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7 septembre 2021 2 07 /09 /septembre /2021 22:49

Du temps des Grecs et des Romains, déjà des impôts étaient prélevés auprès des citoyens pour faire face aux charges de l’état. Ceux-ci perdurèrent en Gaule, sous les Mérovingiens et sous les Carolingiens, pendant tout le Haut Moyen-Âge.

Pendant le Moyen-Âge, du Xe au XIIIe siècle, l’impôt est féodal par les banalités et les dîmes. Ce sont les seigneurs et les ecclésiastiques qui perçoivent la plus grosse partie de ceux-ci, la part du Roi étant celle qu’il tire de son domaine.

L’Ost est un service militaire féodal dont les dépenses son à la charge du vassal. L’Ost est dû par tout vassal à son seigneur. A l’origine le temps de service est illimité, il est réduit ensuite à quarante jours par an.

Avec le développement des techniques militaires et l’extension des conflits de longue durée, auxquelles la France d’alors se trouve confrontée, telle la Guerre de Cent Ans, le service de l’Ost est apparu comme dépassé dès le XVe siècle. Les barons pouvant se retirer avec leurs troupes au milieu d’une campagne, si leur temps était accompli, obligeant ainsi le Roi à payer les journées supplémentaires.

L’Ost est progressivement remplacé par le paiement d’une somme forfaitaire, qui sert alors au Roi à payer des mercenaires et à entretenir une armée de métier.

Et pour trouver l’argent, on met en place un impôt de répartition, au départ temporaire pour devenir permanent, qui prend le nom de « Taille[1] ». Son montant est fixé chaque année par le conseil du Roi qui va le répartir entre les généralités, qui sont des circonscriptions fiscales et administratives d’échelle régionales.

Les premières généralités au nombre de 6 en 1356, placées sous l’autorité d’un receveur général, auquel il est adjoint ultérieurement un trésorier général. Elles sont chargées de prélever les produits des différentes impositions royales directes et indirectes. A la Révolution en 1789, le nombre des généralités est passé à 34.

Une fois le montant de la Taille fixé par les conseillers du Roi entre les généralités, les intendants la répartissent à leur tour entre les différentes circonscriptions du Royaume, jusqu’aux paroisses, puis les « Sergents des Tailles » collectent auprès des taillables, les impôts dont ils ont fixé le montant. Ces derniers sont personnellement responsables des sommes dues au souverain. La quasi majorité du royaume est sous le régime de la Taille personnelle ; la noblesse, le clergé et les bourgeois en sont exclus.

Les documents fiscaux de l’époque utilisent le terme « feu » pour regrouper les personnes qui vivent dans un même foyer. Sous ce nom on trouve le père, la mère, les enfants, les ascendants, les collatéraux et les domestiques. Ce dénombrement permet de déterminer, grosso-modo, le nombre d’habitants d’une paroisse, pour estimer plus tard le montant de la Taille.

C’est en général, à l’intérieur de l’église, que les habitants se rassemblent pour discuter de la répartition communautaire. Ceux-ci délèguent leurs pouvoirs à des représentants élus ; les « échevins[2] » qui sont appelés à les représenter face au pouvoir seigneurial et à l’administration royale.

Les échevins sont élus pour deux ans, la première année ils ont le titre d’asséeurs[3] et l’année suivante ils sont chargés de la collecte.

Il existe cinq types de taille correspondant aux différents revenus :

  • La taille de propriété acquittée par les propriétaires sur les revenus de leurs propriétés ;
  • La taille d’occupation, qui est l’ancêtre de notre taxe d’habitation ;
  • La taille d’exploitation payée par les exploitants sur les revenus de leurs exploitations ;
  • La taille d’industrie et de commerce ;
  • La taille des bestiaux acquittée sur les revenus de l’élevage.

 

Le versement se fait en deux ou quatre termes auprès du receveur des deniers royaux

 

La part revenant à chacun des imposés à tendance à augmenter à partir du XVIIe siècle, sous Richelieu et Mazarin, à cause du déficit permanent de l’état ; guerres, armée de 30.000 hommes, entretien de la cour du Roi et coût des châteaux (64 millions de livres pour Versailles). Cela conduit inexorablement aux révoltes que nous connaissons.

 

Sources :

  • La Taille, A Moi Auvergne N° 93, 3e trimestre 2000, publication du C.G.H.A.V., article de Claude PAULET.
  • - Wikipédia
 

[1] La Taille est avec la gabelle l’impôt direct le plus impopulaire de l’Ancien Régime. Cet impôt peut peser sur les individus ou sur la terre, suivant les régions. Il devient annuel et permanent en 1439.

[2] Au Moyen-âge un échevin est un magistrat, élu par l’ensemble des habitants, pour s’occuper des affaires paroissiales.

[3] Un asséeur était, dans chaque paroisse, celui qui était chargé d’asseoir l’impôt, autrement dit de déterminer son assiette, c’est-à-dire de répartir les biens et revenus sur lesquels la taille est assise, calculée.

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 21:52
De Boscavert

Boscavert (de)

Armes : d’argent semé de glands de sinople à la bande ondée de gueules, brochant sur le tout au chef cousu d’or chargé de trois merlettes de sable.

Origine : Famille noble ayant possédé dès le XVe siècle le fief du Bladeix dans la paroisse de Saint-Priest-des-Champs en basse Auvergne, et qui ne parait pas avoir été inquiétée, au moment de la recherche de la noblesse en Auvergne car aucun jugement ne fut rendu à son sujet. Elle s’est divisée à partir de 1570 en deux branches, l’aînée restant en Auvergne et la cadette allant s’établir en province du Poitou, où elle a subsisté jusqu’au début du XIXe siècle. La branche auvergnate s’est éteinte par une fille unique alliée en 1705, à la maison de Douhet de Marlat.

Dans le dictionnaire Historique, biographie et généalogie des familles de l’ancien Poitou, tome 1, on trouve BOSQUEVERT. Cette famille noble et ancienne, fixée à Saint-Maixent, est, dit l’auteur des Affiches du Poitou, d’origine anglaise.

Les renseignements proviennent des recherches de D. FONTENEAU et de nombreux documents réunis par M. d’ORFEUILLE, lesquels ont été communiqués par M. GARNIER.

On écrira BOSCAVERT, sachant qu’en Poitou le nom est devenu BOSQUEVERT.

 

  1. Pierre de BOSCAVERT, écuyer, Seigneur du Montet-de-Chéraud en Auvergne, eut pour fils :
  • Aimé, qui suit en 2 ;

 

  1. Aimé de BOSCAVERT, écuyer, Seigneur du Montet, qui épousa, par contrat du 10 février 1444, Dlle Marguerite de FONTENAI ou de FONTANAC, fille de Gilbert ou Maurice, écuyer, Seigneur de Blandine ou de Blandinière, il eut pour enfants :
  • François, qui suivra en 3 ;
  • Guillaume ;
  • Pierre ;
  • Antoinette ;
  • Philippe ;

Qui, le 15 mars 1480, se partagèrent les biens provenant des successions de leurs père et mère.

 

  1. François de BOSCAVERT, écuyer, Seigneur du Montet, fils aîné des précédents, épousa, par contrat du 23 janvier 1473, Dlle Isabeau de BLANGIS, fille d’Antoine, écuyer, Seigneur dudit lieu. Guillaume et Pierre de BOSQUEVERT, ses frères puinés, assistaient à son contrat de mariage. De ce mariage sont issus :
  • Charles, qui suit en 4 ;
  • Antoine, qui assiste au contrat de mariage de son frère, en 1499 ;

 

  1. Charles de BOSCAVERT, écuyer, Seigneur du Bladeix (paroisse de Saint-Priest-des-Champs) et du Montet (que nous croyons le lieu de même nom situé commune de Condat, canton de Pontaumur), fut marié, par contrat du 4 mars 1499, à Antoinette de ROCHESERVIÈRE, fille de noble homme Jean-Baptiste, écuyer, Seigneur du dit lieu. De ce mariage sont issus :
  • Charles, partage avec Gilbert son frère, les successions de leurs père et mère, en 1537 ;
  • Michel, qui suit en 5 ;
  • Gilbert, qui le 16 août 1537, partagea avec Charles de BOSCAVERT, son frère aîné les successions de leurs père et mère.

 

  1. Michel de BOSCAVERT, écuyer, Seigneur du Bladeix et du Montet, épousa, par contrat du 15 juin 1530, Antoinette BOUDOL ou BOUDET, fille d’Antoine, écuyer, Seigneur des Barsses ou des Barres. Tous deux moururent avant le 30 septembre 1571 où leurs trois fils Michel, Amable et Jean se partagèrent leur succession, le 30 novembre 1571. Ils avaient pour enfants :
  • Michel, qui suit en 6 ;
  • Amable, auteur de la branche du Poitou ;
  • Jean ;

 

  1. Michel de Boscavert, IIe du nom, écuyer, seigneur du Bladeix et du Montel, Greffier de Confolent et du Chirol, vivant vers 1570 dont le nom de la femme est ignoré, laissa entre autres enfants :
  • Jean, qui suit en 7 ;
  • Antoine, aumônier du Roy et prieur de Jussat, religieux de Menat, présent au mariage entre Antoine Boscavert (que nous croyons un bâtard d’un membre de cette famille) avec Jeanne Brelon du village de Villecitroux, paroisse d’Espinasse, célébré dans l’église de Saint-Priest-des-Champs le 21 février 1605 [Reg. Cath.].

 

 

  1. Jean de Boscavert, écuyer, seigneur de Bladeix et du Montel fut parrain à Saint-Priest-des-Champs, le 5 août 1600. Le nom de sa femme est ignoré. Ses enfants furent :
  • Annet, qui suit en 8 ;
  • Claude, mariée deux fois : 1ères noces, avec Jean de la Barge, écuyer, seigneur du dit lieu, paroisse de Vitrac. 2èmes noces, par contrat du 28 novembre 1619 avec Jean d’Anglards, dit « Anglardon », seigneur de la Gravière, et de Jeanne de Neufville [I.R., Reg. 115 f°343]. Elle mourut et fut ensevelie dans l’église de Saint-Priest-des-Champs, le 5 janvier 1640.
  • Jeanne, mariée avec noble Jacques de Courbières, chevalier de la compagnie de Monsieur frère du Roi, dont elle est dite veuve dans un acte de vente passé par elle à Pont-du-Château, le 16 avril 1648 [A.D., 5E, L. 62c.20].

 

  1. Annet de Boscavert, écuyer, seigneur du Bladeix, paroisse de Saint-Priest-des-Champs, décédé avant le 9 octobre 1672, épousa par contrat reçu Chauriol, notaire le 16 janvier 1623, Jacquette de FONTMARTIN, fille de feu noble Martial de FONTMARTIN, conseiller du Roi et élu en l’élection du bas Limousin et de Gasparde de LANTUEL. Ce contrat fut passé au château de Fontmartin, en Limousin, en présence de noble Jean de BOUCHERON, seigneur d’Ambrugeac, noble Antoine de SALVERT, écuyer, seigneur de Neufville et la Chautbrandon, noble Guillaume de PANEVÈRE, écuyer, seigneur de la Rochette, noble Jean ANGLARDON, écuyer, seigneur de la Gravière, noble Antoine BOUDET, écuyer, seigneur des Barres, noble Charles de FARGADIE, écuyer, seigneur de la Praderie, noble Louis du BOUSQUET, écuyer, seigneur du dit lieu, noble Henri de la GRAVIÈRE, écuyer, seigneur de Lestrade, beaux-frères de la future épouse [I.R., Reg. 119, f° 387]. Ses enfants furent :
  • Louis, qui suit en 9 ;
  • Gabriel, né le 12 au Bladeix et baptisé le 13 juillet 1629 à Saint-Priest-des-Champs[1] ;
  • Antoinette, intervint par procuration au contrat de mariage de son frère Louis, le 9 octobre 1672 et lui fit donation de tous ses biens sous réserve de l’usufruit sa vie durant [I.R., Reg. 154, f° 229 V)].

 

  1. Louis de Boscavert, écuyer, seigneur du Bladeix, épousa par contrat de mariage reçu Jean Grandsaigne, notaire le 9 octobre 1672, Antoinette de La Salle, fille de Louis de La Salle, chevalier, seigneur de Puygermaud, capitaine des gardes du Roi Louis XIII et de Catherine de Pelisson. Ce contrat fut passé dans la maison noble de Puygermaud, en présence de Charles du Boucheron, écuyer, seigneur d’Ambrugeac, François de La Chassignolle, écuyer, seigneur d’Envaux, Claude de Prades, écuyer, seigneur de Neuffons, Claude de Murat, écuyer, seigneur de Serre et honorable homme Jean Gransaigne, notaire royal et bailly de Saint-Priest [I.R., Reg. 154, f° 229 v°]. Il eut de ce mariage :
  • Gilberte, mariée, paroisse de Lanobre (Cantal) le 19 janvier 1705, avec François de Douhet, écuyer, seigneur de Marlat et d’Estaux, fils de Jean de Douhet, écuyer, seigneur de Marlat et d’Estaux, et de Jeanne de Murat sa 2ème femme. Il mourut avant l’année 1723 où sa veuve agissant comme tutrice de leurs enfants rendit hommage au roi pour la seigneurie d’Estaux, paroisse de Saint-Pardoux-la-Tour.
 

[1] Parrain Noble Gabriel DESCHAMPT, seigneur du susdit lieu, marraine Dlle Claude de BOSCAVERT, Dlle de Lacost, présent Gilberte MOUREUL.

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3 mars 2021 3 03 /03 /mars /2021 18:17

Un médecin à dit, en 1789, en parlant des paysans auvergnats : « Ces sortes de gens vivent si rapprochés entre eux dans leurs chaumières, et prennent si peu de précautions contre la contagion des épidémies que si l’un d’entre eux contracte une maladie, bientôt elle se communique à toute la famille et au village et y fait des ravages étonnants. »

Ainsi, le manque total d’hygiène, et la mauvaise alimentation, étaient une porte ouverte à la maladie pars suite de la promiscuité dans laquelle on vivait et la moindre résistance qu’offrent débilités à l’envahissement par les microbes, ces microbes infectieux dont on n’avait aucune idée autrefois : aussi, des familles entières se trouvaient être des victimes offertes aux maladies infectieuses. N’ai-je pas trouvé, dans une même famille des Paillers de Menat, 6 décès en une semaine. Au Montel-de-Gelat, en trois jours, en mars 1778, meurent le père, la mère et le fils. On relèverait une infinité d’exemples comme ceux-là sur les registres de catholicité si on s’en donnait le but. Et puis, le paysan se soignait-il ?

Quelles étaient ces maladies si meurtrières ? Il est difficile de le savoir aujourd’hui.

Legrand d’Aussy (Voyage en Auvergne, t. III) avait relevé sur les rapports de subdélégués de 1786, en dehors des endémies normales dans certaines régions : goître dans les vallées, crétinisme en pays vinicole, etc., des maladies chroniques et accidentelles que l’on désignait sous les adjectifs d’aiguës, d’épidémiques et autres pareilles.

Pour la délégation de Montaigut, il cite : fièvres intermittentes, militaires, putrides et cathorrales. Dans la subdélégation de Langogne, sud de la Combraille : fièvres tierces, très peu de pleurésies, quelques fluxions de poitrine. Je n’ai rien trouvé pour les cantons actuels de Pionsat, Menat et Saint-Gervais, alors et depuis 1630 rattachés à la province du Bourbonnais au point de vue administratif et dont les archives de la série C ont brûlé à Moulins lors d’un incendie en 1856.

Les fièvres intermittentes, c’était le paludisme, causé par les piqûres de moustiques en zone marécageuse ou d’étangs, autrefois nombreux, piqûres qui introduisaient dans les globules rouges du sang des sporozoaires parasites du genre plasmodium. Le plasmodium vivax qui donnait la fièvre tierce bénigne, accès de fièvre à 40° tous les trois jours ; le plasmodium malariae, qui donnait la fièvre quarte, avec accès tous les quatre jours ; le plasmodium falciparum, qui donnait la fièvre tierce maligne et les fièvres pernicieuses pouvant amener la mort par des embolies de parasites dans les capillaires du poumon, de l’intestin, du foie, surtout du cerveau.

La fièvre militaire était la maladie épidémique connue sous le nom de suette militaire, dont l’agent microbien est encore, à ma connaissance, inconnu ; il provoque après une courte période d’incubation, 12 à 24 heures, une fièvre violente, 40 à 41°, très pénible durant les deux à quatre jours de la période d’invasion ; puis suit une période de cinq à huit jours durant laquelle une éruption abondante, à apparence de rubéole ou de scarlatine, se produit sur la nuque, le dos et la poitrine ; des phénomènes nerveux accompagnent ces états successifs, puis la desquamation se fait entre le huitième et le quatorzième jour. La morbidité était souvent faible, mais avait parfois atteint 35, 50 et même 80% des cas.

La fièvre putride d’autrefois me parait englober ce qu’on appelle aujourd’hui la septicémie et l’infection purulente, infections très voisines, la première n’étant que le premier stade de la seconde. Elles seraient une et l’autre provoquées par le streptocoque, seul ou associé au vibrion septique qui vivent à la surface des plaies non désinfectées, puis pénètrent dans l’intérieur des vaisseaux pour provoquer une infection généralisée et la mort le plus souvent, avec fièvre plus ou moins intermittente, mais toujours très élevée. Comme autrefois on avait aucune notion d’hygiène, ni désinfectants efficaces, normalement chaque plaie, chaque accident grave, ou même une simple piqûre ou écorchure devenaient la cause de bien des morts après huit à quinze jours de lutte de l’organisme.

Les fièvres catharrales dont parle le subdélégué de Montaigut, étaient celles produites par les inflammations aiguës ou chroniques de toutes les muqueuses, c’est-à-dire bronches, estomac, intestins, vessie, oreilles, etc…, avec augmentation des sécrétions normales ; mais, sans doute il voulait surtout parler des maladies des bronches et des poumons : simples trachéites, bronchites aiguës, soit produite par les microbes vulgaires de l’inflammation, soit spécifiques, étant un symptôme de la grippe, de la thyroïde, de la rougeole, de la coqueluche, de la tuberculose ; les bronchites capillaires, et broncho-pneumonies, les pneumonies et sans doute toutes les affections pulmonaires telles que les congestions pulmonaires, les pleurésies, etc…

Quelques lignes sur la petite vérole, que nous appelons aujourd’hui variole. Cette maladie est caractérisée par l’apparition sur le visage d’abord, sur le corps ensuite, de petites tâches rouges qui deviennent des boutons, puis des pustules dont le liquide se transforme peu à peu en pus. Enfin, le pus sèche et tombe, laissant à la place des cicatrices caractéristiques qui rendaient les gens d’une laideur si remarquable, quand ils n’en mourraient pas.

La vaccination obligatoire en France qu’on en fait aujourd’hui dans les première, dixième et vingtaine années, préserve de ce fléau d’autrefois dont les épidémies terribles entrainaient la mort de 50 à 75% de ceux qui en étaient atteints, des familles entières parfois, et à tout âge. Le tiers des gens qui en avaient survécu gardaient dons le sur le visage des signes bien apparents, des trous caractéristiques.

J’ai cherché à savoir la proportion de gens qui en avaient été atteints sans en mourir grâce au signalement des volontaires de la levée de 300.000 hommes en mars 1793, chiffres des quelques quarante communes d’entre Cher et Sioule que j’a étudiées (A.D. P.-de-D., série l, l. 4826).

Ces chiffres représentent de 30 à 50% des jeunes, recrues de 18 à 25 ans environ, non mariés encore, qui, ayant été atteints de variole en étaient guéris. Mais on constate des différences énormes de pourcentage. Ainsi, dans les communes du canton de Montaigut, de même qu’à La Cellette, à Saint-Maigner, au Montel-de-Gelat, à Ayat, à Châteauneuf, où on émigre peu, on atteint souvent à peine 20%, alors qu’à Bussières-de-Pionsat, Rochedagoux, Château-sur-Cher, Saint-Maurice-de-Pionsat, Vergheas, Saint-Gervais, Gouttières et Saint-Priest-des-Champs où l’on émigre beaucoup comme maçons dans la vallée de la Saône et le Lyonnais ou la Limagne, on atteint 50% et plus. Toutefois on ne saurait être affirmatif sur ce point : Biollet, Charensat, Villosanges, pays aussi d’émigrants-maçons, étaient peu atteints. On pourrait considérer aussi les lieux de passage et d’arrêts de voyageurs, dans lesquels, bien qu’on émigre peu, il y a un fort pourcentage de conscrits marqués par la petite-vérole. Ce serait le cas de Montaigut même où on enregistre 48% ; mais alors, pourquoi le Montel-de-Gelat qui parait surtout vivre de son commerce frauduleux de sel avec les innombrables faux-sauniers qui viennent charger leurs chevaux dans la région, a-t-il un si faible pourcentage ?

Les maladies les plus courantes

Revue d’Auvergne – J. SEMONSOUS, Comment on soigne au XVIIIe siècle entre Cher et Sioule

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 22:57

Comment les PP. Jésuites combattaient les Épidémies

en 1630 dans leur Collège d'Angoulême

Les PP. observent avec soin les principes d'hygiène. Comme les épidémies sont fréquentes, ils ferment au besoin leur collège aux fortes chaleurs, avant la date des vacances. En temps de peste, ils "envoient aux champs" les religieux atteints et ceux qui sont les plus jeunes et les plus délicats ; de plus, ils ferment les écoles, cessent les confessions, sauf pour les fidèles qui viennent de loin mais qu'ils entendent à part "en garnissant les confessionnaux de jalousies en papier" ; évitent les maisons infectées et ne sortent en ville "qu'avec des habits parfumés avec une éponge imbibée de fort bon vinaigre".

Il faut que le collège s'approvisionne de vinaigre et de bon vin, de thériaque, de vieille confiture d'hyacinthe, de terre sigillée, d'eau thériacale, de pierre de bezoard, d'eau impériale, d'opiat de Salomon, de levain et autres drogues nécessaires.

Il est recommandé de prendre, le matin, deux fois par semaine, deux drachmes de thériaque ou deux scrupules de pilules de Rufin et de s'abstenir des aulx, oignons, concombres, melons, raisins, fruits, laitage, excepté le vieux fromage.

Il faut parfumer la maison de genièvre, n'ouvrir les fenêtres qu'après le lever du soleil, les fermer de bonne heure le soir, et tuer les chiens et les chats.

En cas d'atteinte, on doit user des remèdes suivants Thériaque, cataplasmes de beurre, levain et oignon de lis, scarification pour les bubons, ventouses, application sur les plaies du dos d'une poule garnie d'un grain de sel ou d'un petit chien fendu par le milieu, mixture faite de suie, de jaune d'œuf et de sel.

 

 

(D'après Boissonnade et Bernard, Histoire du Collège et du Lycée d'Angou1ême.

Communiqué par L. Bertrand, directeur d'école à La Rochefoucau1d.

Bulletin départemental de la Charente, Études locales, 1re année, n. 5, novembre 1920.)

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12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 22:30

Voici les notes du curé de Deneuille (Alliier). Il mentionne les intempéries qui se sont produites en fin d'année 1787 et l'année 1788. Ce sont certainement à cause d'elles qu'une révolution aura lieu quelques mois plus tard. On peut penser qu'il y a eu le même genre de temps sur la paroisse de Saint-Priest-des-Champs.

1788 à Deneuille-les-Mines

La misère a été grande sur la fin de cette année ; en décembre le bled a valu onze écus la charge. Cette calamité a été occasionnée par l’intempérie des saisons : les grandes pluies de l’automne précédent avaient empêché de semer en bien des endroits et avait nuit aux semailles qu’on avait faites avec beaucoup de difficultés ailleurs, l’hiver ne fut pas moins mouillé, le printemps s’en sentit ainsi qu’une partie de l’été ; de manière que la récolte n’était pas suffisante pour nourrir le royaume un tiers de l’année. Heureusement que les riches avaient fait d’en avoir du bled, car sans ces provisions qui paraissent avoir été ménagées par la providence. Cette denrée de première nécessité serait montée à un prix excessif.

Mais le malheur du temps ne s’est pas borné à la disette et a augmenté par un hiver des plus vif qui se soit fait sentir de mémoire d’hommes : le froid a commencé à la mi-novembre, à la suite d’un automne beau mais très sec, il a continué jusqu’à la mi-janvier suivante : les arbres ont éclaté, les genets, les houx ont gelé, et la glace a été en bien des endroits de quinze à dix-huit pouces, le poisson a péri dans bien des étangs ; et sous l’abondance de neige qui couvrait les bleds, nous avions à craindre de voir renouveler la catastrophe de 1709. Ce n’est pas encore tout, à peine trouve-t-on en plusieurs endroits de l’eau pour abreuver les hommes et les bestiaux, encore moins pour moudre ; ici cependant, grâce à notre fontaine, ce fléau n’est point tombé sur nous : mais les villes qui sont approvisionnées par les rivières ont beaucoup souffert ; parce que le cours en été interrompu par la gelée. De manière qu’avec de l’argent, on ne pouvait se procurer du pain. Cependant le moulin d’Eclaine n’a pas discontinué son cours et a servi à alimenter les paroisses voisines.

Le vin n’a pas été si cher, à beaucoup près que le bled, à l’époque dont je parle, il ne valait que trente à trente-trois livres le poinçon dans ces pays-ci ; ailleurs il est monté un peu plus haut ; mais il était bon partout : Néanmoins, au moment ou j’écris cecy on parle d’augmentation : parce que l’on craint que la vigne ne soit gelée en partie, et on ne sera pleinement rassuré ou tout à fait déconsolé à l’égard de ce nouveau désastre, que qu’en on commencera à la tailler. Enfin pour finir ce que j’ay observé sur cette malheureuse année, elle fera augmenter la fortune de peu de monde ; et elle en a déjà ruiné beaucoup ; nous espérons que la suivante ne luy ressemblera pas, parce que les bleds en ce pays-ci sont très beaux : mais dans le Berry, par exemple, et dans les autres pays de terres fortes, on a semé le quart de ce qu’on se proposait, à cause de la sécheresse de l’automne.

J’oubliais de remarquer qu’il y eu beaucoup de glands, faible dédommagement, parce qu’on n’a pas eu un grand débit de cochons, par défaut de consommateurs, le pain étant plus recherché que la viande.

 

Deneuille-les-Mines série du greffe 89 E Dépôt GG pages 119 et 120

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 22:34

GOLEFER

Seigneurs (en bourbonnais ou confins), de Martilly, alias Martillat, peut-être paroisse de Chappes, des Barsses, paroisse de Saint-Priest-des-Champs, de Montiroir, paroisse de Manzat.

François de GOLEFER, est né le 23 mai 1617, seigneur des Barsses, paroisse de Saint-Priest-des-Champs et de Montiroir, paroisse de Manzat, il est le fils de Noble Gilbert de GOLEFER, avocat au parlement de Riom, et d’Anne CHARIEL.

Prêtre, prieur de Radonvilliers (Aube) et de Notre-Dame du Secours, au diocèse de Chalons, il fit foi et hommage  au Roi en 1669 et en 1676 pour le château et la terre des Barsses. Il mourut vers 1680, laissant pour héritière Françoise, la fille de son frère Jacques, Maître d’hôtel ordinaire du Roi, et de Marguerite de GIRARD.

Françoise GOLEFER, dame des Barsses et de Montiroir, épousa le 28 juin 1678, Antoine de GIRARD, trésorier de France au bureau de Riom. En 1680, il donna aveu au nom de sa femme pour les terres des Barsses et de Montiroir. Lui mourut avant 1716, mais sa femme vivait encore en 1723, date à laquelle elle renouvela l’acte d’hommage des Barsses. Ils eurent une seule fille : Marguerite GIRARD des Barsses, Dame de Montiroir, mariée le 30 septembre 1699 à Etienne DAGONNEAU, écuyer, seigneur de Marcilly, conseiller au parlement de Bourgogne. En 1716, tous deux firent foi et hommage pour le fief noble de Montiroir, paroisse de Manzat, élection de Gannat. Ils ne semblent plus posséder les Barsses.

 

M. des GOZIS page 210

 

D’ANGLARD

D’ANGLARS, alias D’ANGLARD, (en Bourbonnais ou confins) seigneurs d’Anglard, paroisse du Quartier, Rochedragon, paroisse de Bussières-sous-Rochedagoux, Rochegude et Tazenat, paroisse de Charbonnières-les-Vieilles, Lacost, alias Lascot, paroisse de Saint-Priest-des-Champs

Henry D’ANLARD, écuyer, seigneur de Lacost, mourut dès avant 1669. Il avait épousé Jeanne de SERVIERES, dont au moins une fille :

Gilberte D’ANGLARD, Dame de Lacost, mariée par contrat le 17 février 1669 à Jean D’ASTORG, écuyer, seigneur de Chalus et capitaine de chevau-légers, fils d’Amable, seigneur de Chaludet, de la Feuillade, et d’Antoinette de SAINTAN. Elle était veuve lorsqu’elle fit foi et hommage en 1685 pour la terre de Lacost, en la paroisse de Saint-Priest-des-Champs

 

M. des GOZIS page 889

 

GIRARD

GIRARD, seigneurs (en l’élection de Gannat) des Barsses, paroisse de Saint-Priest-des-Champs, Montiroir, paroisse de Manzat ; seigneurs (en Auvergne) de la Bournat, paroisse de Clermont.

Maison d’Auvergne, mais ayant possédé des terres importantes dans la partie de cette province qui appartenait à la généralité de Moulins. Anoblie vers le commencement du XVIIe siècle par la charge de conseiller à la Cour des Aides de Clermont-Ferrand (1613-1673), elle a vu cet anoblissement viager se confirmer par la charge de trésorier de France au bureau de Riom (1638-1687). Elle a aussi donné un évêque de Poitiers (1698).

N. GIRARD, vivant avant 1600, eut d’une alliance que j’ignore au moins deux fils :

  • Antoine, qui suit ;
  • Pierre GIRARD, avocat du Roi au bureau des finances de Riom de 1634 à 1638.

Antoine GIRARD, 1er du nom, seigneur de Bournat, conseiller à la Cour des Aides de Clermont de 1613 à 1642, lieutenant général en la Sénéchaussée de la même ville de 1633 à 1636, naquit vers 1587, et mourut, âgé de 82 ans, le 9 décembre 1669.

Il épousa, par contrat du 28 février 1612, Catherine d’ALBIAT, fille de Joseph, conseiller à la Cour des Aides de Clermont, et de Claude DURANT.

De cette union naquirent au moins quatre fils :

  • Joseph, qui suit ;
  • Jacques de GIRARD, chanoine, chantre du Chapitre de Montferrand en 1677 ;
  • Pierre de GIRARD, avocat au parlement à Clermont de 1673 à 1679 ;
  • Antoine GIRARD, alias de GIRARD, 2e du nom, chevalier, seigneur, par sa femme, des Barsses et de Montiroir, en la Généralité de Moulins, trésorier de France au bureau de Riom, dès 1673. Il épousa, le 28 juin 1678, Françoise de GOLEFER, alias GOLFER, fille de feu Jacques, maitre d’hôtel ordinaire du Roi, et de Marguerite de GIRARD. (Voir GOLEFER);
  • Peut-être Suzanne de GIRARD, mariée vers 1635, à René d’ALBIAT, conseiller à la Cour des Aides de Clermont ;
  • Peut-être encore Marguerite de GIRARD, mariée vers 1640 à Jacques de GOLEFER, maitre d’hôtel ordinaire du Roi, fils de Gilbert et d’Anne CHARIEL.

 

M. des GOZIS page 1167

 

DE SEGONZAT

Gabriel de SEGONZAT, chevalier, seigneur du Peschin en Bourbonnais, et par sa femme, de Courtine, paroisse de Saint-Priest-des-Champs. Il épousa en 1767, Marie de SARRAZIN, Dame de Courtine, fille et héritière unique de Louis Augustin de SARRAZIN, chevalier, seigneur de Courtine, et de Marie BARTOMIVAT.

De leur alliance provient :

Etienne, comte de SEGONZAT, chevalier, seigneur de Courtine et de Perchin, chevalier de Saint-Louis, officier à l’armée de Condé en 1792, né en 1768, mort en 1840, le dernier de son nom. Il épousa, vers 1820, Marie Zélie CHEVALIER, fille d’André, notaire à Montaigut-en-Combrailles, et de Françoise de PANEVINON de Marsat.

 

M. des GOZIS page 1133

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 23:15

Transcription des registres de réception des militaires – de tous grades -
ayant participé à des guerres,
nés en France ou à l’étranger, reçus à l'hôtel des Invalides à Paris entre
1673 et 1796.
(principalement Allemands, Anglais, Belges, Ecossais, Irlandais, Italiens,
Suisses)

Cote S.H.D.

2Xy10

Acte n°

004571a

Reçu à l'hôtel le

30 Janvier 1688

Acte

Annet Bouchon dit St Prix, agé de 50 ans, Natif de St Prix des Champs [63388] dioceze de Clermont en Auvergne, Soldat du Chevalier de Genetine, Regiment Lionnois, ou il à Servi 10 ans portez dans son certificat, et auparavant dit avoir Servi 7 ans dans Normandie, est fort incommodé d'une dessente provenant d'un effort qui s'est fait en travaillant aux travaux du Roy à Luxembourg [99137], et est Catôlique
- Renvoyé on luy a donné 12 l. pour se conduire

Lieu déduit

St Priest des Champs.

Statut acte

Acte recopié en intégralité et vérifié
Pas de données complémentaires

Mots-clés

Bouchon; Saint Priest des Champs; Puy de Dôme; LUXEMBOURG; 63388; 99137

Cote S.H.D.

2Xy18

Acte n°

025781

Reçu à l'hôtel le

26 Octobre 1714

Acte

Pierre Bourdier dit Grandmaison, âgé de 50 ans, Natif de St Prié Deschamps [63388] dioceze de Clermont en Auvergne, Cavalier du Sieur de Fronsac, Regiment Royal, ou il à Servi 12 ans et auparavant 13 ans, dans Wilz et Romainville, Le tout portez dans Son Certificat, est trés Incommodé de Ses blessures joint a Ses Infirmitez le mettent hors de Service, et est Catôlique
- Cavallier

Lieu déduit

St Priest des Champs.

Statut acte

Acte recopié en intégralité et vérifié
Pas de données complémentaires

Mots-clés

Bourdier; Saint Priest des Champs; Puy de Dôme; 63388

Cote S.H.D.

2Xy18

Acte n°

026044

Reçu à l'hôtel le

28 Décembre 1714

Acte

Jean Mercier dit St Prié, âgé de 75 ans, Natif de St Prié des champs [63388] dioceze de Clermont en Auvergne, Brigadier du Sieur d'Henin, Regiment de Noailles duc, ou il à servi 26 ans et auparavant 8 ans dans Rassent, Le tout portez dans Son Certificat, Ses blessures joint à Ses Incommoditez le mettent hors de Service, et est Catôlique
- Cavalier
- Le 10 Mars 1733. Il est Decedé

Lieu déduit

St Priest des Champs.

Statut acte

Acte recopié en intégralité et vérifié
Pas de données complémentaires

Mots-clés

Mercier; Saint Priest des Champs; Puy de Dôme; 63388

Cote S.H.D.

2Xy07

Acte n°

000340

Reçu à l'hôtel le

11 Juillet 1676

Acte

Gervais Arbitre dit St Priés natif de St Prix des champs [63388] en Auvergne diocese de Clermont agé de 30 Ans Soldat de la Comp.ie de de Combes capp.ne au regiment de Navare ou il a servy 3 années avoit auparavant servy dans le regiment de Picardie comp.ie de Perrelle 3 années a esté blessé a la main droitte d'un coup de mousquet qu'il y receut estant commandé en party duquel coup il est demeuré estropié, comme il apert par les Certificats de son cap.ne et du Sr Benoist Commissaire des Guerres dont il est porteur dattes du 27 Juin d.er ce qui le met hors d Estat de pouvoir continuer ses services est aussy porteur du passeport de Mr de Montplaisir Lieutenant au gouvernement d'Arras [62041] aprouvé par M.r de Bar le 30 Juin d.er n'est pas marie et est Catolique
- Receu comme soldat le 11 J.et 1676
- Ce soldat a deserté et emporté son habit et son linge le p.er 9bre 1676 ainsy que les autres debauches par St Amand voyes le p.er Volume 138

Lieu déduit

St Priest des Champs.

Statut acte

Acte recopié en intégralité et vérifié
Pas de données complémentaires

Mots-clés

Arbitre; Saint Priest des Champs; Arras; Puy de Dôme; Pas de Calais; 63388; 62041

Acte

Jacques Dastorgue, agé de 70 ans, natif de St Priés des Champs [63388] prés Clermont en auvergne,

Lieu déduit

St Priest des Champs.

Statut acte

Acte succinct en cours de saisie
Pas de données complémentaires

Mots-clés

Dastorgue; Saint Priest des Champs; Puy de Dôme; 63388

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 16:45

D'après Pages d'Histoire recueillies par J. SEMONSOUS - 1938

 

La France comprenait 6 régions de gabelle :

1- Les régions de grande gabelle : Ile-de-France, Maine, Touraine, Orléanais, Berry, Bourbonnais, Champagne, Picardie, Normandie, où le sel se payait 55 à 60 livres le quintal ;

2-  Les pays de petite gabelle où le prix du sel était de 28 à 31 livres ;

3-  Les pays de salines qui payaient le sel 21 livres 10 sous ;

4- Les pays rédimés : Poitou, Saintonge, Angoumois, Limousin, Auvergne, Périgord, Quercy, Guyenne, etc… où le prix du sel était de 6 à 12 livres ; en Auvergne, le prix variait entre 9 et 11 livres ;

5-  Les provinces franches où le sel valait de 2 à 9 sols ;

6-  Les pays de quart-bouillon où le sel valait de 13 à 16 sols.

 Carte-des-gabelles.jpg

La province d’Auvergne compte, à dater de l’arrangement de 1453, parmi les provinces rédimées de la gabelle et, à ce titre, devait jouir d’une liberté complète en matière de sel, moyennant une augmentation de la taille. Elle devait jouir, mais elle ne jouissait pas, et la liberté était loin d’être absolue, car sous prétexte que le sel des provinces franches pouvait être porté par contrebande dans les provinces limitrophes sujettes à l’impôt, et dans notre région d’Auvergne en Bourbonnais, les fermiers de la gabelle avaient imaginé dans les dernières années du XVIIe siècle de faire instituer, sur le bord des provinces, des zones frontières. Dans ces zones, les habitants étaient étroitement surveillés, de telle façon qu’ils ne pouvaient pas prendre une quantité de sel supérieure à leurs besoins réels, mais qu’on leur refusait même fréquemment la quantité nécessaire ; il leur était interdit de se pourvoir de sel ailleurs que dans les lieux et bureaux spéciaux appelés dépôts, qui étaient, d’après G. Chabrol, au XVIIIe siècle : Riom, Aigueperse, Maringues et Lezoux, Menat et Saint-Gervais, Langeac et Auzon, Saint-Flour, Montaigut, Auzances, Mainsat et Thiers.

            D’autre part, à Saint-Gervais, le seigneur avait un droit de prendre une manade sur chaque balle de sel qui entrait au dépôt. Ce droit était depuis de longues années sous-affermé aux regrattiers dudit dépôt à 40 livres par an quoi qu’il fût d’une plus grande valeur, ce qui augmentait d’autant le prix du sel.

            Dans la région de Combraille notamment, limitrophe de la Marche et du Bourbonnais, il y avait non seulement, comme dans tous les lieux de dépôts de sel ou greniers à sel, des inspecteurs, des contrôleurs, des fournisseurs, des employés et commis, des magasiniers, des voituriers, etc…, il y avait des brigades de police, dites Brigades des Gabelles, avec leurs capitaines, leurs lieutenants, leurs brigadiers, ayant sous leurs ordres des cavaliers et des archers entretenus soit par l’État, soit par les fermiers de la gabelle. Ils surveillaient les magasins et empêchaient le faux-saunage, la contrebande du sel. Pionsat avait une de ces brigades et quelques hommes stationnaient à saint-Hilaire et à Rochedagoux ; du dépôt de Saint-Gervais dépendaient les brigades de Saint-Angel et d’Espinasse, cette dernière l’une des plus importante de la région.

            Les gens du pays qui payaient le sel relativement bon marché en comparaison du prix qu’il fallait donner dans les pays de grande gabelle, tâchaient d’en obtenir plus que leur compte pour le revendre à des « faux-sauniers » venant du Bourbonnais et même du Berry. Le faux-saunage se pratiquait parfois en grand. Mais, étroitement surveillés par les brigades des gabelles, les faux-sauniers étaient souvent pris.

            Les registres paroissiaux de Saint-Gervais relatent de nombreux décès de faux-sauniers prisonniers dans les geôles de la ville ; mais le nombre de ceux qui furent « homicidés » par les brigades d’Espinasse ou de Saint-Angel fut beaucoup plus grand encore. « Homicider » un contrebandier était beaucoup plus simple que de l’arrêter.

 

 

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 20:40

Vêtements, coiffures, chaussures du XVIIIe siècle au pays de Combraille, par J. SEMONSOUS, Revue d’Auvergne, tome 72, année 1958.

 

« Décrire les vêtements que portaient les gens de la Combraille en l’absence de gravures est chose impossible, mais nous pouvons les énumérer quant à leur destination, leur couleur, l’étoffe dont ils sont faits et, un peu parfois, en donnant leur nom, tous renseignements qui nous aideront à nous en former une image. Car nous avons pu disposer des minutes des notaires de la région qui contiennent de ci de là des inventaires dont nous avons tiré, parmi tant d’autres documents intéressants sur la façon de vivre alors, ceux qui vont nous permettre cette étude.

Nous allons donc vous donner à titre d’exemples la partie de quelques-uns de ces actes concernant l’habillement, la coiffure, la chaussure.

Côté hommes, il y en a à profusion de ces inventaires, la femme n’étant jamais héritière, d’après la Coutume d’Auvergne, des vêtements de son mari défunt les faisait inventorier comme tutrice de ses enfants héritiers ou bien l’inventaire était fait par ordonnance du bailli seigneurial si la mère était prédécédée. Côté femmes, nous sommes moins bien pourvus car le mari, possesseur des vêtements, du trousseau, des meubles de sa femme, n’avait pas ou rarement à les faire inventorier. En effet, l’article 181 de la coutume dit : « Le mari survivant à sa femme, y ait enfants ou non, descendants dudit mariage gaigne à lui  et ès siens, pour en disposer à son plaisir et volonté les lits, robes, coffre, linge et joyaux de ladite femme, à la charge de la faire ensevelir et payer les funérailles, selon son état et condition ».-« et au cas contraire, la femme qui survit recouvre et gaigne lesdits lit, linge, robes et joyaux »…

Des vêtements, donc, en voilà, de femme d’abord.

Ceux d’Anne BARSSE, femme de TEYTARD, tisserand à Gandichoux, paroisse de Saint-Priest-des-Champs, inventaire du 17 septembre 1727[1]. C’est une femme âgée et une paysanne :

« Ladite TEYTARD représente les habits de ladite Anne BARSSE, sa mère, consistant en deux corps[2], l’un de serge[3], l’autre de droguet[4] gris ; deux cotillons[5] de droguet, l’un blanc et l’autre gris, le tout à demi usé ; huit coiffes[6] ou cornettes[7] de toile blanche, fort usées ; trois pairs de bas, l’un d’étoffe gris[8], les autres deux blancs, brochés[9] ».

Nous n’avons pas relevé de chemises qui pouvaient être nombreuses, le mari étant tisserand ; la fille a pu les garder pour son usage personnel, ou les considérer comme ayant une valeur négligeable…

 

Chez les hommes, beaucoup moins de variété et de quantité. Retenons cependant qu’il s’agit de défunts qui ont emporté un vêtement dans la tombe, prélevé sur le peu qu’il y avait et qu’on n’inventoriait pas souvent de chemises, taillées dans la pièce de toile de la maison et qui, n’ayant pas fait l’objet d’un débours étaient considérées comme ayant trop peu de valeur ou devant être normalement portées par les enfants ou les autres hommes de la maison. Comme les sabots des hommes ou des femmes, elles comptaient peu.

 

Et voici ce que portaient des bourgeois : étoffes parfois un peu plus cossues, pas en très grand nombre cependant, mais indiquant une mise différente, plus soignée, disons plus au goût d’une certaine étiquette qui les distinguait des autres classes.

François PEROL, notaire à Saint-Priest-des-Champs, pouvait mettre d’après un inventaire du 9 avril 1748[10] :

« Deux justaucorps fort usés, l’un de ploréna[11], l’autre de serge du pays ; deux vestes de la qualité des justaucorps ; deux paires de culottes d’étoffe de ménage ; deux paires de bas de laine mêlée ; un bonnet de couleur rouge ; un chapeau très commun ; douze chemises de toile commune tant bonnes que mauvaises ; douze tours de col de toile blanche mi-usés ; six mouchoirs de toile blanche presque usés ; une paire de souliers mi-usés avec leur boucle de fer ; une canne de bois en menuiserie ».

 

 



[1] Minutes de Maître G. LELONG, notaire royal à Saint-Priest-des-Champs, liasse 1727.

[2] Corps : Vêtement qui couvrait le tronc, le buste : corsage.

[3] Serge : Etoffe de laine grossière ou fine, aux fils croisés et unis, formant des sillons obliques séparés par un fil.

[4] Droguet : Etoffe de laine et de fil, croisés, qui pouvait, en conséquence, être de couleurs mélangées.

[5] Cotillon : Jupon qui se portait sous la jupe ou la robe, ou comme Perrette, sans jupe ni robe, en tenue de travail.

[6] Coiffe : Même sens qu’aujourd’hui.

[7] Cornette : Paraît être ces coiffures faites de toile fine ou d’étoffe légère, ou de dentelle. Au 18e siècle, les femmes les mettaient dans leur déshabillé.

[8] Les bas d’étoffe : Ils étaient d’étoffes diverses qu’on cousait à la forme du pied, d’étoffes solides, grosses serges, cadis, mais aussi de droguet et même de toile.

[9] Les bas brochés : Ils étaient eux faits avec cinq aiguilles de fer qu’on appelait broches, les bas tricotés, en fil de laine ou de chanvre ; ils étaient encore rares au début du 18e siècle, car le tricot ne datait guère que de cent ans et la mode ne pénétrait pas aussi vite que de nos jours dans les lointaines campagnes.

[10] Minutes de VIALLETTE, notaire royal à Gouttières, liasse de 1748.

[11] Ploréna : ???

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 14:56

Les Grands Jours d'Auvergne eurent lieu à Clermont du 28 septembre 1665 au 30 janvier 1666 pour réprimer les abus commis par une partie de la noblesse de la Province afin de "tirer les peuples de l'opression des puissant", selon les mots du procureur général Denis TALON.

Il y eut près de 12.000 plaintes.

En quatre mois, sur les 1360 affaires, il y eut 692 condamnations prononcées, dont 87 concernaient les nobles. Sur les 347 condamnations à la peine capitale prononcées, seulement 23 seront exécutées. Source Wikipédia

 

Au hasard des nombreux procès décrits dans l'ouvrage, les mémoires de Fléchier sur les grands jours d'Auvergne, il en est un édifiant sur la condition sociale paysanne. Ce procès est celui d'une coutume qui va contre l'esprit des lois du royaume.

 

C'est le texte ci-dessous que nous fait partager Chantal TAYTARD, une de nos fidèles lectrices.

 

 

Extrait de « Les mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d’Auvergne en 1665 » (préface et note de Fernand Dauphin)

 

« Les messieurs des Grands-Jours, qui s’étaient dispersés la veille de la fête, se réunirent deux jours après, et travaillèrent comme auparavant. Dans la première audience, ils jugèrent une cause assez célèbre, que deux avocats de Riom plaidèrent aussi bien que le pouvaient des gens nourris dans la province, qui ne manquent pas d’esprit, mais qui n’ont pas le tour ni la politesse de Paris, et de qui l’on peut dire, comme Messala disait de Tite Live, qu’ils ont encore l’air de leur pays, et qu’ils font bien connaître qu’ils sont de Riom et de Clermont. Voici le sujet du procès : les chanoines réguliers de Saint-Augustin, qui ont plusieurs maisons en ce pays, ont un droit de domination fort particulière dans un certain endroit du pays de Combrailles, par lequel ils ont des sujets esclaves et dépendant d’eux en toutes manières. Les coutumes écrites de ces provinces, l’usage et la longue possession les autorisent ; mais il semble que la charité chrétienne et les règles de la douceur évangélique sont fort contraires à cette servitude personnelle, qui consiste à ne pouvoir point sortir du lieu de leur habitation, sans la permission des seigneurs, à n’être pas libres dans la disposition de leurs biens, les seigneurs étant leurs héritiers au préjudice de tous les parents collatéraux, et à mille autres redevances fort onéreuses1.

Quelques-uns voulurent s’exempter de cette sujétion, et demandèrent la liberté avec instance. Ils avaient quelque raison en ce qu’ils étaient nés d’un père libre, et qu’ils prétendaient que la condition se tirait de celui qui était le premier dans la famille et le principal auteur de la naissance, et que le malheur qu’ils avaient d’être sortis d’une mère esclave ne devait point faire de conséquence pour leur état ; que quand il n’y aurait aucune prééminence du père, il fallait prendre les choses du côté le plus favorable, et que, selon la commune façon de parler, le bon emporte le pire. Cela paraissait si bien fondé que la théologie, même la plus saine, tient que, si Adam n’eût pas péché, sa femme aurait eu beau manger des pommes, nous n’en aurions point senti d’incommodité. Les autres criaient au contraire contre des esclaves qui voulaient rompre leurs chaînes et briser leurs fers, et soutenaient que la mère doit faire la condition des enfants, parce que, quoi qu’elle ne soit pas le principal principe de notre naissance, elle en est le plus assurée. Ils alléguaient les diverses coutumes de la province qui sont expresses sur ce fait. Ils avaient l’autorité des lois anciennes, qui laissaient dans la condition d’esclave, lorsque l’un ou l’autre parent l’était, parce que les mariages des esclaves n’était pas de véritables mariages : non matrimonia, sed sodalitia ; ils faisaient enfin valoir cette maxime vulgaire, que la naissance suit la condition de la mère : partus ventrem sequitur. M. Talon dit les plus belles choses du monde sur l’esclavage et sur la liberté, et quelque apparence qu’il y eût de maintenir ce droit d’usage et de coutume, il trouva que ces droits étant odieux et contraires aux lois du christianisme, il fallait les réformer, et conclut à la rédemption de ces captifs sans chaînes ; mais il ne fut pas suivi, et la cour apppointa2 l’affaire.

 

1 La coutume d’Auvergne rédigée en 1510 prouve que, dès cette époque, il n’y avait plus de serfs dans cette province. Mais dans les contrées voisines, et principalement dans le pays de Combrailles, le servage a duré jusqu’à l’édit d’août 1779, par lequel Louis XVI abolit la servitude personnelle dans la France entière (Note de M. Chéruel).

2 Appointer une affaire, c’était en fixer le règlement à l’époque où les parties auraient produit les pièces.

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