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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 08:44

Un jeune homme est tué d’un coup de fusil

Par un malfaiteur qui s’était introduit dans sa maison.

 

L’assassin est en fuite 

Un drame horrible a mis en émoi, hier, la paisible commune de Miremont.

Près du village du Bouchet, un jeune cultivateur a été tué d’un coup de fusil, par un malfaiteur qui s’était introduit dans sa maison.

Atteint en pleine poitrine, le malheureux jeune homme a été tué presque sur le coup. Il est allé mourir à quelques pas de là.

L’auteur du coup à pris la fuite. La gendarmerie est à sa recherche et espérons qu’elle ne tardera pas à mettre la main sur lui.

 

La Victime

Marius Gilbert était un beau et solide gaillard de 30 ans. Il était originaire de Miremont.

Ses parents avaient fait bâtir, il y a une quinzaine d’années, une petite maison à centaines de mètres du Bouchet.

Cette maison est complètement isolée.

Parti au service militaire en 1919, Marius Gilbert avait passé la majeure partie de son temps sous les drapeaux en occupation en Allemagne. Peu après son retour, il avait eu la douleur de perdre son père.

Depuis, il s’occupait avec sa mère des travaux de la ferme.

 

Le drame

Hier après-midi, tous deux étaient ainsi occupés à labourer un champ, à 7 ou 800 mètres de leur demeure.

Un jeune homme du Bouchet accourut soudain et leur dit : « Il y a un individu qui rôde autour de votre maison. Il a l’air de vouloir faire un mauvais coup. »

Marius Gilbert et ce jeune homme, M. Clément Bouchet, allèrent vers la maison.

En arrivant devant celle-ci, Marius Gilbert fut étonné de voir fermés les volets d’une fenêtre qu’il se rappelait avoir laissés ouverts.

Il les ouvrit et, à ce moment, une détonation retentit.

Marius Gilbert chancela. Affolé, M. Clément Bouchet courut au village voisin pour y chercher de l’aide.

Lorsqu’on arriva, on trouva Marius Gilbert étendu au milieu du chemin qui passe près de sa maison. La charge avait pénétré dans la poitrine, faisant un trou horrible. Le malheureux avait cessé de vivre.

Un docteur fut appelé, mais il ne put que constater le décès.

M. Chomette, maire de Miremont, accompagné du garde-champêtre Béraud, vint procéder aux premières constatations. Il fit prévenir la gendarmerie de Pontaumur.

 

L’enquête de la gendarmerie

Le chef de brigade Feuillade téléphona aussitôt au Parquet de Riom. Un signalement de l’assassin lui avait été fourni par M. Clément Bouchet ; il le communiqua à ses chefs, afin que les brigades de la région fussent prévenues.

Puis il se rendit au Bouchet, accompagné du gendarme Robin.

Il put constater que le vol était le mobile du crime.

Le bandit avait pénétré dans la maison par la fenêtre. Il avait enlevé un carreau, tâche facile, celui-ci étant mastiqué à l’extérieur, puis avait fait jouer l’espagnolette.

Une fois dans la place, il avait refermé les volets pour être plus tranquille. A l’aide d’une hache, il avait ensuite fracturé une armoire ; des tiroirs étaient ouverts et le contenu bouleversé.

Il ne semblait pas avoir pu emporter grand’ chose, ayant dû être dérangé peu après avoir commencé son travail.

 

Au Bouchet

L’agreste vallée du Sioulet ; la route qui se faufile parmi la verdure et les rochers ; des maisons blanches le long de la route, avec des coins de murs disparaissant sous des masses de plantes grimpantes ; le bourg de Miremont, avec des gens sur le pas des portes, qui parlent du drame.

Quelques kilomètres encore ; avec des rochers abrupts d’un côté et de l’autre le ruisseau qui reflète des étoiles et les rayons d’une lune immense.

Puis il nous faut abandonner notre voiture et nous en aller à pied par la montagne.

Le sentier pierreux serpente, tantôt grimpant à pic, tantôt dégringolant rapidement vers une vallée où chante un torrent en miniature, ici inondé de lumière, ailleurs sombre sous une voûte de branchages à travers laquelle les rayons de lune ne filtrent que goutte à goutte. Une bise acide souffle qui gémit parmi les genêts et les branches.

Un voisin s’est offert pour nous guider et ses sabots résonnent sur le sol desséché du chemin. Une pierre roule et dégringole au fond d’un ravin, un fond si sombre que ce ravin prend des allures de gouffre.

Par moments, ce paysage vous a un petit air de maquis…

Voilà le Bouchet, une maison d’école, des fermes, des chiens qui hurlent. Encore le sentier et, tout à coup, sur le chemin, quelque chose sous un drap blanc, qu’éclaire une lanterne clignotante : Le cadavre, sur lequel on veille. Trois hommes sont assis au pied d’une haie ; une femme sanglote : La sœur de la victime, mariée dans un village voisin.

Allons à la maison du mort. La pauvre mère nous narre sa peine, en un jargon mi-patois, mi-français. Elle ne sait pas si l’assassin a pu emporter quelque butin.

Pourtant, il lui semble qu’il manque une tondeuse ; mais les livrets de caisse d’épargne sont toujours là. Quant à l’argent, elle ne sait… Il y en avait d’ailleurs pas beaucoup nous dit-elle.

Dans la grande salle du rez-de-chaussée, qui sert de cuisine et de salle à manger, vaguement éclairée par une bougie, des hommes sont assis autour de la grande cheminée.

L’un d’eux a son fusil entre les genoux, les autres ont accroché les leurs au mur, mais a portée de la main.

 

Ce que dit le témoin du drame.

Voilà M. clément Bouchet, un jeune homme de 18 ans, qui a assisté à la scène tragique.

C’est lui, on le sait, qui était allé prévenir Marius Gilbert qu’un individu suspect rôdait autour de sa maison.

Il faisait semblant de chasser, mais il y avait une heure et demie qu’il tournait. Je l’ai vu un moment dans la cour. Je lui ai demandé : « C’est-il Marius que tu cherches ? » Il a marmotté quelque chose en patois et il est parti. Mais, pour revenir…

Quant au drame lui-même, le témoin nous explique comment la victime a eu des soupçons, en voyant les volets fermés… Et, c’est le coup de feu… L’homme qui chancelle…

Clément Bouchet ne cache pas qu’i l’a échappé belle. Quant à ceux qui sont avec lui, ils ne cachent pas non plus que s’ils tenaient l’assassin au bout de leur fusil…

Car Marius Gilbert était particulièrement estimé dans le pays.

 

Qu’est devenu l’assassin.

Son coup fait, l’homme a pris la fuite, repassant par la fenêtre et filant à travers champs.

Des recherches ont été faites hier. Mais on a pu les commencer que la nuit tombée. En effet, le drame à eu lieu vers 15 heures, mais il était 17 heures lorsque la gendarmerie de Pontaumur a été prévenue. Elle n’est arrivée au Bouchet que peu avant 19 heures.

Par la suite, est venu de Riom l’adjudant Gauvin, faisant fonction de capitaine, que sont allés rejoindre les gendarmes de trois autres brigades : Saint-Gervais, Pontgibaud et Manzat. Le Bouchet est situé près de la limite de ces trois cantons. L’adjudant Gauvin a organisé les recherches, mais celles-ci sont restées vaines. Lorsque nous avons quitté le Bouchet, peu avant minuit, on n’avait relevé aucune trace de passage du bandit dans le voisinage.

 

Le signalement de l’assassin.

Voici le signalement de l’assassin, fourni par M. Clément Bouchet :

25 à 30 ans ; une sorte de cape noire, par-dessus une veste de chasse grise ; un pantalon de velours noir ; une casquette d’un beige déteint.

Les recherches continueront aujourd’hui, mais elles seront certainement difficiles, dans une région si accidentée, très boisée, où les cachettes abondent.

Le Parquet de Riom se rendra au Bouchet dans la matinée d’aujourd’hui et y arrivera vers 8 heures.

René Dulac

 

Archives Départementales – Le Moniteur du Puy-de-Dôme – 5 BIB 3/96 –Journal du 23/09/1928.

 

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