qun grand’messe en plein air, sur la place publique. Quelques jeunes gens, convenablement dressés, tiraient en leur honneur des pétards et des coups de fusils. Les missionnaires adorent cela. Fusillade et pétarade alternaient avec les chants sacrés. C’était bruyant, mais c’était très beau.

            Un charron, animé d’un peu de zèle, faisait mieux. Avec un vieux tube de fer, monté sur une sorte d’affût, il avait fabriqué un canon. Muni d’une petite caisse pleine de poudre, il chargeait l’instrument par la culasse, et le canon tonnait pour la plus grande gloire de Dieu.

            Tout à coup, une fusée, maladroitement lancée par un nommé V…, vint tomber encore enflammée dans la caisse de poudre. Une explosion formidable eut lieu, et le malheureux Abavid – c’est le nom du charron – se mit à pousser des cris affreux. Il était grièvement brûlé.

            On s’empressa autour de lui, le curé en personne vint lui prodiguer des soins qui n’étaient pas inutiles, car Abavid était dans un état lamentable. Quand aux missionnaires, ils chantaient, et le diable n’interromprait pas un missionnaire qui chante. Les cantiques continuèrent de plus belle.

            Les missionnaires partirent le lendemain et le charron resta quinze jours sans pouvoir travailler.

            Voilà le plus beau miracle qu’ait produit la mission à Saint-Priest-des-Champs. C’est n’avoir pas de chance : si le blessé eût été un hérétique, un niguenaud (huguenot) comme on dit dans nos campagnes, on aurait encore pu exploiter ça. Par malheur, le charron était une des meilleures recrues des révérends pères. Sa conversion ne lui a pas porté bonheur.         

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8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 11:18

Terrible incendie à Espinasse

 

Du terrible incendie qui s’est déclaré à Espinasse, le 2 juillet 1883, nous ne trouvons pas beaucoup de renseignement dans les journaux de l’époque. Disons que la plus grande partie des articles sont concentrés sur la polémique entre le correspondant du journal Le Moniteur du Puy-de-Dôme à Espinasse et les habitants de Saint-Gervais.

 

Le 5 juillet, le Moniteur publie l’article, en date du 3 juillet, du correspondant de Saint-Gervais :

« Plusieurs habitants du bourg d’Espinasse, canton de Saint-Gervais, viennent d’être victimes d’un terrible incendie. Quinze ménages sont actuellement sans abri. Lé bétail qui se trouvait encore dans les champs n’a pas péri.

Nous avons adressé spécialement des éloges à M. Chabry, maire de la commune d’Espinasse ; M. Gidel, instituteur laïque et aussi à M. Midon, curé de ladite commune.

Tous ces courageux citoyens ont fait preuve de beaucoup de zèle et d’activités.

Le feu a pris naissance dans une écurie, mais la cause de ce sinistre est inconnue. L’incendie a duré toute la nuit et il n’y a pas eu d’accident de personnes. »

 

Le 7 juillet, on peut lire dans le bulletin de la Semaine Religieuse :

« Nos montagnes sont cruellement éprouvées, cette année ; car voici le troisième incendie que la Semaine Religieuse a à enregistrer.

Le bourg d’Espinasse a été le théâtre de ce nouveau malheur qui, par son caractère de gravité presque exceptionnel, a jeté l’effroi dans le cœur des habitants de la paroisse. Dans l’espace d’une nuit, quinze corps de bâtiments ont été la proie des flammes. Malgré des efforts inouïs, rien ou presque n’a pu être sauvé. Quinze ménages se trouvent sans abri et attendent de la charité publique un secours de première nécessité. »

 

Le 8 juillet, en quatre lignes, écrit :

« Le 2 juillet, un incendie a pris naissance, on ne sait comment, dans une écurie en ruines, s’est communiqué aux toitures toutes en chaumes des maisons voisines, dans la commune d’Espinasse. »

 

Le 9 juillet, le Moniteur reprend le courrier de leur correspondant d’Espinasse, toujours à propos du terrible incendie :

« Les gens de Saint-Gervais n’ont pas mis beaucoup d’empressement à secourir ceux d’Espinasse. Il est vrai que ces deux localités sont séparées par 8 kms. Enfin !

Autre chose : MM. Les gendarmes ont fait encore mieux que les fameux carabiniers d’Offenbach ; ils ne sont pas arrivés un quart d’heure trop tard, mais seulement le lendemain.

Puis aussi, il faut ajouter qu’ils n’avaient pas été prévenus officiellement. Mais qu’importe, ils auraient bien pu venir tout de même. »

 

Le 12 juillet, toujours dans le même journal, la réponse de habitants de Saint-Gervais :

« Les gens de Saint-Gervais, que blâme tant votre correspondant d’Espinasse, dans les numéros des 9 et 10 juillet, ont toujours été portés à secourir leurs voisins des communes du canton et ils en ont fait preuve dans maintes circonstances et notamment lors du terrible incendie qui détruisit une partie du bourg de Saint-Priest-des-Champs dans le courant du mois de novembre 1870.

S’ils n’ont pas mis le même empressement à se transporter sur les lieux, ainsi que les gendarmes, s’est qu’ils n’ont été prévenus en aucune façon. Et cela est d’autant plus vrai que nous savons de source certaine que le messager dépêché pars les incendiés a trouvé moyen de se griser en route et d’être parti sans prévenir qui que ce soit. »

 

Le 13 juillet, le maire de Saint-Gervais communique aussi :

« Protestant au nom des habitants et de la gendarmerie, que s’ils n’ont pas porté secours aux incendiés d’Espinasse, c’est qu’ils n’avaient pas été prévenus. »

 

Dans ce même numéro le Moniteur se permet de tirer une conclusion :

« En admettant que l’appréciation de notre correspondant sur les causes de l’abstention des Gervaisiens, gendarme ou non, fût inexacte, nous croyons cependant qu’elle était formulée d’une façon assez discrète pour ne pas soulever les susceptibilités ni les excès de langage auxquels elle a donné lieu d’après ce qu’on nous dit et ce qu’on nous écrit. »

 

Dans son courrier du 9 juillet, le correspondant d’Espinasse va plus loin et envisage même un complot organisé. Si ce qu’il écrit est réel, des gens irresponsables ont pris un très très gros risque. Lisons-le :

« Toujours au sujet de l’incendie d’Espinasse, ajoutons que les maisons incendiées, se trouvant sur une route classée, l’administration va à leur stupéfaction, obliger les incendiés à reculer l’alignement lors de la construction, il serait peut-être bon de rappeler à ces malheureux que l’administration est en plein droit, et voici pourquoi :

Si l’État n’exécute pas les plans d’alignement aussitôt qu’ils sont arrêtés, c’est par un motif d’économie ; car si l’administration voulait exécuter sur le champ des plans d’alignement, elle serait obligée d’exproprier les propriétaires, ce qui entrainerait des dépenses considérables. On obtient le même résultat avec moins de frais, en attendant que la vétusté, ou des causes autres quelconques, un incendie, par exemple, oblige les propriétaires à démolir leurs édifices ; ils sont forcés alors de céder une partie de terrain, moyennant une indemnité qui ne représente plus que la valeur du terrain devenu vacant.

Mais si ces malheureux, qui ont été déjà suffisamment éprouvés par des pertes considérables, sont encore obligés de sacrifier de leur terrain, moyennant une indemnité, il est vrai, mais qui n’excédera certainement pas la valeur réelle du terrain acquis par l’administration. Il ne serait peut-être que juste le Département s’en occupât en lui allouant en sus une somme pour chercher à les indemniser autant que possible des pertes considérables qu’ils viennent de faire. »

 

 

Sources journaux en ligne :

https://www.lectura.plus/4446-la-presse-ancienne-du-puy-de-dome-est-sur-lectura-plus.html

https://www.bibliotheques-clermontmetropole.eu/overnia/

 

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 18:33

Saint-Gervais – Les obsèques de l’abbé Prévost

Vendredi, ont eu lieu à Saint-Gervais les obsèques de M. l’abbé Prévost, curé doyen de cette paroisse. Elles ont revêtu le caractère d’un deuil public, tellement le défunt était connu et aimé de toute la population malgré le peu de temps qu’il était demeuré au milieu de ses paroissiens.

En dépit du temps réellement épouvantable, toute la ville avait tenu à accompagner cet homme de bien et les rares personnes qui n’avaient pu suivre le cortège saluaient respectueusement au passage la dépouille de celui qui fut leur meilleur ami.

L’église toute tendue de noir, était trop petite pour contenir tout le monde, et l’offrande donnée par deux prêtres fut interminable.

La funèbre cérémonie a été présidée par M. l’abbé Michy, curé-archiprêtre de St-Amable de Riom, ami du défunt.

Les cordons du poêle étaient tenus par : M ; l’abbé Parys, curé de Biollet, représentant les prêtres du canton ; M. l’abbé Baptifollier, curé de Marat, son ami et ancien condisciple ; M. Basset, premier adjoint, représentant M. le maire de Saint-Gervais empêché, et M. Boyer, conseiller paroissial.   

Le corps était porté par les conseillers paroissiaux et par les conseillers municipaux qui avaient tenu à donner cette dernière marque de sympathie au regretté défunt.

Les deux frères du défunt conduisaient le deuil ainsi que son neveu, M. l’abbé Prévost, étudiant en théologie ; son cousin, greffier à Pionsat, et MM. Les abbés Dumas et Thomas, vicaires de la paroisse.

Nous avons noté les couronnes suivantes : La famille, les prêtres du canton, la ville de Saint-Gervais, la paroisse de Saint-Gervais, le patronage de garçons, les petites filles du catéchisme, les chanteuses, les constructeurs du patronage, etc… etc…

Un grand nombre de prêtres, en habits de chœur ou de ville, accompagnaient le convoi : Tous les prêtres du canton, de nombreux doyens des environs, M. l’abbé Soucille, représentant la mission diocésaine ; tous les prêtres originaires de Saint-Gervais, plusieurs condisciples du défunt, etc…

Nous avons remarqué également M. de Féligonde, de Brenat, où M. l’abbé Prévost fut curé, ainsi que plusieurs de ses anciens paroissiens de Servant, son dernier poste, de Thiers où il fut vicaire de longues années et où il a laissé un excellent souvenir dans toutes les mémoires.

C’est une grande perte que vient de faire le clergé du Puy-de-Dôme et la paroisse de Saint-Gervais. Des hommes comme m. l’abbé Prévost, il en faudrait beaucoup pour le relèvement moral de notre pays ; et l’un de ses anciens élèves est fier de lui rendre ici publiquement un témoignage ému de profonde reconnaissance. J. F. Maréchal

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 2 janvier 1911

 

Charensat – Tribunal correctionnel de Riom, audience du 28 janvier – Contrebandier

            Magnin Denis, 51 ans, originaire de Charensat, est poursuivi pour contrebande d’allumettes. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois, car son casier judiciaire accuse un grand nombre de condamnations pour faits identiques. Mais il jure que ce sera bien la dernière fois.

            « Avec le froid qu’il fait, dit-il au président, que voulez-vous que je fasse ? Mettez-vous un peu à ma place ; il faut bien vivre. »

            Pour le mettre au chaud, le tribunal le condamne à mille francs d’amende, qu’il paiera par un séjour en prison, en vertu de la contrainte par corps.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 29 janvier 1911

 

Saint-Gervais – Nouveau docteur

            M. Bonneau, docteur en médecine, vient de s’installer à Saint-Gervais.

            Nous lui souhaitons la bienvenue et nous sommes certain que la population de tout le canton lui fera le plus bienveillant accueil.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 15 février 1911

 

Saint-Gervais – Conseil de révision

            Hier, ont eu lieu, sous la présidence de M. le préfet du Puy-de-Dôme, assisté de M. maison, maire et député, les opérations du conseil de révision.

            94 jeunes gens, dont 28 pour la commune de Saint-Gervais, étaient inscrits ; une dizaine seulement ont été ajournés ou réformés.

            Toute la soirée, les conscrits joyeux et contents de leur sort, ont parcouru les rues de la petite ville au son de la vielle et de la cornemuse. Ils se sont séparés très tard, dans la nuit, après avoir dansé avec entrain, sans souci de la neige qui tombait à gros flocons.

            M. le préfet et les membres de la commission de révision ont été reçus à leur arrivée par M. Maison, député, à l’hôtel Chassagnette, où un déjeuner excellent, suivant la tradition de la maison, a été servi en leur honneur.

            Notons parmi les invités : M. Bon, le nouveau et sympathique lieutenant de gendarmerie ; M. Bascoulergue, directeur de l’école communale, et M. le Dr Pourthier, 2e adjoint au maire, conseiller d’arrondissement. A vrai dire, la présence de M. le Dr Pourthier, aux côtés de M. maison, a surpris quelque peu les habitants de Saint-Gervais et a fait l’objet de bien des commentaires. Et l’avis unanime était que M. le Dr Pourthier était tout heureux de saisir cette occasion de se rapprocher du sympathique député, pour regagner, si faire se peut encore, un peu de la confiance des électeurs qu’il a perdue par sa conduite dans les dernières luttes politiques.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 15 mars 1911

 

Espinasse – Grave accident

            M. François Parret, âgé de 75 ans, revenait, avant-hier, de Gouttières, en conduisant un tombereau de chaux attelé de deux vaches. Se sentant fatigué, il voulut monter sur son tombereau ; mais il manqua le marchepied et tomba sous le véhicule.

            Les roues lui passèrent sur le corps et lui firent de graves blessures. M. Parret se plaint en outre de douleurs internes.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 6 mai1911

 

Châteauneuf – Tombé d’un échafaudage

            Le 9 mai, à Châteauneuf-les-Bains, sur les chantiers de la nouvelle société des Eaux thermales, M. Gaillard, l’un des ouvriers de M. Picandet, entrepreneur de travaux à Saint-Gervais, est tombé d’un échafaudage et a été assez gravement atteint au bas-ventre.

            M. le docteur Bonneau de Saint-Gervais, mandé à la hâte, a prodigué ses soins au malheureux ouvrier.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 11 mai 1911

 

Accident mortel

            Le 12 juin, vers 4 heures du soir, M. Jean Martin, 77 ans, cultivateur à Saint-Gervais, conduisait un tombereau de sable à la gare de cette ville. Comme il dételait ses vaches, le poids du sable fit basculer son tombereau.

            M. martin saisit le timon du véhicule pour l’empêcher de basculer, malheureusement, il ne put faire un contrepoids suffisant et fut projeté à une hauteur de 4 mètres.

            Le malheureux retomba la tête première sur une pierre et se fractura le crâne. La mort fut instantanée.

 

Note personnelle : Martin Jean, fils de Pierre et de Martinon Maria, veuf d’Anne TIXIER, époux de Marie MAZERON.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 16 juin 1911

 

Incendie

            Samedi, 5 août, le train de voyageurs partant de la gare de Saint-Priest-Sauret, à onze heures, a mis le feu aux genêts qui bordent la ligne vers le village de la Rochette-des-Moines. En raison de la sécheresse, les flammes se propagèrent rapidement et bientôt une surface de plus de trois hectares fut en feu.

            A un moment donné, on put craindre que l’incendie n’atteignît les maisons du village. Heureusement il n’en fut rien. Grâce aux secours organisés par les voisins, on put se rendre maitre du feu. Les pertes ne sont pas très considérables. Une meule de blé cependant, appartenant à M. Guillot, de la Rochette, a été complètement détruite.

 

Vol

            Dans la nuit de mercredi à jeudi, des voleurs, pour dédommager sans doute M. Guillot, de la Rochette-des-Moines, des pertes qu’il avait éprouvées dans l’incendie de samedi, se sont introduits dans son poulailler et lui ont dérobé 8 poules et 4 lapins. Tout porte à croire que les voleurs ne sont pas de très loin, et l’audace avec laquelle ils ont opéré laisse supposé qu’ils sont bien au courant des habitudes de la maison. Ce n’est, d’ailleurs, pas la première fois que le poulailler de M. Guillot reçoit la visite de ces renards à deux pattes. Ceux-ci, toutefois, feront bien de ne pas trop multiplier leurs excursions nocturnes, car on a l’œil sur eux et il pourrait leur arriver de sérieux désagréments.

            Une enquête va être ouverte par la gendarmerie.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 12 août 1911

 

Espinasse – Les fantaisies de la foudre

            La foudre tombait, ces jours derniers, sur la maison d’habitation de M. Jean Aubignat, du hameau de Murat, commune d’Espinasse. Le fluide brisa les ardoises de la toiture, pénétra dans le grenier où il éparpilla un tas de blé, brisa deux fenêtres au rez-de-chaussée et lézarda la façade.

Avenir du Puy-de-Dôme – 13 août 1911

 

 

Chute mortelle

            Vendredi dernier, 18 août, M. Pierre Chavrier, 75 ans, du village de la Chassignole, commune de Saint-Gervais-d’Auvergne, était occupé à réparer le toit en chaume d’un de ses bâtiments, lorsque par suite d’un faux mouvement, il fut précipité dans le vide, d’une hauteur de 8 mètres environ. Dans sa chute, il se brisa les deux jambes.

            Relevé par les témoins de l’accident, il fut conduit immédiatement à Châtelguyon, où M. le Dr Groslier réduisit les fractures des jambes. Malgré ces soins, malgré ceux prodigués aussi par le Dr Pourtier, de Saint-Gervais, que l’on fit appeler peu après, M. Chavrier ne put survivre à ses blessures, et lundi soir, il rendait le dernier soupir.

 

Note personnelle : Chavrier Pierre, fils de Chavrier Jeanne, est né à Saint-Priest-des-Champs, le 5 décembre 1837 ; il avait épousé Marie Garachon.      

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 23 août 1911

 

Tribunal correctionnel de Riom – Audience du 23 septembre -Bagarre entre voisins

            Les trois frères Saby Jean, 62 ans, Saby François, 58 ans, et Saby Jean aîné, 66 ans, habitant La Roche, commune de Saint-Priest-des-Champs, sont poursuivis pour avoir, dans la soirée du 5 juillet, frappé brutalement un de leurs voisins avec qui ils vivent depuis longtemps en mauvaise intelligence. Ce dernier, Aubignat Marien, 59 ans, fait la déposition suivante :

            « C’était le 5 juillet, vers 6 heures du soir, j’allais travailler dans mon pré, lorsque j’ai rencontré les trois frères Saby qui rentraient au village, conduisant un char de foin. L’un d’eux avait dans sa main une fourche et les deux autres étaient armés de bâtons et de cailloux. Saby Jean s’est avancé vers moi en me disant : « Ah, brigand ! c’est toi qui a cassé notre barrière, tu vas la payer ! » En même temps, il m’a saisi à la gorge et m’a renversé à terre, les deux autres se sont approchés et m’ont criblé de coups ; tous trois m’ont ensuite jeté dans une fontaine et ont tenté de me faire noyer. S’ils n’ont pas réussi, ce n’est pas de leur faute. »

            Les frères Saby nient énergiquement. Aubignat leur en veut depuis longtemps, disent-ils, car il ne leur a jamais pardonné de lui avoir fait perdre un procès, au sujet d’un passage mitoyen.

            Me Goyon défend les frères Saby et il fait remarquer toutes les contradictions des dépositions d’Aubignat, qui a changé à chaque fois qu’il a été interrogé.

            Les frères Saby jouissent d’une excellente réputation.

            Me Goyon, en terminant, demande l’acquittement.

            Le tribunal condamne les trois frères à 100 francs d’amende chacun, avec sursis.

 

Tribunal correctionnel de Riom – 23 septembre - Incendie involontaire

            Sauret Gervais, 57 ans, propriétaire au village de Theil, commune de Saint-Gervais, est poursuivi pour incendie involontaire.

            Sauret n’a jamais été condamné et jouit d’une excellente réputation. On lui reproche d’avoir, dans le courant de juillet, en faisant brûler du chiendent dans son champ, communiqué le feu dans une forêt environnante.

            Sauret prétend que le feu a été communiqué à la forêt par un monsieur qu’il ne connait pas et qui fumait un cigare.

            Me Guittard, avoué, représente l’Etat, qui s’est port é partie civile, et demande le renvoi de l’affaire.

            L’affaire est renvoyée à une autre audience.

 

Note personnelle : Incendie qui éclata, le 16 août 1911, dans les bois de l’Etat, à Saint-Gervais, et qui s’étendit jusqu’aux maisons de Châteauneuf, menaçant cette localité.

Le 28 octobre, le tribunal considérant que le délit n’était pas établi, relaxait Sauret.

Le ministère public et M. le préfet su Puy-de-Dôme, ont fait appel.

En première instance, la partie civile réclamait 10.000 francs de dommages ; en seconde instance les dégâts sont estimés à 3.500 francs. L’affaire est mise en délibéré.

 

Avenir du Puy-de-Dôme – 24 septembre 1911

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 18:19

Une femme tire quatre coups de revolver sur son mari et le blesse très grièvement

 

Un terrible drame qui a mis en émoi toute la population s’est déroulé mardi soir, à huit heures, à Saint-Priest-des-Champs, dans le canton de Saint-Gervais. La femme Grandsaigne a tiré quatre coups de revolver sur son mari, lui faisant de graves blessures qui mettent sa vie en danger.

 

Un mauvais ménage – A plusieurs reprises déjà, les époux ont échangé des balles.

 

Ce drame n’a guère étonné ceux qui connaissent le ménage Grandsaigne, qui n’est pas précisément ce que l’on est convenu d’appeler un ménage modèle, à tous les points de vue. Beaucoup de nos lecteurs connaissent les deux époux, de réputation du moins, pour avoir lu le récit de leurs exploits nombreux autant que retentissants dans nos comptes rendus des audiences du tribunal correctionnel de Riom, devant lequel ils ont comparu conjointement à plusieurs reprises.

Le mari, Grandsaigne Michel, est âgé de 45 ans et exerce à Saint-Priest-des-Champs la profession d’agent d’assurances et de représentant de commerce. A en croire les voisins, sa conduite laissait quelque peu à désirer ; il était paresseux et aimait à boire.

Sa femme, née Marie BOUSSANGE, est âgée de 37 ans. Sous le rapport de la conduite, elle n’a rien à reprocher, parait-il, à son mari.

Les époux Grandsaigne se sont mariés en 1897 ; ils ont trois enfants, dont l’aîné est âgé de 10 ans et le plus jeune de 6 ans à peine.

Ce n’était pas précisément ce que l’on est convenu d’appeler un ménage uni. Dès les premiers mois de leur mariage, les époux Grandsaigne parlaient déjà de divorcer. Ils se reprochaient leurs griefs réciproques et des scènes terribles éclataient fréquemment pour ne pas dire journellement. Généralement, ces scènes se terminaient par des coups de revolver et, à plusieurs reprises déjà, la justice dut intervenir pour mettre la paix dans le ménage.

C’est ainsi qu’au mois de mai 1908, après une scène plus violente encore que de coutume, Grandsaigne tirait un coup de fusil sur sa femme, sans l’atteindre. Pour ce fait, il comparut devant le tribunal correctionnel et fut condamné à deux mois de prison, avec sursis.

Dans les premiers jours du mois de juin dernier, la femme Grandsaigne prenait sa revanche et  tirait à son tour deux coups de revolver sur son mari… pour lui faire peur, a-t-elle déclaré devant le tribunal correctionnel, où cet exploit l’avait conduite.

Le mari, d’ailleurs, ne lui tint pas rancune outre mesure. Dans sa déposition, il déclara au président qu’il désirait retirer sa plaint.

« C’est un malentendu, expliqua-t-il ; j’ai voulu lui faire une observation ; elle a le sang vif et l’a mal prise ; elle m’a tiré un coup de revolver, mais ce n’est rien, elle voulait simplement me faire peur. Je lui pardonne. Elle m’a bien fait condamner, l’année dernière, mais, pour nos enfants, je demande sa grâce. »

La vivacité de la femme Grandsaigne lui coûta 100 francs d’amende. C’était pour rien ; elle a voulu recommencer ; mais cette fois-ci, ça pourrait bien lui coûter plus cher.

Mardi soir, elle déchargeait son revolver par quatre fois, à bout portant, sur son mari, qui s’affaissait à ses pieds, mortellement blessé.

 

L’enquête

 

A la suite de quelles circonstances ? Pour quels motifs, ce drame rapide s’est-il déroulé ? C’est ce que l’on ne sait pas encore de façon précise, mais qu’éclaircira sans doute l’enquête ouverte à ce sujet.

Le Parquet de Riom, prévenu dans la nuit par télégramme, s’est transporté hier matin à Saint-Priest-des-Champs. En raison de l’absence de communications rapides plus encore que de l’éloignement, les magistrats ne seront vraisemblablement de retour à Riom que ce soir, jeudi. Nous serons sans doute fixés, ce soir, sur les causes de ce drame de famille.

En dernière heure, on nous annonce que Grandsaigne serait mort dans la nuit des suites de ses blessures.

 

L’Avenir du Puy-de-Dôme du 1er juillet 1909.

 

Le drame de Saint-Priest-des-Champs

 

Nous avons relaté, hier, le terrible drame de famille qui s’est déroulé à Saint-Priest-des-Champs.

C’est au moment où Grandsaigne descendait de son grenier, vers huit heures du soir, avec un lourd chargement de bois sur les épaules, que sa femme lui tira par derrière quatre coups de revolver.

Le blessé, perdant son sang en abondance, eut cependant la force de se rendre à la pharmacie Charmette, où il reçut les premiers soins. Le docteur Pourtier, de Saint-Gervais, appelé en toute hâte, constata que Grandsaigne avait reçu quatre balles dans le corps. Les trois premières n’avaient atteint aucun organe essentiel, la quatrième avait perforé le poumon, lui faisant une blessure très dangereuse, sinon mortelle.

Hier soir, notre correspondant de Saint-Gervais, nous informait que l’état du blessé était considéré comme désespéré.

Nous avons dit que le parquet de Riom s’était transporté mercredi soir, à Saint-Priest. Une première enquête avait d’abord était faite mardi soir, par le juge de paix de Saint-Gervais et la gendarmerie qui avaient précédé l’arrestation de la meurtrière. Elle a été transférée hier soir, à la maison d’arrêt de Riom.

Loin de se repentir de son crime, la femme Grandsaigne s’en glorifie. Elle semble n’avoir qu’un regret, c’est de ne pas avoir tué net son mari, sans se soucier des trois petits enfants qu’elle laisse sans soutien.

Aussi, les gendarmes, ont-ils eu grand peine à la protéger contre la foule qui voulait la lyncher.

 

L’Avenir du Puy-de-Dôme du 2 juillet 1909.

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 18:24

10 octobre – De Clermont à St-Gervais en ballon – Hier matin, à 9 heures, ont commencé, sur la place des Carmes-Déchaux, les opérations du gonflement du « Bibendum 2 », un superbe aérostat de 600 mètres cubes, sous la direction de M. Marcel Michelin et de M. Charlin.

A 10 heures, le ballon s’élève avec M. Marcel Michelin comme pilote, M. Edouard Michelin et M. le docteur Bousquet, comme passagers. Il est pris tout d’abord par un vent du Sud-Est qui l’emmène, à 25 à l’heure, dans la direction de Blanzat.

Le « Bibendum 2 » passe successivement au-dessus du Gour de Tazenat, de Saint-Angel et de Châteauneuf. Le vent tombant brusquement, le ballon plane pendant une demi-heure au-dessus de Saint-Gervais, et les aéronautes décident alors d’atterrir.

Les quatre automobiles participant au rally-ballon, le rejoignent bientôt ; et le « Bibendum 2 », ramené à bras au guiderope, atterrit magnifiquement, à 1 heure 10, dans une prairie, au lieu-dit « Le Petit-Mailly », non loin de Saint-Gervais.

L’altitude maxima atteinte par l’aérostat a été de 1.500 mètres.

Nos félicitations à M. Marcel Michelin qui, bien qu’étant un des plus jeunes pilotes de l’aéro-club de France, possède déjà une connaissance profonde de l’aéronautique.

 

12 octobre – L’affaire de Charensat – La mère Pradelle, du village des Pradelles, commune de Charensat, qui avait été arrêtée en même temps que sa fille, pour complicité d’infanticide, vient d’être remise en liberté provisoire.

Me Seguin, défendra la mère, et Me Massé, la fille.

 

21 octobre – Tribunal correctionnel de Riom, audience du 15 octobre – Entre amis – Grandsagne Michel, 50 ans, agent d’assurances à Saint-Priest-des-Champs, et Bourduge François, 57 ans, du même lieu, sont poursuivis pour coups et blessures réciproques.

Les deux inculpés étaient deux amis intimes, quand, le 20 août, pour des futilités, ils en vinrent aux mains ; dans la bagarre, Bourduge eut le bras cassé.

Le tribunal, après en avoir délibéré, les condamne : Grandsagne à 15 jours de prison sans sursis, et Bourduge, à 25 francs d’amende avec sursis.

 

8 novembre – Sauret-Besserve – Accident – M. Gauvin, garde champêtre de la commune, ayant acheté le jour de la foire de Saint-Gervais une vache pour le compte de sa belle-sœur, conduisait cette bête et pour plus de commodité, avait enroulé la corde autour de son bras.

Tout à coup, devenue subitement furieuse, la vache partit à fond de train, entrainant son gardien qui roula sous ses pieds. Heureusement, après un parcours d’une centaine de mètres, la corde se rompit ; mais Gauvin avait reçu à la figure et sur tout le corps de graves contusions qui toutefois ne mettent pas sa vie en danger.

 

8 novembre – Le mauvais temps – Depuis le 1er novembre, nous avons un temps détestable. Un vent violent souffle en tempête. La pluie, qui ne cesse également de tomber, empêche les travaux des champs qui sont loin d’être terminés. Aussi nos braves cultivateurs sont-ils dans la consternation. Plusieurs n’ont pas encore fini d’ensemencer leurs terres et quelques-uns même n’ont pas commencé à arracher leurs pommes de terre.

 

27 novembre – Tribunal correctionnel de Riom, audience du 26 novembre – L’affaire de Charensat – Le 3 septembre dernier, le parquet de Riom se transportait aux Pradelles, commune de Charensat, pour y faire une enquête, au sujet d’un infanticide commis par Marie Pradelle, âgée de 22 ans.

Là, les magistrats constataient en effet qu’un enfant nouveau-né avait été tué et coupé en morceaux ; certaines parties du corps avaient disparu, et les restes du petit cadavre avaitent été cachés sur une armoire.

La fille Pradelle était arrêtée, ainsi que sa mère, soupçonnée de complicité, mais cette dernière a bénéficié d’un non-lieu.

La Chambre des mises en accusations a renvoyé Marie Pradelle devant le tribunal correctionnel, sous l’inculpation de suppression d’enfant.

Un seul témoin est entendu, c’est M. le docteur Grasset, médecin légiste, qui s’est transporté sur les lieux avec le parquet et a procédé aux constatations. Il raconte qu’en arrivant dans la maison, il n’a trouvé qu’une partie du petit corps ; les bras et les jambes avaient disparu. Selon lui, les membres ont été coupés très nettement, sans aucune déchirure, aucun doute ne peut exister à ce sujet.

La femme Pradelle a prétendu avoir accouché le matin, vers 7 heures, et être aussitôt partie dans les champs, laissant sur son lit le corps de son enfant. En arrivant elle l’aurait trouvé à terre, en partie dévoré par les chiens. M. le docteur Grasset ne croit pas à cette version.

Marie Pradelle, interrogée, confirme sa première déposition, sauf en ce qui concerne le cri de l’enfant. Elle reconnait qu’il a remué mais, elle déclare qu’il n’a pas crié.

  • Vous avez dit à l’instruction, demande le président à la prévenue, qu’en partant vous aviez mis sur la tête de l’enfant une couverture et un édredon, c’était sans doute pour l’aider à respirer ?
  • Je n’ai pas dit ça ; j’ai dit que j’avais mis l’enfant sur la couverture, et l’édredon à côté de lui et non sur sa tête.
  • Quand vous êtes revenue des champs où avez-vous trouvé votre enfant ?
  • Je l’ai trouvé à terre en partie mangé par le chien.
  • Qu’en avez-vous fait ?
  • Je l’ai plié dans un linge blanc, et je l’ai caché sur une armoire.
  • Vous voulez absolument que ce les chiens qui aient dévoré votre enfant.
  • Oui monsieur, c’est la vérité !

Le ministère public demande une peine sévère.

Après plaidoirie, de MM. Seguin et Massé, tous deux chargés de la défense de l’accusée, le tribunal met l’affaire en délibéré.

Le jugement sera rendu mercredi.

 

28 novembre – Sauret-Besserve – Un joli noyer – Deux marchands de bois de Clermont-Ferrand parcourent toutes les communes du canton de Saint-Gervais pour acheter les arbres qui peuvent servir au commerce, dépouillant ainsi nos montagnes de leur plus belle parure.

Ils viennent de se rendre acquéreurs d’un magnifique noyer qui faisait l’admiration de tous par sa grosseur et sa haute futaie, et appartenant aux héritiers Charvilhat, du village de Chambonnet. L’arbre a été payé la somme ronde de cinq cents francs, plus 80 francs pour l’abattre et couper les branches.

Voici ses dimensions : longueur 4 m. 70 (la bille seulement), circonférence 3 m. 80 (mesure prise à 0 m. 50 des racines) et 3 m. 60 (mesure prise à la naissance des branches), diamètre 1 m. 70.

L’arbre est abattu depuis une quinzaine de jours ; il faut maintenant le conduire à la gare de Saint-Gervais. Et comme les acheteurs ne veulent pas le faire exploiter sur place, ce n’est pas chose facile. Assis sur les bords de la Sioule, Chambonnet est d’un accès très difficile aux voitures, tant la descente est rapide. Aussi aucun bouvier de Sauret ne veut se charger de lui faire monter la côte.

Toutefois, les acheteurs ont trouvé un entrepreneur de Saint-Eloy qui le conduira, mais il demande la somme de 350 fr. et encore uniquement pour véhiculer la bille. L’affaire en est là pour le moment.

On a évalué le poids de cette magnifique pièce de bois à 5.500 kilos, et on compte que pour le conduire de Chambonnet à Sauret il faudra huit à neuf paires de bœufs. Les acheteurs, leur compte fait, devront débourser leur billet de mille francs, y compris l’achat, pour le rendre en gare de Saint-Gervais.

 

1er décembre – L’affaire de Charensat – Le tribunal correctionnel de Riom s’est déclaré incompétent dans l’affaire de la femme Pradelle, de Charensat, inculpée de suppression d’enfant. Cette affaire était venue à l’audience de samedi dernier.

Cette affaire viendra probablement devant les assises prochaines, où la femme Pradelle sera poursuivie sous la prévention d’infanticide.

 

11 décembre – Coups de bâton – Juliard Jean-Baptiste, 59 ans, cultivateur à Charensat, est poursuivi pour avoir donné un coup de bâton à M. Quenat Antoine, charcutier au Montel-de-Gelat.

 Le 18 octobre, M. Juliard avait conduit des moutons à la foire du Montel-de-Gelat. Quenat qui voulait les acheter au meilleur compte possible, les avait à plusieurs reprises marchandés en les dépréciant.

Juliard impatienté lui dit : « Allez-vous en, je ne veux rien faire avec vous et je commence à en avoir assez ».

Quenat, qui n’est âgé que de 35 ans, et est doué d’une force herculéenne, répondit à Juliard : « Je m’en irai, si je veux, si vous n’êtes que quatre, vous pouvez y venir ! »

C’est à la suite de cette provocation que Juliard a frappé de deux coups de bâton le charcutier, qui s’est empressé de déposer une plainte.

Le tribunal condamne Juliard à 25 fr. d’amende avec sursis.

 

19 décembre – Gendarme malmené – Bouchardon Pierre, 30 ans, originaire de Saint-Priest-des-Champs, cultivateur au village de Chez-Doucet, est poursuivi pour chasse sans permis et outrages et voies de fait envers un gendarme.

Bouchardon n’a jamais été condamné et jouit d’une excellente réputation.

Le tribunal le condamne néanmoins à un mois de prison et 40 francs d’amende.

Défenseur, Me Seguin

Bouchardon a immédiatement fait appel de ce jugement.

 

27 décembre – Saint-Gervais – Accident grave – Samedi soir, M. François Rougier, domestique à l’hôtel Chassagnette à Saint-Gervais, revenait de Saint-Eloy conduisant deux voitures de charbon, lorsqu’arrivé au village des Vayres, commune de Gouttières, une des voitures glissa dans un fossé. Pour l’en sortir, on fut obligé de mettre deux chevaux. Malheureusement, à peine le cheval de renfort fut-il attelé qu’aussitôt il partit plus vite qu’on ne l’avait prévu. Rougier, qui le tenait par la bride, fut renversé et chevaux et voiture lui passèrent sur le corps. Relevé aussitôt, il fut transporté dans une maison voisine où le docteur Meunier, de Saint-Gervais, qu’on alla prévenir immédiatement, vint lui donner ses soins. Il releva sur le corps et principalement sur la tête de l’infortuné domestique de nombreuses et sérieuses blessures.

Hier, cependant, on a pu le transporter à son domicile, à Saint-Gervais.

Son état, quoique grave, n’est pas désespéré, et si aucune complication ne survient, on espère le sauver ; mais de longs jours seront nécessaires à son complet rétablissement.

Cet accident à vivement impressionné les habitants de Saint-Gervais où Rougier jouit de l’estime générale.

 

29 décembre – Saint-Gervais – Nécrologie – Mercredi matin, est décédé, à Saint-Gervais-d’Auvergne, à l’âge de 50 ans, M. l’abbé Prévost, doyen de cette paroisse. Aussitôt connue dans la ville, cette nouvelle a jeté la consternation dans tous les cœurs. C’est que bien arrivé depuis peu de temps, treize mois à peine, l’abbé Prévost avait su conquérir toutes les sympathies par sa bonhomie, sa bonté et aussi et surtout par son zèle sacerdotal. Pendant le cours espace de temps qu’il a passé au milieu de nous, il a trouvé moyen d’organiser et de faire célébrer des fêtes grandioses en l’honneur de Notre-Dame de Pitié et de Jeanne-d’Arc, fêtes présidées par Monseigneur lui-même et dont tous les habitants de Saint-Gervais gardent et garderont longtemps le plus doux souvenir. Il a aussi trouvé moyen de fira construire deux immenses salles pour les patronages qui existent déjà et qu’il se proposait de réorganiser et de développer. Il avait encore bien d’autres projets en Vue. Dieu ne lui a pas permis de les réaliser.

Mais il n’en reste pas moins vrai que le souvenir de l’abbé Prévost restera profondément gravé dans le cœur de ses paroissiens, qui avaient déjà su l’apprécier et l’aimer. Tous aujourd’hui, sans distinction de classes ni d’opinions, le pleurent comme on pleure un père et un ami.

Un office solennel sera célébré vendredi, à 11 heures, dans l’église de Saint-Gervais, pour le repos de son âme. L’inhumation aura lieu à Pionsat, son pays d’origine.

Nous prions tous les membres de sa famille d’accepter nos condoléances les plus sincères.

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