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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 09:35

Les écoles avant et pendant la révolution entre Cher et Sioule, par J. SEMONSOUS

Revue d’Auvergne, tome 76, N° 4, année 1962.


 

II.                   Les écoles pendant la Révolution de 1789

Nous arrivons à la Révolution. Sous l’influence des écrits des philosophes qui ont bien fini par pénétrer les couches quelque peu évoluées de nos campagnes ; sous la pression des événements , les idées hardies sur l’instruction d’un Condorcet, d’un Lakanal et de bien d’autres, un courant populaire va se produire en faveur de la création d’écoles pour le peuple, « désormais souverain » et qui avait besoin d’instruction pour exercer sa souveraineté.

Dès le 26 floréal An II, la commune de Saint-Priest-des-Champs prend une délibération pour engager comme instituteur le citoyen Jean Gidel, de Pionsat. Le 30 floréal, la Société populaire du canton du Montel-de-Gelat dont le siège était à Charensat, présente en qualité d’instituteurs, des personnes disent-ils, «qui réunissent aux talents, principalement des vertus et qualités indispensables et qui caractérisent  le vrai et franc républicain ». Ce sont :

                 Jacques-Jean Martin fils pour la commune du Montel ;

                 Jacques-Philippe Martin père pour celle de Villosanges ;

                 Pierre Mourdon pour celle de Charensat.

Le 1er prairial, la commune de Châteauneuf propose le citoyen Fougeret approuvé par la municipalité et la société populaire. Le 5 messidor, la commune de Villosanges propose comme instituteur le citoyen Jacques Jalladon, de Pionsat (A.D. du Puy-de-Dôme, L. 4915).

      Mais, les pouvoirs centraux se préoccupent aussi de la question. La loi du 27 brumaire An II sur l’institution d’écoles primaires avait prévu une école pour 2.000 habitants. Le district de Montaigut est divisé en sections de 2.000 habitants environ et des écoles créées dans l’agglomération principale à :

      Montaigut, pour Montaigut 1.657 h., partie de Saint-Eloy 362 h., de Buxières 61 h., d’Youx 45 h. Total : 2.125 habitants.

      Peyroux (Lapeyrouse), pour Peyroux 1.305 h., partie de Buxières 379 h., de Durmignat 200 h. Total 1.8884 h.

      Moureuille, pou Moureuille 357 h., et partie de Durmignat 178 h. Total 535h.

      La Crouzille, pour la Crouzille 757 h., Ars 613 h., partie de Virlet 444 h. Total 1.814 h.

      Pionsat, pour Pionsat 1.579 h., partie de la Celette 310 h., Saint-Maigner 310 h., Virlet 310 h. Total 2.904 h.

      Le Quartier, pour le Quartier 832 h., et partie de Virlet 184 h., d’Youx 457 h. de la Celette 40 h. Total 1.513 h.

      Saint-Hilaire, pour Saint-Hilaire 900 h., et partie de Pionsat 104 h.,de Château-sur-Cher 600h. Total 1.604h.

      Saint-Maurice, pour Saint-Maurice 1.546 h., et Partie de Château-sur-Cher 38h., de Bussières 538 h., et Rochedagoux 300h. Total 2.422 h.

      Menat, pour Menat (qui comprenait Neuf-Église), 1.705 h., Teilhet 822 h. et partie de Saint-Rémy 69 h. Total 2.596 h.

      Saint-Gervais, pour partie de Saint-Gervais 1.892 h., Besserve 242 h., Chambonnet 100 h., partie de Gouttières 238 h. Total 2.532 h.

      Saint-Priest-des-Champs, pour Saint-Priest 1.893 h., partie de Gouttières 76 h. et de Saint-Gervais 25 h. Total 2.084 h.

      Espinasse, pour Espinasse 837 h., Saint-Julien-la-Geneste 401 h., partie de Gouttières 432 h et de Saint-Maigner 151 h. Total 1.821 h.

      Ayat, pour Ayat 502 h., Châteauneuf 862 h. rt Sainte-Christine 415 h. Total 1.779 h.

      Montel-de-Gelat, pour le Montel 1.250 h., Tralaigues 274 h. Total 1.524 h.

      Charensat, pour Charensat 1.628 h. et Vergheas 349 h. Total 1.972 habitants.

      Villosanges, pour Villosanges 1.097 h. et Biollet 978 h. Total 2.084 h.

Toutes ces écoles devaient avoir un instituteur et une institutrice. (Arrêté du 19 thermidor An III du Directoire du District de Montaigut), (A.D. du Puy-de-Dôme, L. 4915).

Le jury chargé de l’examen des candidats instituteurs et des candidates institutrices pour le district de Montaigut, réuni le 15 nivôse An IV dressa un procès-verbal dans lequel on lit « les bonnes mœurs et le civisme des candidats ayant été reconnus par le jury d’après les communes qui les réclamaient, il a été procédé à leur examen sur les éléments de la langue française soit parlée, soit écrite et sur les règles de calcul simple, les sujets ne lui ayant pas paru réunir des connaissances plus étendues ; et d’après cet examen, les candidats ayant été reconnus avoir des instructions suffisantes pour remplir des places dans les écoles primaires, hors le citoyen Nicolas Conchon, présenté par la commune d’Espinasse qui ne s’est pas trouvé réunir les connaissances nécessaires, le jury a élu pour instituteur et institutrice d’école primaire :

      De Saint-Gervais, le citoyen Annet Jay et la citoyenne Geneviève Barsse ;

      De Saint-Priest-des-Champs, la citoyenne Claudine Message pour institutrice ;

De Saint-Maurice, le citoyen Pierre Perrier et la citoyenne Marie Mourrelon ;

      De Saint-Hilaire, le citoyen Joseph Mourrelon et la citoyenne Françoise Mourrelon ;

      De Pionsat, le citoyen Jean Gidel pour instituteur ;

      De Menat, la citoyenne Catherine Belfont, femme Chabrol, comme institutrice (le conseil municipal de Menat l’appelle Gauthier, femme de Chabrol) ;

      De Charensat, le citoyen Pierre Mourdon, pour instituteur (A.D. du Puy-de-Dôme, L. 4915) ;

      Cela fait 5 instituteurs pour 17 écoles de garçons créées et 5 institutrices pour 17 écoles de filles. Donc, dès l’abord, manque de personnel qualifié.

      Dans un état arrêté le 4 prairial suivant, du district, on trouve en activité des écoles à Saint-Gervais, Saint-Priest-des-Champs, qui n’a qu’une institutrice, Menat, qui n’a qu’une institutrice, Pionsat, qui n’a qu’un instituteur, Saint-Maurice, Saint-Hilaire, Charensat, qui n’a pas d’institutrice. Mais les écoles créées à Espinasse, Ayat, Montaigut, pourtant le chef-lieu du district, Le Peyroux, La Crouzille, Moureuille, Servant, Le Quartier, Le Montel-de-Gelat, villosanges, n’ont pas été pourvus d’un instituteur ou d’une institutrice (A.D. du Puy-de-Dôme, L. 4915).

      Le 10 thermidor, cependant, J.B. Baisle et Jean Mangerel examinaient la candidature du citoyen Jean-Jacques Martin, élève envoyé par les district aux écoles normales de Paris qui se présentait pour les écoles de la ville de Montaigut ; il est accepté. Il avait exercé précédemment au Montel-de-Gelat (A.D. du Puy-de-Dôme, L. 4915).

      Puis, le 30 fructidor suivant, c’est la municipalité de Saint-Gal qui « considérant que l’ignorance est le plus grand fléau parce qu’elle conduit nécessairement le citoyen sous le joug du plus affreux despotisme » prend comme instituteur le citoyen Berrier, d’Ebreuil (A.D. du Puy-de-Dôme, L. 4915).

      Le 1er pluviôse An IV déjà, la petite commune de Bussières-de-Pionsat, et non plus sous-Rochedagoux comme la paroisse qu’elle était avant la Révolution, avait, à la demande de plusieurs cultivateurs, sous la seule responsabilité de l’agent municipal (on disait national) Jacques Désarménien et de son adjoint Jean Riboulet, installé l’ancien curé Jean-Baptiste Coulaudon dans le presbytère en qualité d’instituteur (J. Mangerel, Le canton de Pionsat pendant la période révolutionnaire, pp. 39-108).

      Cependant, des quelques écoles qui avaient fonctionné, avec combien de difficultés le plus souvent devaient vite péricliter pour n’atteindre, même dans les plus grosses bourgades, Montaigut, Saint-Gervais, Pionsat, qu’un chiffre d’élèves très insuffisant pour faire vivre le maître le plus dévoué à la République, le plus pétri de bonnes intentions à l’égard de la jeunesse d’alors et l’on peut lire dans un des rapports mensuels de l’assemblée cantonale de Pionsat : Vendémiaire An III – Ce cri de désespoir d’administrateurs dévoués à leur noble cause mais qui sont sans moyens pour la faire triompher : « On ne peut que répéter que l’instruction est nulle dans ce canton faute d’instituteurs et d’un nombre de jeunes gens suffisant pour assurer la subsistance  des instituteurs. Il suffit que le gouvernement exige une éducation républicaine pour en éloigner les enfants de ces pères et mères égarés par l’égoïsme frère ou ami du fanatisme… » (Archives communales de Pionsat).

      Point n’est besoin après ces quelques lignes d’entrer dans des détails. L’administration centrale, le Directoire du département ou celui du district peuvent prodiguer leurs encouragements, les municipalités cantonales faire l’impossible, il y aura bien quelques rares maîtres qui résisteront à leur demi-indigence, un ou deux par canton, mais il y aura peu ou pas assez d’élèves, entre Cher et Sioule comme partout dans ce département. La 1ère République avait déjà voulu donner un minimum d’instruction républicaine au peuple qui n’était sans doute pas mûr pour la recevoir et en tirer profit ; bien des événements ultérieurs vont justifier cette allégation.

 

 

 

 

 

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