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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 15:56

Horrible drame près de la gare des Ancizes

 

Un bandit pénètre la nuit dans une cambuse et assomme dans leurs lits le cambusier, sa femme et son fils. Il cambriole ensuite et s’enfuit.

Le cambusier est mort, sa femme et son fils son grièvement blessés

 

La coquette et paisible commune de Saint-Georges-de-Mons vient d’être le théâtre d’une terrible et sanglante tragédie. Un mort, deux blessés, tel est le bilan de l’exploit d’un féroce bandit, véritable brute.

M. Chapus, cambusier, près de la gare des Ancizes, sur le territoire de la commune de Saint-Georges-de-Mons, a été trouvé, hier matin, le crâne fracassé, gisant dans une mare de sang.

Au premier étage, évanouis dans leur lit ensanglanté, étaient sa femme et son jeune fils.

Tous trois avaient été frappés pendant leur sommeil. M. Chapus, avant de mourir, avait eu la force de descendre l’escalier.

Le cadavre fut découvert par des ouvriers de l’Électrométallurgie, qui prévinrent un aubergiste de la gare des Ancizes. Le maire de Saint-Georges, puis la brigade de gendarmerie de Manzat, en fin le Parquet de Riom, qu’accompagnaient deux inspecteurs de police mobile, se rendirent sur les lieux.

Il y eut peu de gens à interroger, car il n’y avait pas de témoins oculaires du drame ; seul l’examen des lieux pouvait donner quelques indices sur la scène atroce. En effet, c’est à la suite d’une visite complète de la maison que les magistrats purent établir que le vol était le mobile du crime, qu’il n’y avait vraisemblablement qu’un seul auteur et que cet auteur était un habitué de la maison.

L’autopsie ayant été pratiquée et des soins donnés aux blessés, par M. le docteur Grasset, médecin légiste, le Parquet de Riom quitta Saint-Georges, hier soir, sa tâche terminée, laissant aux inspecteurs de police mobile le soin de terminer l’affaire en retrouvant le coupable.

 

Le cambusier et sa famille

Chapus Pierre, 56 ans, originaire de Manzat, avait été, pendant longtemps, aubergiste aux Ancizes. Mais ses affaires ne marchaient pas très bien, malgré qu’il eût joint à son premier commerce celui de chiffonnier.

L’usine de l’Électrométallurgie ayant été construite sur ces entrefaites, Chapus pensa qu’il aurait peut-être de l’argent à gagner avec les ouvriers.

Il vint donc s’installer à proximité des baraques où logent la majorité des travailleurs étrangers, en face de la gare des Ancizes, sur l’autre versant de la vallée formée par le ruisseau limitant les deux communes, sur le territoire de Saint-Georges-de-Mons.

En effet, la nouvelle cambuse ne tarda pas à être des plus, sinon des mieux fréquentée. Il y avait, parait-il, dix-sept pensionnaires, Algériens, Marocains, Portugais, Espagnols, Italiens, etc…

Mme Chapus, née Nathalie Boulon, malgré son âge – elle est aussi âgée que son mari – ne craignait pas la société des enfants des « pays du soleil », pendant les absences assez longues de son mari. En effet, ce dernier effectuait très souvent des tournées dans la région pour recueillir des chiffons, des peaux… Mme Chapus restait donc seule à la maison, et dame !

Toujours est-il que cela amenait de très fréquentes scènes entre M.Chapus et sa femme. Chapus frappait cette dernière et, depuis quelques temps, le ménage vivait séparé !

Les époux Chapus ont un fils, Marius, âgé de 8 ans qui aidait sa mère. Avec eux vivait également le père de Mme Chapus, M. Boulon, un vieillard de 86 ans, infirme.

Mercredi soir, M. Chapus, sa tournée faite, était rentré d’assez bonne heure. Ses pensionnaires, lorsqu’ils le quittèrent, étaient loin de songer à un drame.

 

La découverte du cadavre

C’est hier matin, vers 5 heures, qu’en se rendant à leur travail, des ouvriers de l’usine, venant de Saint-Georges, voulurent s’arrêter chez Chapus pour « casser la croûte », ainsi qu’ils avaient l’habitude de le faire. Par une porte vitrée, ils aperçurent au rez-de-chaussée le cambusier étendu dans une mare de sang.

Les ouvriers ne cherchèrent pas à pénétrer dans la maison. Ils allèrent déjeuner dans une autre auberge. Là, ils dirent à la patronne ce qu’ils avaient aperçu chez Chapus.

En se rendant à Saint-Georges-de-Mons, pour prévenir le maire, l’aubergiste jeta un coup d’œil, en passant, sur le cadavre de Chapus, mais ne pénétra pas, non plus, dans la maison.

Aussitôt averti, M. Hom, maire de Saint-Georges, se rendit sur les lieux, accompagné de M. Bayet, garde champêtre, et de quelques habitants.

Ils entrèrent, sans peine, dans la maison. La première porte était fracturée, la seconde, grande ouverte. Dans la salle à manger de l’établissement, un horrible spectacle les attendait.

Chapus était couché, suivant l’expression, « en chien de fusil », en chemise, sur le pavé, où s’étendait une mare de sang. Le corps était froid. Les arrivants ne purent voir quelle étaient les blessures qui avaient déterminé la mort : de la tête aux pieds, le cambusier était littéralement couvert de sang.

 

Du sang partout

Au bas de l’escalier menant aux chambres, encore une flaque sanglante. Dans l’escalier, des gouttes sur toutes les marches, sur le mur. En haut, encore du sang.

Sans la chambre de M. Chapus, le lit, en désordre, était rouge, le plancher était taché à plusieurs endroits.

Dans une pièce à côté, des plaintes s’élevaient. Vivement, les visiteurs s’y rendirent et trouvèrent Mme Chapus et son fils couché, également couverts de sang, méconnaissables, dans un lit maculé de rouge.

 

Les premières constatations

M. le maire de Saint-Georges, après avoir constaté la mort de M. Chapus, voulut obtenir quelques renseignements auprès de sa femme.

Les premières paroles de cette dernière furent : « C’est mon mari qui m’a tuée, pour voler mon argent !... »

Elle voulut ensuite se lever, descendit dans sa cuisine, ne vit pas son mari étendu sur le sol et tenta d’allumer son feu.

Son père, qui s’était levé, vint lui parler ; elle lui répéta ce qu’elle avait déjà dit. L’autre, qui est sourd, d’ailleurs, lui répondit : « Il t’avait assez cognée, c’était bien ton tour ! »

Des gendarmes arrivèrent de Manzat, accompagnés de M. le docteur Pourtier. Ce dernier donna des soins aux blessés, cependant que les gendarmes commençaient leur en quête.

Voyant la gravité de l’affaire, le chef de la brigade de Manzat prévint téléphoniquement le Parquet de Riom.

C’est alors que MM. Bonieu, substitut ; Benoid, juge d’instruction ; Glaine, greffier, accompagnés de M. le capitaine de gendarmerie et de M. le docteur Grasset, médecin légiste, se rendirent sur les lieux.

A suivre.....

René Dulac

Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 4 février 1921

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 12:22

Ne riez pas, au moins, c’est très sérieux !...

Ça s’est passé, dimanche dernier, dans une jolie petite commune du Puy-de-Dôme, pittoresquement perchée sur sa colline au-dessus des gorges abruptes de la Sioule, tout près du fameux viaduc des Fades.

            Autant dire, maintenant qu’il s’agit de Saint-Priest-des-Champs.

            Donc, dimanche dernier, à Saint-Priest-des-Champs, le Conseil municipal s’était réuni pour élire son maire. Rien que de très naturel à cela. Il y a une mairie, à Saint-Priest ; il y faut donc un maire.

            C’est facile à dire ; mais à faire c’est autre chose. Pour être maire, il faut être élu, d’abord, et le vouloir ensuite. A Saint-Priest, personne ne voulait être maire.

            Il fallait, pourtant, pour satisfaire à la loi, que le Conseil se réunit pour nommer la municipalité. Il se réunit donc.

            Quand tous les conseillers furent assemblés au grand complet dans la grande salle de la maison commune, les cloches de la vieille église, mises en branle par des bras vigoureux, sonnèrent de joyeux carillons, pour annoncer à la population que son conseil délibérait. Ce pendant que, gravement, les conseillers déposaient leur bulletin dans l’urne, un vielleux et un cabrettaïre attaquèrent le duo fameux des « Noces de Jeannette ».

            Une mesure pour rien !

            Au milieu d’un silence impressionnant, le doyen d’âge proclama le résultat du vote.

            Avec un geste auguste et un rare désintéressement, l’heureux élu déclina l’insigne honneur de présider à l’administration de la commune.

            Un second tour eut le même résultat.

            -« J’ai une idée, dit Toinon… Si nous faisions venir un maire d’ailleurs ?

            -« Ce n’est pas mon avis, répondit Christophe, le sage de l’assemblée ; j’ai une idée meilleur à vous proposer : allons dîner ! Nous verrons après pour nommer le maire. »

            Et ainsi fut fait.

            On mangea bien, on but mieux encore, et l’on toasta longuement à la prospérité de Saint-Priest et à la santé de tous ses habitants.

            Et le maire ?... On l’avait oublié !

            Il fallut pourtant y penser et le nommer, quand même !

            On tira z’a la courte paille.

            Pour savoir qui, qui serait nommé…

Et comme dans la chanson :

            Le sort tomba sur le plus jeune

            Et ce fut lui qui, qui fut écharpé.

Et il fut bien forcé d’accepter.

 

L’histoire est bien belle, mais assez fabulée. Il est vrai que l’élection a été un peu compliquée…

Le 1er tour a donné Annet BERTHIN en tête avec 15 voix ; Pierre Félix NÉNOT a 1 voix.

            BERTHIN a refusé les fonctions de maire.

Le 2e tour donne NÉNOT en tête avec 8 voix, suivi de BERTHIN avec 6 voix et 1 voix pour RANCE ;  on compte aussi un bulletin blanc.

NÉNOT a refusé les fonctions de maire et demande à réfléchir.

Il faut donc un troisième tour, mais avec 15 votants seulement sur 16 conseillers. Pourquoi ?

Les résultats sont nets pour NÉNOT Pierre Félix qui gagne le scrutin avec 14 voix ; il y a une voix pour BERTHIN.

            NÉNOT Pierre Félix ayant obtenu la pluralité des voix, n’étant le plus âgé des candidats, a été proclamé maire et a été immédiatement installé.

 

L’élection du 1er adjoint a été beaucoup plus facile pour François PAILHOUX. Il l’emporte avec 13 voix.

 

La nomination du maire a certainement été compliquée en raison de plusieurs facteurs. Si l’on regarde les élections des 5 et 12 mai 1912, on s’aperçoit que BERTHIN Annet est arrivé très largement en tête avec 396 voix sur 443 votants et que NÉNOT Pierre Félix est élu qu’en 11e position avec 262 voix.

 

Les élections du 5 et 12 mai 1912

 

1763 habitants, 16 conseillers municipaux, 585 inscrits, 443 votants.

 

BERTHIN Annet, propriétaire-cultivateur, Beaufessoux, né le 7 août 1870 à Biollet, 396 voix.

MARTIN Jacques Eloy, propriétaire-exploitant, Montpied, né le 1er décembre 1859, 339 voix.

GRANGE François, propriétaire-cultivateur, l’Etang-Grand, né le 16 avril 1852, 329 voix.

BARSSE André, négociant, Les Chaussades, né le 30 décembre 1881, 317 voix.

TIXIER Jacques, propriétaire-cultivateur, Villemaine, né le 9 août 1867, 312 voix.

PAILLOUX François, propriétaire-cultivateur, Le Bladeix, né le 8 décembre 1860, 309 voix.

DÉMOULIN Charles, propriétaire-cultivateur, Les Barsses, né le 30 octobre 1865, 295 voix.

GILLET Jean Tixier, propriétaire-cultivateur, Lamazière, né le 18 décembre 1854, 284 voix.

RANCE Antoine Eugène, propriétaire-cultivateur, Le Bourg, né le 25 janvier 1874, 281 voix.

EVAUX Jean, retraité du P.L.M., Retailhat, né le 17 août 1853, 278 voix.

NÉNOT Pierre Félix, propriétaire-exploitant, Courtine, né le 11 novembre 1876, 262 voix.

PEYRONNY Annet, propriétaire-cultivateur, Couladèze, né le 30 janvier 1846 à Menat, 259 voix.

POUMEROL Jean-Marie, menuisier, La Croizette, né le 15 juillet 1870, 251 voix.

PETIT Jean, aubergiste, Le Bourg, né le 17 mai 1843, 248 voix.

GILLET Jean Grand, propriétaire-exploitant, Boscavert, né le 8 avril 1862, 233 voix.

CHAFFRAIX Pierre, propriétaire-cultivateur, Jouhet, né le 9 décembre 1867, 179 voix (élu au 2e tour le 12 mai).

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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 18:38

Je ne sais pas qui en est l’auteur, mais je veux pas partager ce texte avec vous.

A lire jusqu'à la fin

 

Quelques années avant ma naissance, mon père connut une étrangère récemment arrivée dans notre village.
 
Depuis le début, mon père fut subjugué par cette personne, si bien que nous en arrivâmes à l'inviter à demeurer chez nous.
 
L'étrangère accepta et depuis lors elle fit partie de la famille.
 
Moi je grandissais, je n'ai jamais demandé d'où elle venait, tout me paraissait évident.
 
Mes parents étaient enseignants : ma maman m'apprit ce qu'était le bien et ce qu'était le mal et mon père m'apprit  l'obéissance.
 
Mais l'étrangère c'était une conteuse, une enjôleuse.
 
Elle nous maintenait, pendant des heures, fascinés par ses histoires mystérieuses ou rigolotes.
 
Elle avait la réponse à tout ce qui concernait la politique, l'histoire ou les sciences.
 
Elle connaissait tout du passé, du présent, elle aurait presque pu parler du futur !
 
Elle fit même assister ma famille à une partie de football pour la première fois.
 
Elle me faisait rire et elle me faisait pleurer.
 
L'étrangère n'arrêtait jamais de parler, ça ne dérangeait pas ma Maman.
 
Parfois maman se levait, sans prévenir, pendant que nous continuions à boire ses paroles. Je pense qu'en réalité, elle était  partie à la cuisine pour avoir un peu de tranquillité (Maintenant je me demande si elle n'espérait pas avec impatience qu'elle s'en aille.)
 
Mon père avait ses convictions morales, mais l'étrangère ne semblait pas en être concernée.
 
Les blasphèmes, les mauvaises paroles, par exemple, personne chez nous, ni voisins, ni amis, ne s'en seraient permis.
 
Ce n'était pas le cas de l'étrangère qui se permettait tout, offusquant mon père et faisant rougir ma maman.
 
Mon père nous avait totalement interdit l'alcool. Elle, l'étrangère, nous incitait à en boire souvent.
 
Elle nous affirmait que les cigarettes étaient fraîches et inoffensives, et que pipes et cigares faisaient distingué.
 
Elle parlait librement (peut-être trop) du sexe.
 
Ses commentaires étaient évidents, suggestifs, et souvent dévergondés.
 
Maintenant je sais que mes relations ont été grandement influencées par cette étrangère pendant mon adolescence.
 
Nous la critiquions, elle ne faisait aucun cas de la valeur de mes parents, et malgré cela, elle était toujours là !
 
Cinquante ans sont passés depuis notre départ du foyer paternel.
 
Et depuis lors beaucoup de choses ont changé : nous n'avons plus cette fascination.

Il n'empêche que, si vous pouviez pénétrer chez mes parents, vous la retrouveriez quand même dans un coin, attendant que quelqu'un vienne écouter ses parlotes ou lui consacrer son temps libre…
 

Voulez-vous connaître son nom ?

Nous, nous l'appelons… Télévision !

Il faudrait que cette belle histoire soit lue par tout le monde.

 Attention :

Maintenant, elle a un époux qui s'appelle Ordinateur…

…un fils qui s'appelle Portable…

..... une fille qui s'appelle Tablette

…et un neveu pire que tous : Lui c'est Smartphone !

 et ils se lient tous ensemble pour nous éloigner les uns des autres !!!!

 

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Published by jacot63 - dans Nostalgie
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 22:18

22 août – Les orages et la foudre – Dans le Puy-de-Dôme et dans l’Allier de nombreuses maisons ont été incendiées par la foudre.

A Saint-Gervais, l’orage a éclaté dimanche, vers 10 heures et demie seulement. Sur divers points du canton, des incendies ont été occasionnés par la foudre. A la Mothe, commune de Saint-Priest-des-Champs, c’est un bâtiment à fourrages qui a été entièrement consumé ; à Biollet, ce sont plusieurs meules de de blé, de même qu’à Espinasse.

 

2 septembre – Grave accident de voiture – En revenant de la foire de Saint-Gervais, un char-à-bancs verse dans un fossé – Le conducteur et cinq voyageurs sont grièvement blessés.

Lundi dernier, vers six heures du soir, M. Grolière, aubergiste à Grellet, commune d’Espinasse, revenait de la foire de Saint-Gervais, conduisant un char-à-bancs dans lequel avaient pris place cinq voyageurs. Tous partirent en chantant, mais au tournant de la gare, le cheval fit un écart brusque et la voiture versa dans le fossé. Le conducteur et les voyageurs, pris sous le véhicule, furent dégagés par les employés du chemin de fer, qui les transportèrent à l’hôtel de la gare, où les docteurs Meunier et Pourtier vinrent leur donner des soins empressés.

Ils étaient tous en piteux état. Le conducteur, M. Grolière, avait un bras de cassé en deux endroits, la femme Thuel avait une jambe brisée et la mâchoire fracassée ; M. Pierre Raynaud se plaignait de vives douleurs internes. Leur état à tous trois est considéré comme très grave. Les autres voyageurs, qui ne portent que des contusions légères, s’en tireront avec quelques jours de repos.

Les blessés ont été ramenés chez eux mardi matin.

Par un hasard bizarre, le cheval n’a eu aucun mal, et la voiture a été à peine endommagée.

 

9 septembre – Fêtes religieuses à Saint-Gervais

Dimanche dernier, 4 septembre, ont été célébrées à Saint-Gervais-d’Auvergne de grandes fêtes en l’honneur de N. D. de Pitié et de Jeanne d’Arc, sous la présidence de Mgr l’Evêque de Clermont, accompagné de M. le chanoine Bruneau, vicaire général. La fête de N. D. de Pitié était autrefois la fête patronale et plus anciennement un pèlerinage très fréquenté. Jeanne d’Arc a été fêtée dans un grand nombre de paroisses, celle de Saint-Gervais ne voulait pas rester en arrière dans les hommages rendus à notre héroïne nationale.

Tous ceux qui ont assisté aux fêtes de dimanche ont pu constater qu’elles ont eues un succès merveilleux. Dès la veille, toutes les rues de la ville avaient été transformées en un parterre de verdure et de fleurs ; c’était partout des mâts, des guirlandes, des arcs de triomphe où se mêlaient les drapeaux tricolores et les bannières de Jeanne d’Arc ; les rues mêmes qui n’étaient pas sur le parcours de la procession étaient décorées et pavoisées comme les autres. L’impression générale a été que ces fêtes ont été plus belles et les décorations mieux réussies que celles que l’on fit l’an dernier à l’occasion de l’inauguration du viaduc des Fades. Avec le temps, on se perfectionne dans tous les arts, même dans celui des décorations.

A dix heures précises, Mgr l’Evêque arrivait en automobile à la porte de l’église où l’attendait un nombreux clergé, et quelques instants après, la grand’messe commençait, célébrée par M. le chanoine Bruneau. L’église avait été décorée avec un goût parfait, sous l’habile direction d’un artiste du pays. La musique du patronage de Clermont se fit entendre pendant la messe, à la grande joie de la foule immense que l’église ne pouvait contenir et qui débordait jusqu’au milieu de la place. Un missionnaire diocésain prononça un éloquent panégyrique de Jeanne d’Arc.

Le soir, à trois heures, commença la procession. Vingt-cinq cavaliers, en costumes de l’époque de Jeanne d’Arc, chevaliers, écuyers, hérauts d’armes, marchaient en tête. Derrière eux, venaient les petits garçons avec des oriflammes et des drapeaux, puis Jeanne d’Arc portée et entourée par les jeunes gens avec des drapeaux tricolores ; ensuite le long défilé des petites filles ayant toutes des oriflammes et des bannières et, enfin, N. D. de Pitié portée par les jeunes filles vêtues de blanc. Une foule immense et recueillie suivait la procession ou formait la haie sur le parcours.

Au retour, il ne fallait pas songer à entrer dans l’église ; aussi avait-on dressé devant la porte une estrade et les fidèles s’étaient groupés sur la place qui entoure l’église. C’était un magnifique spectacle que présentait cette foule immense qu’on peut, sans exagération, évaluer à plus de trois mille personnes, et du milieu de laquelle émergeaient les oriflammes, les bannières et les drapeaux. Après une cantate à Jeanne d’Arc, parfaitement exécutée par un groupe de chanteurs et de chanteuses. M. le doyen de Saint-Gervais prit la parole et remercia, en termes émus, Mgr l’Evêque, ses paroissiens qui avaient répondu à son appel avec tant d’empressement et d’enthousiasme, et tous ceux qui avaient contribué à l’éclat et au succès de la fête.

Puis Monseigneur adressa aux fidèles de sages et paternels conseils, leur recommandant de ne pas oublier Dieu, comme le fait trop notre société contemporaine.

La bénédiction du Très Saint Sacrement termina cette belle journée et la foule se retira enchantée de ce qu’elle avait vu et entendu, non sans avoir fourni aux commerçants de notre ville l’occasion de faire de fructueuses recettes. Saint-Gervais gardera longtemps le souvenir d’une fête au succès de laquelle tous les habitants ont contribué d’un commun accord et où toutes les âmes ont vibré dans un même élan de foi religieuse et patriotique.

 

14 septembre – Enseveli sous un éboulement – Lundi dernier, vers 3 heures de l’après-midi, M. Pommerol, du village de Lassiouve, commune de Saint-Priest-des-Champs, travaillait pour le compte de MM. Chomette frères, entrepreneurs de travaux publics, à la construction de la route du Pont-du-Bouchet à Saint-Priest. Soudain, un éboulement de terrain se produisit ; Pommerol n’eut pas le temps de se retirer ; il fut renversé et à moitié enseveli. En tombant, sa tête vint heurter violemment la roue d’un tombereau qui se trouvait derrière lui ; il fut assommé par le choc.

Ses compagnons de chantier se portèrent aussitôt à son secours ; en moins de cinq minutes de travail fiévreux, ils réussirent à dégager le malheureux ; mais il avait déjà cessé de vivre.

Pommerol était un travailleur très estimé de ses patrons et de ses camarades ; il laisse une veuve et cinq enfants, dont l’aîné est âgé de 16 ans seulement.

 

15 septembre – Un nouveau-né dévoré par un chien – Les gendarmes de Saint-Gervais se sont rendus, mardi soir, au village des Pradelles, commune de Charensat, pour faire une enquête au sujet d’un infanticide dont la rumeur publique accusait une jeune femme de ce village.

Au cours de leurs perquisitions, les gendarmes découvrirent en effet, au-dessus d’une vieille armoire, enveloppé dans du linge, le cadavre du nouveau-né qui était à moitié dévoré.

M. Maison, député, suppléant du juge de paix, fut aussitôt prévenu et se rendit sur les lieux, accompagné de M. Thomas, remplaçant le greffier absent et de M. Bosclard, médecin à Charensat. Les gens de la maison et les voisins furent interrogés.

Des premiers renseignements recueillis, il résulterait que la mort de l’enfant serait due à la négligence de la mère, mais qu’il n’y aurait pas infanticide.

L’enfant est né le 2 septembre, normalement constitué et viable. Après l’accouchement, la mère aurait plié le nouveau-né dans un linge, l’aurait déposé sur son lit et serait sortie de la maison. A sa rentrée, vers 11 heures du soir, elle aurait trouvé un chien qui était en train de dévorer l’enfant. Voyant que celui-ci avait cessé de vivre, elle l’aurait déposé à l’endroit où on l’a retrouvé.

Cette version est-elle exacte ? L’enquête qui se poursuit établira sans doute la vérité.

La mère qui s’était mariée à l’âge de 16 ans mais qui a divorcé depuis quelque temps, a été laissée en liberté.

 

15 septembre – Des lunettes S. V. P. – On nous écrit : « Une souscription va être ouverte incessamment à Saint-Gervais. Ses auteurs seraient heureux de voir l’ « Avenir » l’annoncer à tous ses amis. Que les lecteurs de ce journal toutefois ne poussent pas les hauts cris ; on ne leur demandera pas beaucoup d’argent. Il ne s’agit ni d’élever une statue à quelque héros, ni de soulager les misères occasionnées par le mauvais temps, mais bien d’acheter une paire de lunettes au correspondant de l’ « Ami du Peuple ». La somme à recueillir sera donc assez minime, mais tous ceux qui voudront bien envoyer leur obole accompliront un grand acte de charité, car vraiment depuis quelque temps la vue de ce Monsieur a par trop baissé, et ceux qui lui portent quelque intérêt craignent que bientôt il ne puisse plus distinguer une grenouille d’un bœuf. Pour s’en convaincre, il suffit de lire le compte-rendu des fêtes célébrées dans notre ville le 4 septembre en l’honneur de Jeanne d’Arc, compte-rendu qui a paru dans l « Ami du peuple » de dimanche dernier.

Les témoins de cette belle manifestation ont dû bien rire en lisant que la fête fut un four complet, et que l’assistance était composée de vieilles bigotes au large ruban bleu et de jeunes gens plus ou moins membres de jeunesses catholiques. Ils ont dû sourire surtout de l’aplomb avec lequel le correspondant du journal socialiste a osé écrire de semblables niaiseries. Pour qui prend-il donc ses compatriotes ?

En fait de ruban bleu, il n’y en avait qu’un seul, et sa couleur était tellement foncée qu’il était plutôt noir que bleu et il se trouvait non sur les épaules des vieilles bigotes, mais bien sur les yeux du Monsieur en question.

En fait de fours, il y en a plusieurs à Saint-Gervais, tous nos boulangers en possèdent, et de magnifiques, mais comme tous les fours ils ont l’inconvénient d’être obscures. Le correspondant de l’ « Ami du Peuple » avait dû en louer un, et c’est sans doute du fond de ce logement qu’il a assisté à nos belles fêtes. S’il n’en avait pas été ainsi, il aurait vu non pas quelques vieilles bigotes, mais une assistance de plus de trois ou quatre mille personnes, composée de femmes et d’hommes de tous les âges et de toutes les classes de la société, venus de toutes les communes environnantes. Il aurait vu non quelques jeunes gens plus ou moins membres de jeunesses catholiques, mais tous nos jeunes gens de la ville et de la campagne, soldats d’hier et soldats de demain, portant fièrement le drapeau tricolore et montrant à tous qu’ils étaient catholiques et français.

Il aurait vu non pas quelques maisons décorées, mais toutes les rues, toutes les places, toutes les maisons de la ville à l’exception de celles de trois ou quatre prétendus socialistes qui aiment bien mieux berner le pauvre peuple et s’engraisser à ses dépens que de favoriser le commerce. Il aurait vu tous les commerçants heureux des recettes nombreuses qu’ils avaient faites grâce à ces fêtes. Il aurait vu bien d’autres choses encore le correspondant de l’ « Ami du Peuple » ; mais il n’a rien vu parce qu’il a été aveuglé par le dépit qu’à Saint-Gervais ont été encore chrétien et patriote, ou bien parce que ses yeux sont devenus trop faibles.

Voilà pourquoi nous faisons appel à la charité de tous ses compatriotes. Allons ! Habitants de Saint-Gervais et des environs, encore un petit acte de générosité, un petit sou, s’il vous plait, c’est pour acheter une paire de lunettes au correspondant de l’ « Ami du Peuple ».

 

17 septembre – L’affaire de Charensat – Transport du parquet – Il y aurait infanticide – Arrestation des coupables présumées.

Nous avons raconté, dans notre numéro de jeudi, la lugubre découverte faite au village des Pradelles, commune de Charensat ; le cadavre d’un nouveau-né, à demi dévoré par un chien, avait été trouvé cacher sur une armoire, au domicile de la femme Jeanne Pradelle. D’après les premiers renseignements, la mère n’aurait été coupable que d’une grave négligence, mais non d’un infanticide. L’affaire vient de prendre une nouvelle tournure.

Hier matin, le Parquet de Riom, composé de M. Papon, juge d’instruction ; de M. Wibaut, commis-greffier, et de M. le docteur Grasset, médecin légiste, s’est transporté aux Pradelles et a procédé à une longue enquête.

Les parents du nouveau-né, au lieu de faire inhumer le cadavre, l’avaient laissé au même endroit où il avait été trouvé, mercredi dernier, par les gendarmes de Saint-Gervais. Ce fait étrange et vraiment étonnant a facilité l’enquête du Parquet.

Au cours de leurs recherches, les magistrats ont trouvé un couteau couvert de taches de sang. Cette arme aurait-elle servi à la mère à dépecer son enfant, dont elle aurait ensuite jeté les morceaux au chien ? On recule devant de telles suppositions. Le couteau sera examiné soigneusement.

Quoiqu’il en soit, le Parquet a jugé qu’il y avait eu infanticide et il a décerné un mandat d’arrêt contre la femme Pradelle et contre la mère de cette dernière, qui serait complice.

Les deux femmes ont été conduites, hier soir, à la gendarmerie de Saint-Gervais. Elles seront transférées aujourd’hui à la maison d’arrêt de Riom.

 

18 septembre – L’affaire de Charensat – Ainsi que nous l’avions annoncé, la mère et la fille Pradelle, du village de Pradelles, ont été écrouées, hier à la maison d’arrêt de Riom, la fille sous l’inculpation d’infanticide, et la mère sous l’inculpation de complicité.

Toutes deux continuent à nier. Elles prétendent que l’enfant était mort en venant au monde, et qu’un chien, pendant leur absence, s’est introduit dans la maison et a dévoré en partie le corps du nouveau-né.

Le parquet qui s’était transporté sur les lieux, n’est rentré que dans la nuit de vendredi à samedi.

M. le docteur Grasset, médecin légiste, n’a pu se prononcer sur les causes de la mort, étant donné l’état de décomposition du petit cadavre.

Une chose surtout parait extraordinaire : c’est qu’il ne reste de l’enfant que la tête et le tronc ; les quatre membres ont disparu et malgré de minutieuses recherches on n’en a trouvé aucune trace.

C’est ce qui fait supposer que la mère et la fille Pradelle mentent en disant que l’enfant a été en partie dévoré par un chien. Il y a tout lieu de croire, au contraire, que l’on avait commencé de dépecer le cadavre, pour le faire plus facilement disparaitre.

Quant au couteau taché de sang, trouvé au domicile des inculpées, il va être soumis à l’examen d’un chimiste.

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 18:46
Le Moulin-Rouge
Le Moulin-Rouge

Les meuniers se sont succédés :

PEROL Guillaume, né vers 1793, époux de Françoise JOUHET, meunier en 1846 ; SUDRE Pierre en 1851 ; PAYRARD François en 1861 ; MAZERON Anne et PEROL Annet, son fils, en 1866 ; PEROL Annet et son épouse SUDRE Anne en 1872 ; SUDRE Anne en 1876 ; HEBRARD Charles, époux de Marie BRUNIER, en 1881 et 1886.

En 1911, MEUNIER Michel époux PEROL est recensé comme cultivateur.

Aujourd'hui il est en ruine, mais l'on peut deviner le bief, l'écluse, les prises d'eau pour alimenter l'écluse. Le petit pont d'accès au moulin, sur le ruisseau des Ribières, est envahi par la végétation ainsi que celui de la sortie du bief.

Les restes du bâtiment

Les restes du bâtiment

Ici il y avait la roue

Ici il y avait la roue

Le pont d'accès

Le pont d'accès

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 18:57
Lassiouve et Mazeron en 1834
Lassiouve et Mazeron en 1834
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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 09:15

28 janvier – Charensat – Tribunal de Riom – Coups et blessures – Pichot Jean, 24 ans, cultivateur à La Croix-de-Saint-Roche, commune de Charensat, a été condamné par le tribunal correctionnel de Riom, à son audience du 4 décembre, à 20 jours de prison, pour coups et blessures, à l’encontre d’un de ses voisins, M. Revet Pierre, âgé de 35 ans, et da belle-sœur, Mme Revet. Il a inter jeté appel de ce jugement.

Me Georges-Henri Salvy défend Pichot et demande à la Cour de réduire la peine de son client, en le faisant bénéficier de la loi de sursis.

La cour réduit la peine à 10 jours de prison, avec sursis.

 

28 janvier – Saint-Priest – Vol – Ces jours derniers une bâche et une chaîne en fer, à mailles rondes de 10 millimètres de diamètre, mesurant 15 mètres de long, ont été dérobées, dans la cour de la gare de Saint-Priest-Sauret, au préjudice de M. Dumond, marchand de vieux métaux à Lyon.

La gendarmerie de Saint-Gervais procède à une enquête.

 

31 janvier – Durtol – Cadavre dans les bois de Durtol – Des enfants qui se promenaient en compagnie de leur mère, hier, dans l’après-midi, aux environs de Durtol, découvrirent, dans un bois, à trois cent mètres environ du village, le cadavre d’un homme paraissant âgé d’une quarantaine d’années, vêtu en ouvrier.

Tout émotionnés de leur lugubre trouvaille, les enfants vinrent faire leur déclaration à la mairie de Durtol. La gendarmerie de Clermont, aussitôt prévenue, envoya, vers 7 heures, deux gendarmes procéder aux constatations à Durtol.

Nous avons appris le fait trop tard, pour connaitre les résultats de l’enquête.

Nous donnerons demain des détails complets sur cette affaire qui passionne déjà la population de Durtol.

 

1er février – Le cadavre des bois de Durtol – Nous avons annoncé, hier, qu’un cadavre avait été découvert dans les bois de Durtol, par deux enfants qui se promenaient en compagnie de leur mère. Les gendarmes de Clermont se rendirent sur les lieux pour procéder à une enquête, et il résulte de leurs constatations qu’on se trouve en présence d’un suicide.

Le cadavre est celui d’un nommé Jean Favier, 74 ans, originaire de Biollet, canton de Saint-Gervais, maçon. Favier habitait à Clermont chez son gendre, M. Nicolas, employé à l’usine à gaz, demeurant rue Saint-Alyre. Le vieillard avait quitté son domicile depuis deux jours ; mais comme il s’absentait fréquemment et restait parfois plus de quinze jours dehors, sans donner de ses nouvelles, personne ne s’inquiéta de sa disparition.

Favier s’était rendu dans les bois de Durtol, à 300 mètres environ de la gare, et s’était pendu à une branche de sapin. Quelques heures plus tard, la corde avait cassé et les enfants avaient trouvé le cadavre étendu sur le sol, ce qui, au premier moment, avait laissé croire qu’un crime avait peut-être été commis.

Mais les gendarmes Capelle et Gouttelard, de Clermont, qui se transportèrent sur les lieux, constatèrent aussitôt que Favier s’était suicidé. Un morceau de corde pendait du sapin et l’autre morceau entourait le cou du désespéré.

M. Védille, adjoint à Durtol, qui accompagnait les gendarmes, fit transporter le cadavre à Durtol, où M. le docteur de Cisternes procéda aux constatations légales.

Le cadavre fut ensuite ramené à Clermont et remis à la famille Nicolas.

 

16 mars – Sauret-Besserve – Tribunal de Riom – Tentative de vol – Barse Pierre, 36 ans, menuisier à Sauret-Besserve, et Peyrard Joseph, 30 ans, forgeron au même lieu, sont poursuivis pour avoir tenté de dérober des ferrailles au préjudice d’un négociant de Lyon, M. Dumont.

M. Dumont, gros négociant de Lyon, avait acheté toute la ferraille provenant de l’entreprise du viaduc des Fades et avait dû conduire tous ces vieux matériaux à la gare de Saint-Priest-des-Champs pour être expédiés sur Lyon.

Dans le courant de janvier, les deux inculpés passant devant ce tas de vieille ferraille, eurent la malencontreuse idée de s’emparer chacun d’un vieux marteau hors d’usage et valant bien cinq sous. C’est ce gros larcin qui leur vaut les honneurs de la correctionnelle.

Ils n’ont jamais été condamnés et jouissent d’une excellente réputation.

Ils sont défendus par Me Jardet, qui demande au tribunal une peine des plus minimes. Ils son condamnés à 16 francs d’amende, avec sursis.

 

18 mars – Saint-Julien-la-Geneste – Accident – Ces jours derniers, M. Jules Laussedeat, charron au bourg de Saint-Julien, était occuper à charger une lourde bille de bois, lorsque, par suite d’un faux mouvement, la pièce glissa et tomba sur le malheureux qui eut l’omoplate brisée. Il porte, en outre, de graves contusions sur tout le corps. M. le docteur Meunier, qui le soigne, considère son état comme très grave.

 

10 juin – Saint-Gervais – Coups de revolver – Lundi dernier, in individu aux allures étranges parcourait les rues de Saint-Gervais quand, brusquement, il s’arrêta en face du magasin d’un tailleur d’habits, M. Alfred Bonhour. Sortant un revolver de sa poche, il en tira deux coups sur Mlle Bonhour, sœur du négociant, qui, heureusement, ne fut pas atteinte.

L’individu, immédiatement arrêté, esu un nommé Bourdage Michel, maçon, 32 ans, habitant Gouttières, marié et père de famille, qui fut déjà atteint d’aliénations mentales.

 

11 août – Les orages et la foudre – Nos correspondants continuent à nous signaler les nombreux dégâts occasionnés par les orages et la foudre.

Dans la région d’Espinasse et de Saint-Priest-des-Champs, l’orage de lundi soir a été d’une violence inouïe. L’Auzelle a débordé, envahissant les près et entrainant les foins. Le Chalamon a envahi le moulin des Choteix, où il a entrainé plusieurs sacs de farine et de grain. Le meunier ayant voulu faire sortir ses brebis de l’étable que l’eau envahissait également, plusieurs de ces animaux ont été entrainés par le courant.

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 23:55

École primaire publique dirigée par M. BERTHIN

Année scolaire 1893-1894

 

Entrée du 2 octobre 1893

CHANUT Jean Alfred Clément, né le 5 mai 1881 à Laroche

BOURDUGE Annet, né le 29 avril 1883 au Bourg

CHAFFRAIX François, né le 5 novembre 1885 à Visignol

CHEFDEVILLE Alphonse, né le 29 décembre 1885 à Chez-Saby

PANNOUILLERE Eugène, né le 5 avril 1886 au Bourg

BASTERRE Jean, né le 9 août 1887 au Bourg

GUILHEN Albert, né le 7 juin 1886 au Bourg

AUBIGNAT Firmin, né le 26 mai 1883 à Courtine

PETIT Victor, né le 7 août 1884 au Bourg

PAILHOUX Jean, né le 7 janvier 1885 à La Carte

PEROL Jean Marie, né le 6 avril 1887 à Laval

ROUGIER Auguste, né le 18 octobre 1884 au Bourg

Entrée du 4 octobre 1893

MAIGNOL Pierre, né le 21 juillet 1881 aux Barsses

LÉCUYER Joseph, né le 15 avril 1879 à La Sauvolle

BARSE André, né le 30 octobre 1881 à Lamazière

BARSE Jean, né le 7 août 1885 à Lamazière

BARSE Eugène, né le 28 septembre 1882 au Bourg

Entrée du 9 octobre 1893

FAURE François, né le 25 septembre 1880 au Moulin des Choteix

ABAVID Marius, né le 28 décembre 1882 à Lamothe

SAURET Gilbert, né le 10 mai 1883 à Saint-Gervais

SAURET Joseph, né le 7 juin 1885 à Saint-Gervais

Entrée du 10 octobre 1893

PEYRONNET (PERONNY) Théophile, né le 27 juin 1884 à Couladaize

Entrée du 15 octobre 1893

ABAVID Eugène, né le 31 décembre 1886 à La Barge

NÉNOT Ferdinand (Martin), né le 1er septembre 1882 au Pradeix

DUBOSCLARD Léon, né le 16 novembre 1884 à Vergheas

Entrée du 19 octobre 1893

BOURDUGE Julien, né le 18 mai 1883 au Cluzel

Entrée du 23 octobre 1893

MAZERON Jules (Jean Julien), né le 16 juin 1883 à Carton

MAZERON Hippolyte, né le 1er novembre 1880 à Carton – Sorti le 7 avril 1894

FAVIER Édouard, né le 9 décembre 1880 à Gandichoux

PANNETIER Gilbert, né le 10 mai 1883 à Saint-Gervais

Entrée du 25 octobre 1893

PEROL Pierre, né le 20 octobre 1884 à Laval

FAURE Alexandre Robert, né le 20 mars 1886 à Lacost

DENIS Clément, né le 12 août 1889 au Bourg

GRANGE Isidore, né le 16 septembre 1883 au Cluzel

PAILHOUX Philippe, né le 8 mars 1884 au Bladeix

Entrée du 28 octobre 1893

CHAFFRAIX Amable, né le 30 mars 1885 au moulin de la Buchaille

Entrée du 4 novembre 1893

AMBLARD François, né le 15 juillet 1883 à Beaufessoux-le-Petit

Entrée du 6 novembre 1893

BARGE Xavier, né le 2 décembre 1880 à Biollet

DUBREUIL Jean, né le 16 juillet 1886 à Gandichoux

BOUDOL Jean, né le 4 février 1883 à Grandsaigne

FAURE Jean, né le 26 février 1883 ?

Entrée du 7 novembre 1893

PHELUT Henri, né le 2 février 1884 à Lacost

Entrée du 10 novembre 1893

CHABASSIERE Léon, né le 29 décembre 1882 ?

Entrée du 14 novembre 1893

POUGHON Alexandre, né le 13 mars 1882 à Perol

Entrée du 21 novembre 1893

THUEL Auguste, né le 19 juillet 1881 au Bourg

Entrée du 24 novembre 1893

JOUHET Amable, né le 4 avril 1879 à La Barge

JOUHET François, né le 4 avril 1879 à La Barge

GRANGE Joseph, né le 13 novembre 1878 au Cluzel – Sorti le 7 avril 1894

PAYRARD Auguste, né le 17 septembre 1880 à Perol

Entrée du 25 novembre 1893

GILET Jules, né le 7 janvier 1882 à Perol

FAURE Annet, né le 1er octobre 1877 à Lamothe – Sorti le 4 avril 1894

DESCOTEIX Michel, né le 17 novembre 1879 à Beaufessoux-le-Petit

DESCOTEIX Jean, né le 16 juin 1881 à Beaufessoux-le-Petit

BOUDOL François Léon, né le 19 décembre 1879 à Grandsaigne

TOURNAIRE Jean Marie, né le 8 septembre 1882 aux Paris

FAVIER Eugène, né le 29 octobre 1882 aux Barsses

Entrée du 28 novembre 1893

PANNETIER Félix, né le 6 juillet 1879 à Saint-Gervais

FAURE François Lucien, né le 16 juin 1878 à Villemaine

TAILHARDAT Jacques, né le 4 novembre 1884 à Charensat

Entrée du 12 décembre 1893

MADIER Antoine, né le 6 décembre 1887 à Mauriac (Cantal)

Entrée du 19 janvier 1894

PEROL Michel, né le 8 août 1882 à La Cellette

LAMADON Marien, né le 1er décembre 1879 à Sauret-Besserve – Sorti le 7 avril 1894

BARGE Francisque, né le 7 décembre 1884 à Perol

Entrée du 12 mars 1894

PEROL Bonnet, né le 4 octobre 1886 à Perol

Entrée du 9 avril 1894

ARBITRE Clément, né le 5 décembre 1888 aux Barsses

Entrée du 23 avril 1894

PHELUT Antoine, né le 4 novembre 1888 à Lacost

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 17:35

L’Avenir du Puy-de-Dôme 1910

 

5 janvier – Espinasse - Le danger des armes à feu – Le fils Carton, du village de Lafayette, manipulait un revolver qu’il ne croyait pas chargé. Soudain le coup partit et la balle lui perfora la main gauche. Un médecin de Saint-Gervais donna des soins au blessé, mais ne put extraire la balle. Carton a dû se rendre à l’Hôtel-Dieu de Clermont. Il est élève à l’école professionnelle de Clermont et se trouvait chez lui en vacances.

 

22 janvier – Saint-Gervais - Crime, accident ou suicide ? – Dimanche dernier, au petit jour, des voisins trouvaient étendu, sans mouvement, devant sa porte, M. Gilbert Sabouret, âgé de 46 ans,, maître d’hôtel à Saint-Gervais.

Les soins les plus empressés ne parvinrent pas à ranimer le malheureux et un docteur, appelé, ne put que constater le décès. La mort remontait à deux ou trois heures.

On supposa tout d’abord que M. Sabouret, qui portait une petite plaie à la tête, avait été victime d’un accident. Pour les uns, le malheureux était tombé, la nuit, par la croisée de sa chambre, en voulant satisfaire un besoin naturel ; pour d’autres, pris d’une crise de delirium tremens, il se serait jeté volontairement dans la rue, par la fenêtre.

Mais, certaines circonstances, connues depuis, ont permis de faire d’autres suppositions. D’aucuns pensent que la mort du maître d’hôtel serait le résultat d’un crime.

Nous croyons savoir que le Parquet a été saisi et qu’une instruction est ouverte. Peut-être serons-nous fixés prochainement sur les causes de cette mort mystérieuse qui passionne l’opinion publique à Saint-Gervais et dans toute la région.

 

23 janvier – Saint-Gervais - Tribunal de Riom – Entre cousins – B. Marius, né le 2 juillet 1885, au Mas, commune de Saint-Gervais, et son frère B. Gervais, 21 ans, tous deux cultivateurs, sont poursuivis pour coups et blessures, à l’encontre de leur cousin, Sauret Gervais, 39 ans, propriétaire au même lieu. Sauret raconte ainsi l’affaire :

« Le 23 décembre, vers 10 heures du matin, j’étais sur un chemin où je ramassais de la boue, quand tout à coup je vis Marius, armé d’une fourche américaine foncer sur moi et m’en porter un violent coup au-dessus de l’œil gauche, qui m’a fait une blessure très grave, puis lâchant sa fourche, et avant que j’aie pu me mettre en garde, il m’a saisi à la gorge, et m’a renversé par terre en me frappant à coups de pieds.

« Je me suis mis à crier au secours. Mais aussitôt le jeune B., qui était là est venu au secours de son frère, et m’a mis la main sur la bouche pour m’empêcher de crier. Ils me frappaient tous deux et si mon fils n’était arrivé à temps, j’aurais passé un mauvais quart d’heure ».

B. Marius le principal accusé proteste énergiquement en ce qui concerne le coup de fourche ; il reconnait avoir porté à son cousin Sauret un coup de poing après avoir été menacé lui-même.

Quant à la blessure que Sauret porte au front, B. prétend qu’i se l’est faite lui-même.

Me Massé défend les accusés.

Le tribunal relaxe B. Gervais sans dépens, et condamne Marius à 16 francs d’amende, avec sursis.

 

23 janvier – Le mystère de Saint-Gervais – Crime, suicide, ou accident ?... Les avis sont partagés ; les « racontars » vont bon train et la justice n’a pas bougé.

Dimanche matin, vers huit heures, le bruit se répandait à Saint-Gervais, que M. Gilbert Sabouret-Michon, l’hôtelier de la gare, venait d’être trouvé mort devant sa porte.

La nouvelle, rapide comme une trainée de poudre, fit le tour de la petite ville. Et, à la sortie de la messe, sur la place, ce fut l’objet de toutes les conversations.

  • « C’est sa fille et sa femme qui l’ont trouvé, en ouvrant la porte, raide mort sous la croisée de sa chambre, contaient les gens bien informés. Il parait qu’il avait ouvert la fenêtre pour « tomber eau ». Il avait bu un coup la veille, il avait la tête encore lourde, ça l’a entrainé. »

Et tout le monde de conclure : « C’est bien malheureux ! Ce pauvre Gilbert !... Il buvait bien un peu, ça devait lui jouer un mauvais tour, c’est certain, mais ce  n’était pas un mauvais homme ; il y aura du monde, pour sû, à son enterrement… »

Dans la soirée, au café, quelqu’un insinua que les choses ne s’étaient peut-être pas passées comme ça : « Entre nous, on peut bien le dire, ce pauvre Sabouret ne jouissait plus de toute sa raison, il était détraqué par la boisson, il avait des attaques de délirium tremens ; quand ça le prenait, c’était terrible ; il voulait tout casser et menaçait de « se détruire » ; hier soir, ça la pris plus fort que d’habitude, il voulait absolument « en finir », même que sa femme et ses enfants ont pris peur et qu’on l’a veillé jusqu’à deux heures du matin. Il s’est couché à cette heure-là, mais ça l’aura repris et il se sera jeté par la fenêtre. Pour moi, Sabouret s’est suicidé, ça ne fait pas de doute.

  • « Je n’osais pas le dire, mais j’y pensais.
  • « Et moi aussi ! »

Et pour tout Saint-Gervais, bientôt, Gilbert Sabouret, s’était suicidé.

      Mais la nuit, une « autre idée » fit aussi son tour de ville, timidement, colportée avec mystère de porte en porte :

  • « Vous savez ce qu’on dit ?
  • « Quoi donc ?
  • « Ce pauvre Gilbert ! – mais au moins ne dites pas que c’est moi qui vous l’ai dit… - et bien, il n’est pas « tombé », il ne il ne s’est pas « détruit » non plus, il « parait qu’on l’a tué ! »

Et cette nouvelle version, vite acceptée, eut bientôt de nombreux partisans. A la veillée, entre voisins, on donnait même des détails complets sur le « crime de la gare :

  • « Pour moi, voyez-vous, c’était pas admissible ; si ce pauvre Gilbert était tombé de sa croisée, comme on le racontait, il se serait sûrement cassé quelque chose ; on ne tombe pas d’un second, même sur des fagots, sans que ça marque, et le docteur Meunier a eu beau le palper, le tourner et le retourner, il n’a pas relevé la moindre trace de coups, ni de contusions, pas le moindre « bleu ». Gilbert n’est pas mort là, on l’a trainé après, pour faire croire qu’il était tombé ou qu’il s’était jeté par la croisée ».

Voilà ce que l’on raconte depuis dimanche soir à Saint-Gervais, avec plus ou moins de variantes, selon que le conteur a plus ou moins d’imagination.

Voilà ce qu’on nous a raconté, à nous même, hier soir.

Les trois versions : Accident, suicide et crime, ont là-haut leurs partisans déterminés, et, la discussion aidant, l’émotion soulevée autour de la mort tragique du malheureux hôtelier, n’est pas près de se calmer.

L’histoire et les histoires

Toujours soucieux de tenir les lecteurs de l’Avenir au courant des moindres faits qui se passent dans la région, nous n’avons pas hésité, malgré le mauvais temps, à faire le voyage de Saint-Gervais. Il est vrai, que grâce à l’obligeance inlassable de M. Raymond Bergougnan, il n’est guère de distances pour la « Presse Clermontoise ». Sa robuste 100 HP, toujours prête pour nous, nous met à deux heures à peine des plus lointains cantons du département et les « Gaulois ferrés » ne craignent pas les routes empierrées, ni les dérapages dangereux sur la neige ou le verglas.

Nous pensions faire un peu de lumière sur cette malheureuse affaire de la gare de Saint-Gervais ; mais nous devons dire de suite qu’en l’état actuel des esprits et des choses, il serait téméraire, même après l’enquête minutieuse à laquelle nous nous sommes livrés, de nous prononcer affirmativement, dans un sens ou dans un autre. Nous pouvons constater, mais nous ne pouvons pas conclure. Nous n’en avons d’ailleurs pas le droit. Une enquête a été faite par le gendarmerie ; le Parquet de Riom est saisi. Le dernier mot est à la justice. Il n’apparait pas, il est vrai, qu’elle soit très pressée de se prononcer. Riom est si loin !... Les chemins sont si mauvais !... et dame justice est boiteuse. Tout le monde n’a pas une 100 HP à sa disposition ; on peut lui accorder les circonstances atténuantes.

      Gilbert Sabouret-Michon, nous l’avons dit hier, tenait un hôtel à la gare de Saint-Gervais. Il était venu de Saint-Eloy, voilà 7 ou 8 ans, alors que les travaux de la nouvelle ligne étaient en pleine activité. Intelligent, d'’n abord facile, connaissant bien son métier, il eut vite fait de se recruter une clientèle de choix parmi les ingénieurs, les entrepreneurs et les chefs de chantiers de la voie et du viaduc des Fades. Récemment, il devint adjudicataire du courrier de Saint-Gervais à Espinasse. Ses affaires prospéraient. Sabouret eut pu vivre heureux entre sa femme et ses enfants. Mais il avait un vilain défaut, il buvait. Il en était arrivé à tout sacrifier à sa passion favorite et, en ces derniers temps, pour employer une expression du pays, il ne « désoûlait » plus. Il avait eu déjà, quelques attaques de délirium tremens, et à ces moments-là, il avait, parait-il, la hantise du suicide. Ses amis –d’aucuns disent les méchantes langues- prétendent qu’il avait des raisons pour boire, voir pour se détruire ; sous des dehors calmes, la guerre régnait dans le ménage. Mais ce sont là affaires toutes particulières et qui ne regardent personne.

Un fait seul reste pour nous, c’est que dimanche matin, vers 8 heures, en ouvrant la porte, Mme Sabouret et sa fille aînée trouvèrent le malheureux étendu, sans mouvements, contre un tas de branchages, sous la fenêtre de sa chambre située au deuxième étage. Les pauvres femmes, affolées, appelèrent des voisins à leur secours ; on porta l’hôtelier sur son lit et on prévint les autorités.

D’une première enquête faite par la gendarmerie et le juge de paix, on conclut à un accident.

A deux heures du soir, M. le docteur Meunier, vint examiner le cadavre. Comme il n’était investi d’aucun mandat, il ne pratiqua pas l’autopsie. Il ne releva d’ailleurs sur le corps aucune lésion pouvant justifier l’intervention d’un médecin légiste. Sabouret était tombé sur un tas de branchages déposés dans sa cour au lendemain des fêtes de l’inauguration du viaduc des Fades, ces branchages avaient servi ce jour-là à décorer l’arc de triomphe élevé à l’entrée de la gare. Sa chute en fut amortie et ainsi s’explique l’absence de tout traumatisme. Mais la mort pouvait résulter d’une lésion intérieure et le permis d’inhumer fut délivré. La mort dut être instantanée. Quelques érosions à la face interne et externe des mains permettent, peut-être, de supposer « quelques spasmes, quelques contorsions de délirium tremens », sur le tas de fagots, après la chute.

Voilà le fait brutal. Le reste n’est sans doute au fond que « racontars ».

Et tandis que nous revenions, dans la nuit, blottis au fond de l’auto, tandis que l’ami Janvier se taisait, les mains rivées au volant, les yeux attentifs à suivre les sinuosités de la route perdue dans l’immensité blanche de neige, je songeais que, sans doute, entre les interviews prises dans la soirée, le fin mot avait été dit par un vieux paysan qui prétendait « qu’en été, quand les gens travaillent dur le jour, et se couchent tôt le soir, on n’aurait pas songé à toutes ces histoires ».

Mais un beau crime, ça ferait si bien pour passer les longues veillées d’hiver !

Jules-Henry

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3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 16:54

Il est difficile de trouver des informations sur la présence d’une ou de deux voies romaines à travers la commune. L’absence de fouilles archéologiques, l’absence d’archéologie préventive et l’absence de signalisation d’indices par les autochtones, font que rien ne signale Saint-Priest à l’histoire.

Quelques renseignements mais pas toujours concordants. Tardieu et Madebène ne parle pas de voie romaine sur la commune, Mlle Soyer nous indique un point d’entrée et rien d’autre jusqu’à Biollet. Voici les résultats des recherches dans l’histoire du canton et sur Internet.

 

Tardieu et Madebène nous décrivaient dans leur livre paru en 1892 « Histoire illustrée de la ville et du canton de Saint-Gervais-d’Auvergne » qu’une belle voie romaine traversée le canton. Ils écrivaient ceci : « Cette voie partait d’Augusto-Nemetum (Clermont-Ferrand). Elle était connue et naguère suivie sous le nom de route de Clermont à Evaux. Elle entrait dans le canton de Saint-Gervais et dans la commune de Biollet, au Sud-Est de Termes, au lieu-dit la Croix-des-Quatre-Curés. Elle se reconnait aisément dans le chemin spacieux des Rades de Termes, passe à Biollet, continue par les Brandes jusqu’à Charonnet, monte à Rochedagoux, se reconnait très bien dans le large chemin de Rochedagoux à Saint-Maurice et passe le Cher à Château-sur Cher, pour filer sur Evaux. »

           

Mlle J. Soyer, à propos des « vestiges archéologiques d’âges divers repérés sur photographies aériennes dans la région de Clermont-Ferrand (88e congrès national des sociétés savantes à Clermont-Ferrand en 1963), donne des tracés différents.

            La voie 1 qui passe à Voingt est celle de Clermont à Limoges.

            La voie 2 selon elle : « départ de Clermont, pied du Puy-de-Dôme, Les Maisons Rouges (Fontète), elle suit la N 141 Pontgibaud, Bromont, La Quarte, Miremont, Tingaud, Les Tours, Biollet, Espinasse, Les Bouchauds, Le Quartier, La Crouzille, Ars-les-Favets, Les Cloux, Malicorne ».

C’est donc celle qui passe à la Croix-des-Quatre-Curés décrite par Tardieu, mais avec un tracé différent à partir de Biollet. Elle ne semble pas passer par Charonnet mais dans le Bois de la Brousse à proximité du village de la Chabassière, commune de Charensat (carte IGN).

            La voie 3 nous intéresse. Elle part de Clermont, Nohanent, Sayat, Volvic, La Buchaille, Blanchet, Les Ancizes, Pas de Saint-Martin, Villemaine, elle rencontre la voie 2 à l’Est de Biollet, passe à Vergheas, Saint-Maurice, Château-sur-Cher, (traverse le Cher), Villevaleix, Evaux-les-Bains. Ce serait donc la jonction de ces deux voies à proximité de Biollet qui donne une divergence de destinations.

Voie romaine à travers la commune

Maintenant ce qu’écrit Pierre Pardoux Mathieu dans son livre « Des colonies et des voies romaines en Auvergne ». Lui, trouve un autre tracé « Durtol, Sarcenat, plateau de Ternant, Ouest du Puy Chopine, Villelongue, suivait la Sioule en passant à droite du volcan du Chalusset, arrivait aux Ancizes où elle est conservée l’espace de plusieurs hectomètres. Après le passage de la Sioule, elle fuyait à côté du hameau de Carton (Quarton, Quartum) puis de la Carte (Quarta) deux noms qui rappellent des divisions territoriales, et nullement, comme d’Anville l’a interprété pour d’autres lieux une mesure itinéraire… Ainsi Quarton et Quarte désigneraient, dans cette position, ou une quatrième centurie coloniale, quarta centuria, détachée de la station principale, ou un poste de la quatrième légion, quarta legio. Cette seconde hypothèse a pour elle une grande probabilité.»

 

            Beaucoup d’hypothèses, mais tout de même quelques certitudes. Premièrement nous retiendrons les éléments de PP Mathieu sur les hameaux de Carton et de la Carte (Il existe aussi La Carte à côté de Termes) ; deuxièmement, comme nous le trouvons plusieurs fois sur le tracé de la voie Clermont-Limoges, nous avons un lieu-dit Chaussade, les Chaussades et à proximité la Croix des Quatre-Chemins ; troisièmement un lieu-dit Chemin-Ferré à proximité de La George.

Voie romaine à travers la commune
Voie romaine à travers la commune

Quand nous regardons des cartes anciennes, une voie arrive toujours au Pont-du-Bouchet. Arrivé là, nous sommes à proximité du Pas de Saint-Martin, cité par J. Soyer dans le tracé de sa voie 3. Si nous prenons le Cadastre Napoléonien de la commune (Tableau d’assemblage) nous trouvons à partir du Bladeix, un chemin qui se dirige sur Villemaine et qui descend jusqu’au Pas de Saint-Martin. Ce chemin est dit : « chemin de Saint-Maurice à Clermont » et pourrait être une portion de la voie de Clermont à Evaux.

            Après le Bladeix il est difficile de faire un tracé pour déboucher à l’Est de Biollet (Charinges ou Boulard peut-être). Des anciens disaient qu’elle traversait le bois de Blanquet pour ressortir à Lébeaupin, peut-être mais je doute. J’opte plus pour le chemin d’Auzances au Pont du Bouchet, qui sort à la Croix-des-Quatre-Curés en passant à La Chomette (Tracé au Sud de ce même bois).

            Voilà, souhaitons que le remembrement de la commune permette de faire trouver quelques indices et qu’un début d’histoire d’occupation gallo-romaine voit le jour.  

Voie romaine à travers la commune
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