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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 08:50

L’assassin est arrêté et a fait des aveux

Il s’agit d’un cultivateur de la région, Marien X., âgé de trente et un ans, du village de Rochefort.

 

Hier matin, nous avions écrit que « les policiers avaient procédé à de nombreuses investigations à Saint-Georges-de-Mons et dans les villages voisins. D’autres part, deux pistes sont suivies actuellement » et nous ajoutions que pour ne point gêner l’action des enquêteurs, nous devions borner à ces quelques lignes le résumé de la journée. Et nous avions de solides et bonnes raisons d’agir ainsi. Certes, nous savions bien que les policiers avaient invité, dimanche matin, « un témoin » à venir donner quelques explications sur ses faits et gestes la veille du double et horrible crime de la maison des Bruyères. Nous savions que ses explications étaient fort longues et menaçaient de se prolonger encore plusieurs heures. En effet, l’entretien dura plus de douze heures. Commencé dimanche, à midi, l’interrogatoire « du témoin » ne prit fin qu’au cours de la nuit de dimanche à lundi, à quatre heures. Mais, à ce moment, M. le commissaire de police mobile Buffet emportait dans sa serviette les aveux signés de l’assassin. Après quelques heures très brèves de repos, les enquêteurs se rendaient au château des Bruyères et procédaient, avec le sinistre meurtrier, à la reconstitution de la scène tragique du jeudi soir. Cette nouvelle procédure permit de faire préciser les aveux du criminel. Dès lors, l’affaire était terminée. Le « témoin » devenait un inculpé, inculpé d’un double crime, qui dépasse toute l’imagination, en horreur, en cruauté, de sauvagerie. Et il ne restait plus qu’à le remettre entre les mains du juge d’instruction, M. Teissèdre, de Riom, chargé de l’information de cette retentissante affaire judiciaire.

Toute une vaillante population, si douloureusement émue et frappée, accueillit avec un grand soulagement la nouvelle de l’arrestation de l’assassin. « Lui…, ce n’est pas possible ! » Telles furent les nombreuses exclamations qui saluèrent l’annonce de l’arrestation. Mais l’indignation soulevée par la découverte du crime, un instant apaisée, reprit bien vite le dessus et, à sa sortie de la cour de la mairie de St-Georges-de-Mons, lors du départ pour Riom, l’assassin fut salué par des cris de vengeance et de vive colère.

Tous ceux que nous avons vu hier tinrent à nous dire avec quel zèle policiers et gendarmes s’étaient employés pendant trois jours à la découverte du coupable et, si des sentiments de haine étaient dans leur cœur pour l’assassin, il y avait place aussi pour de vifs et généreux sentiments de gratitude, de profonde reconnaissance pour ceux qui avaient « si bien travaillé ». Et l’expression si sincère, en sa grande simplicité, de tels sentiments, n’est-elle pas la meilleure et la plus douce des récompense pour tous ceux qui contribuèrent à l’heureuse conclusion de l’enquête.

 

Des témoignages intéressants

Nous avions laissé samedi les enquêteurs à la maison du crime. On venait de procéder à la mise en bière des cadavres des malheureuses victimes et les scellés venaient d’être apposés sur la maison. Les policiers recueillirent, avant de terminer leur journée, neuf témoignages, et quelques-uns d’entre eux étaient forts intéressants. Ils devaient permettre d’aiguiller l’enquête sur une piste sérieuse.

Le 9 mars dernier, Mlle Loiseau avait déclaré et confié à des voisins du village de Mazal que depuis trois dimanches consécutifs, elle avait vu rôder autour de sa maison, un homme qu’elle connaissait bien. « C’était le Marien, de Rochefort. » Le troisième dimanche, excédée, Mlle Loiseau aurait déclaré à l’individu : »Allez-vous en ! Je n’ai pas besoin d’espion autour de ma maison ! » Ces paroles furent rapportées aux enquêteurs par trois témoins. Et aussitôt, on ne peut s’empêcher d’établir un rapport entre ces déclarations et les traces de pas retrouvées vendredi matin.

Mais il ne fallait point brusquer les faits. Un ordre de bataille fut établi pour le lendemain. Avant de livrer l’assaut, il fallait s’entourer de toutes les précautions. Dimanche matin, on contrôla divers renseignements ; déjà les mailles du filet se resserraient autour de « Marien ». Il était dix heures, lorsque les enquêteurs se rendirent au village de Rochefort.

 

Un premier interrogatoire

-          Où habite le fils Marien X. ?

-          La deuxième maison en entrant dans le village ; elle est située à droite de la fontaine.

Les policiers arrivèrent bientôt à la maison indiquée et, au premier contact, l’impression fut mauvaise :

-          Que faisais-tu jeudi soir, à la veillée ?

-          Je ne suis pas sorti. Je n’ai rien fait. Je suis allé me coucher de bonne heure.

-          Mais alors, ton père, tes sœurs et ton beau-frère que nous avons interrogés ce matin nous ont déclaré que tu avais cassé et trié des noix avec eux.

A ce premier argument, X. baissa la tête et fit une réponse évasive, qui se perdit dans ses lèvres. On remarqua que le cultivateur ne portait pas les mêmes habits que ceux donnés par le signalement. On avait appris, de plus, que la mère avait fait la lessive le vendredi matin, et que le linge n’avait pas été étendu à l’extérieur, dans le jardin, comme à l’habitude, lorsqu’il fait beau.

Une perquisition fut opérée au domicile d’X, et les enquêteurs trouvèrent à l’intérieur de la cuisine, étendus et séchant sur un fil, un pantalon, des mouchoirs, une chemise, un gilet et des chaussettes. Dans une pièce voisine, une veste, portant sur le devant des traces noirâtres, du sang, fut découverte. On trouva également un fusil, nettoyé récemment et dont la crosse, cassée depuis plusieurs mois, avait été réparée ; mais on remarqua qu’une fraîche réparation venait d’être faite.

-          Quel jour avais-tu ces habits ?

-          Jeudi, puis, comme ils étaient sales, je les ai donnés à la mère pour les faire laver.

Mais toutes ses explications ne donnèrent point satisfaction aux enquêteurs, qui repartirent à Saint-Georges-de-Mons à midi, emmenant avec eux Marien X et en emportant les objets saisis.

 

Jean DANILO

 

 

Archives Départementales – Le Moniteur du Puy-de-Dôme – 5 BIB 3/103– Journal du 22/03/1932

 

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