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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 20:40

Vêtements, coiffures, chaussures du XVIIIe siècle au pays de Combraille, par J. SEMONSOUS, Revue d’Auvergne, tome 72, année 1958.

 

« Décrire les vêtements que portaient les gens de la Combraille en l’absence de gravures est chose impossible, mais nous pouvons les énumérer quant à leur destination, leur couleur, l’étoffe dont ils sont faits et, un peu parfois, en donnant leur nom, tous renseignements qui nous aideront à nous en former une image. Car nous avons pu disposer des minutes des notaires de la région qui contiennent de ci de là des inventaires dont nous avons tiré, parmi tant d’autres documents intéressants sur la façon de vivre alors, ceux qui vont nous permettre cette étude.

Nous allons donc vous donner à titre d’exemples la partie de quelques-uns de ces actes concernant l’habillement, la coiffure, la chaussure.

Côté hommes, il y en a à profusion de ces inventaires, la femme n’étant jamais héritière, d’après la Coutume d’Auvergne, des vêtements de son mari défunt les faisait inventorier comme tutrice de ses enfants héritiers ou bien l’inventaire était fait par ordonnance du bailli seigneurial si la mère était prédécédée. Côté femmes, nous sommes moins bien pourvus car le mari, possesseur des vêtements, du trousseau, des meubles de sa femme, n’avait pas ou rarement à les faire inventorier. En effet, l’article 181 de la coutume dit : « Le mari survivant à sa femme, y ait enfants ou non, descendants dudit mariage gaigne à lui  et ès siens, pour en disposer à son plaisir et volonté les lits, robes, coffre, linge et joyaux de ladite femme, à la charge de la faire ensevelir et payer les funérailles, selon son état et condition ».-« et au cas contraire, la femme qui survit recouvre et gaigne lesdits lit, linge, robes et joyaux »…

Des vêtements, donc, en voilà, de femme d’abord.

Ceux d’Anne BARSSE, femme de TEYTARD, tisserand à Gandichoux, paroisse de Saint-Priest-des-Champs, inventaire du 17 septembre 1727[1]. C’est une femme âgée et une paysanne :

« Ladite TEYTARD représente les habits de ladite Anne BARSSE, sa mère, consistant en deux corps[2], l’un de serge[3], l’autre de droguet[4] gris ; deux cotillons[5] de droguet, l’un blanc et l’autre gris, le tout à demi usé ; huit coiffes[6] ou cornettes[7] de toile blanche, fort usées ; trois pairs de bas, l’un d’étoffe gris[8], les autres deux blancs, brochés[9] ».

Nous n’avons pas relevé de chemises qui pouvaient être nombreuses, le mari étant tisserand ; la fille a pu les garder pour son usage personnel, ou les considérer comme ayant une valeur négligeable…

 

Chez les hommes, beaucoup moins de variété et de quantité. Retenons cependant qu’il s’agit de défunts qui ont emporté un vêtement dans la tombe, prélevé sur le peu qu’il y avait et qu’on n’inventoriait pas souvent de chemises, taillées dans la pièce de toile de la maison et qui, n’ayant pas fait l’objet d’un débours étaient considérées comme ayant trop peu de valeur ou devant être normalement portées par les enfants ou les autres hommes de la maison. Comme les sabots des hommes ou des femmes, elles comptaient peu.

 

Et voici ce que portaient des bourgeois : étoffes parfois un peu plus cossues, pas en très grand nombre cependant, mais indiquant une mise différente, plus soignée, disons plus au goût d’une certaine étiquette qui les distinguait des autres classes.

François PEROL, notaire à Saint-Priest-des-Champs, pouvait mettre d’après un inventaire du 9 avril 1748[10] :

« Deux justaucorps fort usés, l’un de ploréna[11], l’autre de serge du pays ; deux vestes de la qualité des justaucorps ; deux paires de culottes d’étoffe de ménage ; deux paires de bas de laine mêlée ; un bonnet de couleur rouge ; un chapeau très commun ; douze chemises de toile commune tant bonnes que mauvaises ; douze tours de col de toile blanche mi-usés ; six mouchoirs de toile blanche presque usés ; une paire de souliers mi-usés avec leur boucle de fer ; une canne de bois en menuiserie ».

 

 



[1] Minutes de Maître G. LELONG, notaire royal à Saint-Priest-des-Champs, liasse 1727.

[2] Corps : Vêtement qui couvrait le tronc, le buste : corsage.

[3] Serge : Etoffe de laine grossière ou fine, aux fils croisés et unis, formant des sillons obliques séparés par un fil.

[4] Droguet : Etoffe de laine et de fil, croisés, qui pouvait, en conséquence, être de couleurs mélangées.

[5] Cotillon : Jupon qui se portait sous la jupe ou la robe, ou comme Perrette, sans jupe ni robe, en tenue de travail.

[6] Coiffe : Même sens qu’aujourd’hui.

[7] Cornette : Paraît être ces coiffures faites de toile fine ou d’étoffe légère, ou de dentelle. Au 18e siècle, les femmes les mettaient dans leur déshabillé.

[8] Les bas d’étoffe : Ils étaient d’étoffes diverses qu’on cousait à la forme du pied, d’étoffes solides, grosses serges, cadis, mais aussi de droguet et même de toile.

[9] Les bas brochés : Ils étaient eux faits avec cinq aiguilles de fer qu’on appelait broches, les bas tricotés, en fil de laine ou de chanvre ; ils étaient encore rares au début du 18e siècle, car le tricot ne datait guère que de cent ans et la mode ne pénétrait pas aussi vite que de nos jours dans les lointaines campagnes.

[10] Minutes de VIALLETTE, notaire royal à Gouttières, liasse de 1748.

[11] Ploréna : ???

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