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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 14:58
Le Davideix en 1834
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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 09:22

DUMAZET Paul Lucien, est né aux Barsses, le 31 mai 1892. Jumeau, il est le 4ème enfant vivant de Jean dit Lucien et de Marie Philomène FOURNIER, cultivateurs aux Barsses.

Incorporé à compter du 9 octobre, il est arrivé au 170ème Régiment d’Infanterie, 14ème Cie, le 10 octobre 1913, sous le matricule 3000.

 

A la mobilisation le 170ème Régiment d’Infanterie fait partie de la garnison de défense de la Place d’Épinal. Le 9 septembre, il relève le 13ème Corps d’Armée sur le front des Vosges.

A partir du 15 décembre 1914, il se retrouve en première ligne dans les secteurs de Berry et de Sacy en compagnie du 54ème Régiment d’Infanterie Territoriale.

Les violents combats qui se déroulent à Soissons et à Crouy provoquent une certaine agitation sur tout le reste du front et bien sûr sur le front du 170ème. Chaque jour amène quelque incident. De part et d’autre, les fronts s’énervaient et l’action s’étendant, gagnait les fronts voisins. L’artillerie s’en mêlait, tirant de toutes ses pièces.

C’est au cours de ces opérations aux tranchées au Nord de Berry, que Paul Lucien fut mortellement blessé le 4 février 1915.

Position du 170ème Régiment d'Infanterie à compter du 15 décembre 1914

Position du 170ème Régiment d'Infanterie à compter du 15 décembre 1914

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 14:46

AUBIGNAT François, de Lacost, mobilisé, le 30 mars 1915, au Groupe Territorial du 16e Régiment d’Artillerie.

BARSSE Jean-Marie, du Bourg, mobilisé, le 10 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

BASSET Félix Mathieu, du Pradeix, mobilisé, le 18 mars 1915, au Groupe Territorial du 16e Régiment d’Artillerie.

BOUDOL François Léon, de Grandsaigne, mobilisé, le 1er mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

BOUDOL Robert Annet, de Grandsaigne, mobilisé, le 5 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

CANAUD François, de Villemaine, mobilisé, le 3 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

CHANUT Jean Arthème, de Courtine, mobilisé, le 1er mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

CLUZEL Michel Auguste, des Barsses, mobilisé, le 3 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

DENIS Jean-Michel, de Beaufessoux-le-Petit, mobilisé, le 29 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

DESCOTEIX Michel, de Beaufessoux le Petit, mobilisé, le 11 mars 1915, au 47e Régiment d’Infanterie Territoriale.

FAURE Michel Annet, de Villemaine, mobilisé, le 19 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

FAVIER Jean, du Creix, mobilisé, le 18 mars 1915, au Groupe Territorial du 16e Régiment d’Artillerie.

FOURNON Hippolyte, du Bladeix, mobilisé, le 6 mars 1915, au 97e Régiment d’Artillerie Territoriale.

GILLET Auguste Michel, de Perol, mobilisé, le 18 mars 1915, au 10e Régiment Territorial d’Artillerie à Pied.

GILLET Jean Félix Régis, de Perol, mobilisé, le 5 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

GIRAUD Amable, de Mazeron, mobilisé, le 5 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

GRAND Jean Émile, des Barsses, mobilisé, le 3 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

FAURE Laurent François, de Lamothe, mobilisé, le 10 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

MAZERON François Joseph, mobilisé le 3 mars 1915 au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

PAILHOUX François Xavier, du Bladeix, mobilisé, le 29 mars 1915, à la 13e Section d’Infirmiers Militaires.

PANOUILLERE Jean, de Courtine, mobilisé, le 30 mars 1915, au Groupe Territorial du 16e Régiment d’Artillerie.

PEROL Marien Martin, de Lacost, mobilisé, le 29 mars 1915, au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

PHELUT Bonnet Alexis, mobilisé le 16 mars 1915 au 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

RANCE Jean Joseph Prosper, de Perol, mobilisé, le 29 mars 1915, au Groupe Territorial du 36e Régiment d’Artillerie.

VERNERET François, du Vernadel, mobilisé, le 8 mars 1915, aux Services Auxiliaires du 97e Régiment d’Infanterie Territoriale.

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 23:58

Délibération du Conseil municipal du 10 octobre 1915.

 

Maintien d’un maréchal-ferrant dans la commune pour le service de l’agriculture. Que la mobilisation de M. MARTIN Joseph, du service auxiliaire, maréchal-ferrant-ajusteur dans la commune, met toute la population agricole dans une triste situation. M. MARTIN est en effet le seul maréchal-ferrant qui existe dans la contrée. Il est donc indispensable à toute la commune pour l’ajustage et la réparation des machines et instruments employés en agriculture. Son départ cause un grand préjudice à la vie agricole de toute la commune qui de ce fait se trouvera ralentie.

 

Délibération du Conseil municipal du 5 mars 1916.

 

Monsieur le président expose qu’il a également reçu des réclamations de ses administrés qui se plaignent de ne pouvoir faire réparer les instruments aratoires dont ils ont besoin pour le service de la culture. En effet, depuis la mobilisation de M. MARTIN Joseph de la classe 1896, du service auxiliaire, le seul maréchal-ferrant qui existât dans la commune. Sa présence était indispensable à toute la commune pour l’ajustage et la réparation des machines et instruments employés en agriculture. La vie agricole en est ralentie. M. le Maire pense qu’il est urgent que le ci-dessus nommé soit mis en sursis d’appel dans la commune, le plus tôt possible, surtout à l’époque des semailles de printemps. Les propriétaires de chevaux sont dans l’impossibilité de faire ferrer leurs bêtes, ou obligés d’aller au chef-lieu de canton, ce qui est préjudiciable à leurs intérêts et aux intérêts généraux.

 

La demande sera acceptée par l’autorité militaire, puisque M. MARTIN Joseph sera mis en sursis d’appel à compter du 31 mai 1916 et jusqu’à la fin de la guerre.

 

Archives municipales en mairie de Saint-Priest-des-Champs

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 12:07

Cour d’Assises du Puy-de-Dôme

Audience du 24 janvier

M. le conseiller Alheine préside, assisté de MM. les conseillers Jutier et Bétille

Le meurtre de Saint-Gervais

François-Joseph Moitry, âgé de 66 ans, réfugié de Meurthe-et-Moselle, est accusé d’avoir, au domaine de la Villatelle, commune de Saint-Gervais-d’Auvergne, tué à coups de fourche un domestique de ferme qui travaillait habituellement avec lui, Michel Tabarant, âgé de 56 ans, originaire de la Creuse.

La scène du drame

C’était le 5 décembre dernier, vers 4 heures et demie du soir. M. Bonnet, domestique au domaine de la Villatelle, passant près d’une écurie de la ferme où travaillaient Moitry et Tabarant, aperçut celui-ci, étendu sur le dos, devant la porte. Moitry frappait son adversaire avec une fourche.

Il ne faut pas le tuer ! s’écria Bonnet. Moitry abandonna alors sa victime et rentra dans la maison.

Tabarant expira une heure et demie après sans avoir repris connaissance.

L’autopsie a démontré que la mort de Tabarant était due à deux blessures produites par les dents d’une fourche maniée avec violence qui avait défoncé le fond des orbites, pénétré dans le crâne et déchiré les méninges. La victime avait, en outre, à la tête, huit autres blessures assez profondes, résultant de coups portés avec le même instrument. De plus, les paupières droites étaient le siège d’une large ecchymose, et l’expert a relevé sur la face dorsale du bras gauche une plaie contuse non pénétrante, occasionnée probablement par un geste de Tabarant pour parer les coups que lui assénait François-Joseph Moitry.

La plupart des coups ont été portés d’arrière en avant et de gauche à droite.

Un alcoolique

François-Joseph Moitry, que l’on nous présente comme un homme violent, irascible, méchant, se montre à l’audience, humble, timide et doux. Maigre, sec, les bras ballants, la tête penchée, le dos voûté, l’accusé parle d’une voix triste, nasillarde, comme si quelque mirliton s’était égaré dans ses fosses nasales ; on comprend difficilement ce qu’il raconte car il lui manque presque toutes les dents, ce qui donne l’impression d’un bafouillage continu, toutes les fois qu’il essaie de donner des explications.

Moitry est né le 21 juillet 1849 à Cosnes (Meurthe-et-Moselle). Il habitait à Longwy au moment de l’invasion ; et, avec beaucoup de ses compatriotes, il quitta brusquement le pays ravagé par les hordes ennemies. Le maire lui avait délivré, au moment de son départ, un certificat de bonne vie et mœurs. Au mois de mai 1915, il fut placé, par les soins de la préfecture du Puy-de-Dôme, aux Ancizes comme ouvrier agricole, puis, quelques semaines après, Mme Revon, propriétaire du domaine de la Villatelle, le recueillait et le chargeait de soigner les bestiaux.

M. le Président indique que, d’après les renseignements recueillis, Moitry avait des habitudes d’intempérance.

D. – Comme réfugié, vous touchiez une allocation de 1 fr. 25 par jour. Dès que, chaque semaine, vous receviez votre argent, vous vous empressiez de le dépenser dans les auberges.

R. – Ce n’est pas exact. Je buvais mais pas comme on l’a dit !

D. – Non seulement vous buviez au cabaret, mais vous buviez aussi au domaine. Certains témoins, entendus au cours de l’information, ont déclaré que vous aviez toujours une bouteille d’eau-de-vie de marc, sous votre traversin.

R. – C’est pour quand j’avais mal à l’estomac.

François-Joseph Moitry porte ses deux mains sur sa poitrine comme s’il éprouvait subitement des douleurs stomacales.

D. – Le 5 décembre, ayant touché à Saint-Gervais le montant de votre allocation vous êtes rentré ivre au domaine de la Villatelle.

R. – Il m’en faut pas beaucoup pour me griser !...

L’accusé aurait été provoqué

M. le président en arrive à la scène du meurtre.

François Joseph Moitry déclare que s’il a frappé Tabarant avec une fourche, c’est qu’il a été provoqué.

D – Vous viviez en mauvaise intelligence avec Tabarant ?

R – Oh ! Je ne lui en voulais pas plus que ça, malgré les misères qu’il me faisait.

D – Avant la scène sanglante, vous avez eu une discussion avec lui ?

R – Non ! Tabarant est venu chez moi et m’a frappé à coups de bâton, sur la tête, à l’épaule et au poignet droit.

D – Le médecin qui vous a examiné a constaté, en effet, que vous aviez été frappé, mais il est impossible de savoir exactement dans quelles conditions.

R – Tabarant a voulu m’assommer. Je me suis défendu en le poussant un peu avec ma fourche.

D – Vous n’avez manifesté aucun repentir d’avoir tué votre adversaire ?

R – J’ai beaucoup de repentir maintenant ! Je suis un homme inconsolable.

Moitry dit ces mots avec un désespoir comique qui provoque quelques rires dans l’assistance.

Les témoins

M. le docteur Chabanet, médecin légiste, fait part de ses constatations. La mort de Tabarant est due, surtout, à une hémorragie dans le cerveau. Il ajoute que Moitry a été frappé avec une grande vigueur par la victime. Sa déposition est favorable à l’accusé dont elle justifie les explications.

M. Bonnet, un vieillard de 72 ans, raconte « qu’il a vu Moitry tricoter avec la fourche sur la figure de Tabarant, qu’il a appelé au secours… et qu’il ne sait pas autre chose ».

D – Moitry s’enivrait souvent ?

R – Cela lui arrivait quelquefois, mais, moi, je ne vois pas bien clair… alors !

D – Vous avez entendu l’accusé dire après la scène : « Je l’ai bien réglé ! »

R – Oh ! Il l’a peut-être dit, mais peut-être aussi qu’il ne l’a pas dit… Je suis dur d’oreilles… Alors… (Rires)

M. Aubignat, gérant du domaine de la Villatelle, est arrivé quand tout était fini.

Moitry était ivre : Comme M. Aubignat lui faisait des reproches, l’accusé déclara : « Je vous ai bien débarrassé ! »

M. Bardot Jean, domestique, ne nous apprend rien de nouveau.

Réquisitoire, plaidoirie et verdict

M. Giocanti, avocat général, prononce un réquisitoire modéré, mais, tout en admettant en partie le système de défense de l’accusé, il réclame une condamnation contre Moitry.

M. Boudet plaide avec chaleur et émotion.

Sur le verdict négatif du jury, la Cour prononce l’acquittement de François-Joseph Moitry.

Le Moniteur du Puy-de-Dôme – 25 janvier 1916

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 18:49

AUBIGNAT Charles Philippe, de Lacost, mobilisé, le 19 février 1915, au 13e Bataillon de Chasseurs à Pied.

DANIEL Pierre Annet Sylvain, de Gandichoux, mobilisé, le 15 février 1915, au 38e Régiment d’Infanterie.

FAURE Eugène Jean, de Retailhat, mobilisé le 15 février 1915, au 92e Régiment d’Infanterie.

FAURE Pierre, de Retailhat, mobilisé, le 15 février 1915, au 105e Régiment d’Infanterie (27e Cie).

GILLET Annet Jean, de Lamazière, mobilisé, le 15 février 1915, au 16e Régiment d’Infanterie.

GUILHEN Albert Ferdinand, du Bourg, mobilisé, le 18 février 1915, au 16e Régiment d’Artillerie de Campagne.

LAMADON Jean Marie Alphonse, de La Sauvolle, mobilisé, le 17 février 1915, au 92e régiment d’Infanterie.

MAIGNOL Jean Lucien, des Barsses, mobilisé, le 25 février 1915, au 305ème Régiment d’Infanterie de Riom.

MAZERON Martin François, du Bladeix, mobilisé, le 16 février 1915, au 16e Régiment d’Infanterie.

PANOULLIERE Stéphane Eugène, de Laval, mobilisé, le 18 février 1915, au 105e Régiment d’Infanterie.

PEROL Gilbert Auguste, de Gandichoux, mobilisé, le 10 février 1915, au Groupe Territorial du 16e Régiment d’Artillerie.

PEROL Jean Philippe, de Lascot, mobilisé, le 21 février 1915, au 53e Régiment d’Artillerie de Campagne.

PEROL Pierre Eugène, de Perol, mobilisé, le 17 février 1915, au 4e Régiment du Génie.

PHELUT François Martin, de Lacost, mobilisé, le 18 février 1915, au 105e Régiment d’Infanterie.

TAYTARD François, de Gandichoux, mobilisé, le 12 février 1915, au 13e Escadron Territorial du Train et des Equipages Militaires.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 20:00
Beaufessoux-le-Petit en 1834
Beaufessoux-le-Petit en 1834
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 11:06

LAMADON Augustin Henri Jean, est né au Bladeix, le 20 février 1891. Il est le premier enfant du couple Antoine Henri Léon LAMADON et de Marie BÉRAUD, cultivateurs au Bladeix.

Il est incorporé, le 1er octobre 1912, au 30e Régiment de Dragons de Saint-Étienne, escadron à pied, sous le matricule 05286.

Le 18 septembre, il n'est plus question d'obtenir la décision sur l'AISNE. Repoussées sur la MARNE, les Armées ennemies contenues par les Armées Françaises, entreprennent cette large chevauchée qui portera le nom de "Course à la Mer".

La Cavalerie, par sa rapidité d'action est chargée de l'exécution de ce mouvement stratégique ; ce sera de contenir l'ennemi et l'empêcher coûte que coûte de progresser.

Afin de permettre l'entrée en ligne de l'Infanterie amenée en chemin de fer aussi rapidement que le permettent les voies démolies, la Cavalerie, sans un jour de répit, accrochant les masses ennemies, les contenant et les refoulant en certains points, marchera vers le Nord jusqu'au moment où la stabilisation permettra l'engagement de la bataille de l'YSER.

Le 30 septembre, le Régiment embarque à ÉPERNAY pour une destination inconnue. Le lendemain, le 30ème Dragons débarquait à ARRAS sous le feu de quelques canons à longue portée tirant sur la gare.

Jusqu'au 8 octobre, le Régiment va participer à l'offensive de la Xème Armée, il faut protéger le front plus au Nord

Le 19 octobre, commence la bataille de l'YSER où devant le courage des Troupes Alliées, devaient s'épuiser les Armées allemandes

Pendant quatre jours, la 4ème Brigade de Dragons, laissant ses chevaux à l'arrière, va tenir le canal de l'YSER.

La Cavalerie est épuisée, sa tâche est remplie, elle s'est sacrifiée. Les chevaux ne tiennent plus debout, les hommes sont exténués.

Au début du mois de décembre, le Régiment se porte dans la région de RUBROUCK, d'où partiront régulièrement ses Escadrons pied à terre aux Tranchées.

Dès les premiers jours de 1915 la Section de Mitrailleuses du Régiment est envoyée aux Tranchées de NIEUPORT. Elle participe à l'attaque de la GRANDE DUNE, le 28 Janvier, renforçant les Zouaves et Tirailleurs. C’est dans cette attaque que notre soldat est enseveli dans une tranchée.

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 23:44
Lébeaupin et Beaufessoux-le-Grand en 1834
Lébeaupin et Beaufessoux-le-Grand en 1834
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 17:14

Un pauvre hère est tué à coups de fourche par un réfugié

 

Dans l’après-midi de dimanche, un drame sanglant s’est déroulé, au domaine de la Villatelle, près de Saint-Gervais-d’Auvergne.

François-Joseph Moitry, un réfugié de l’Est, âgé de 66 ans, a tué, à coups de fourche, dans des circonstances particulièrement horribles, Michel Tabarant, âgé de 56 ans. Tous deux étaient employés au même domaine comme domestiques de ferme.

 

Sur les lieux du crime

Le Parquet de Riom, prévenu par dépêche, s’est rendu hier matin à la Villatelle, située à deux kilomètres environ de Saint-Gervais.

Dès onze heures l’enquête, commencée par la gendarmerie, a été continuée par les magistrats.

Tandis que MM. Blache, procureur de la République, et Desnier, juge d’instruction, assistés d’un commis-greffier, faisaient des constatations et entendaient des témoins, M. le docteur Chabanet, médecin-légiste, procédait à l’autopsie du corps de la victime.

Le domaine de la Villatelle, qui entoure le beau château de M ; Claude Revon, se compose d’une série d’importantes exploitations agricoles qui nécessitent un nombreux personnel. Plusieurs réfugiés y sont occupés et y gagnent largement leur vie.

 

Un ivrogne

            François-Joseph Moitry, qui avait travaillé déjà chez divers propriétaires du Puy-de-Dôme, était arrivé à la Villatelle dans les premiers jours d’octobre : on avait besoin d’ouvriers agricoles, on l’accepta sans trop lui demander de certificats. D’ailleurs, il était réfugié et avait droit par cela même à une certaine pitié.

            Malgré ses soixante-six ans, c’est un homme solide et vigoureux, à l’allure décidée, très alerte mais fort ivrogne. Il buvait constamment de l’eau-de-vie, de la blanche, dont on a trouvé une bouteille sous son traversin.

            Quand il était ivre, il se montrait plus particulièrement agressif, méchant, dangereux. Il cherchait querelle à tous les autres domestiques, proférait des menaces qu’il mettait souvent à exécution.

            Un soir, se présenta au château, pour y être embauché, un pauvre hère d’aspect minable, Michel Tabarant, âgé de 56 ans. Depuis quarante-huit heures il n’avait pas mangé. Il était à bout de forces. On lui donna l’hospitalité dans une grange.

            Le lendemain, il offrit de travailler dans le domaine : il savait soigner les bestiaux ; il était quelque peu rebouteux, vétérinaire empirique ; il connaissait des remèdes pour donner de la vigueur aux chevaux. Ce chemineau avait tant roulé de village en village, de ferme en ferme, qu’il avait appris bien des choses sur sa route. Oh ! il ne demandait pas grand-chose pour prix de ses services : une botte de paille sous un toit, pour dormir, une soupe le matin, un croûton de pain le soir.

            Ces propositions étaient acceptables. Michel Tabarant fut accueilli comme garçon d’écurie ; il avait la charge des 15 vaches qui se trouvaient dans cette partie du domaine et, aussi, 18 chevaux qui logeaient dans un bâtiment voisin. Il devait partager la besogne avec Moitry.

 

La loi du plus fort

            Le réfugié ne vit pas sans déplaisir l’installation de Tabarant, qu’il considéra tout de suite comme un intrus. Il déclara au pauvre diable que lui seul, Moitry, avait la direction de l’étable et de l’écurie. Il lui imposa les travaux les plus pénibles, tandis qu’il se grisait du matin au soir.

            Tabarant ne se plaignit pas tout d’abord. Il avait tellement connu de jours de misère, de nuits passées à la belle étoile, de souffrances physiques et morales, qu’il n’osait rien dire de peur d’être jeté à nouveau sur la grande route au moment où venait l’hiver tueur de pauvres gens. Il se soumit, courba l’échine, se livra à un labeur opiniâtre bien lourd pour ses faibles épaules.

            Moitry vivait heureux. Si le régisseur faisait des observations sur quelque négligence dans le travail quotidien, il accusait Tabarant qu’il représentait comme un fainéant.

            Samedi soir, le réfugié injuria de la façon la plus grossière le malheureux qui, pour une fois, eut un sursaut d’indignation et qui leva le bras dans la direction de son insulteur, mais il n’insista pas. A quoi bon ?

            Bien que moins âgé que Moitry, il n’était pas de taille à se mesurer contre le réfugié. Petit, chétif, traînant sa jambe droite ankylosée, épuisé par toutes sortes de privations, Tabarant n’avait qu’à subir la loi du plus fort.

 

La scène du meurtre

            Dimanche, vers 4 heures, dans l’étable, Moitry recommença ses insultes. Tabarant protesta faiblement. Le réfugié le frappa d’un coup de poing au visage. Tabarant chancela sur ses faibles jambes, mais retrouvant un peu d’énergie, il prit un bâton et en porta un coup sur la tête de Moitry qui fut légèrement blessé.

            Alors, furieux, le réfugié saisit son adversaire, le traina au dehors, le renversa dans la cour, sur une mare de purin et de boue, et, s’emparant d’une fourche, en frappa le pauvre hère.

            Onze fois de suite, Moitry enfonça les pointes de la fourche dans la tête du malheureux. Il frappa avec rage, avec sauvagerie, férocement. La cervelle jaillit, le sang coula par onze blessures.

            Quand le meurtrier eut constaté que Tabarant était mort, il s’en alla tranquillement boire deux litres de vin.

            La scène sanglante n’avait pas eu de témoins.

            Ce n’est que le soir, vers 6 heures, que des domestiques, passant de ce côté, découvrirent le cadavre.

            Moitry avoua cyniquement son crime.

            Hier, en présence des magistrats instructeurs, il a eu une attitude plus humble. Il a prétendu que s’il avait frappé, c’était parce qu’il se considérait en état de légitime défense.

            Moitry sera écroué ce matin à la maison d’arrêt de Riom, en attendant sa comparution devant la Cour d’assises.

F. Ronserail

Le Moniteur du Puy-de-Dôme – 7 décembre 1915

 

Le meurtre de Saint-Gervais

            François-Joseph Moitry, l’auteur du meurtre de Tabarant à la Villatelle, est originaire des Ardennes.

            Quand les Allemands sont entrés dans son pays, il a été emmené en captivité : il a passé plusieurs mois en Allemagne et a été renvoyé en France, au mois d’avril, dans un convoi de réfugiés. Il vint à Clermont-Ferrand. Comme il avait sur lui un certificat de bonne vie et mœurs et manifestait le désir de travailler, le Comité des Réfugiés le plaça, comme ouvrier agricole, dans l’arrondissement de Riom où il se fit remarquer tout de suite par son caractère violent et ses habitudes d’intempérance.

            Il n’était à la Villatelle que depuis le mois d’octobre.

            François-Joseph Moitry a été écroué hier à la maison d’arrêt de Riom.

 

Le Moniteur du Puy-de-Dôme – 8 décembre 1915

 

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