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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 16:45

D'après Pages d'Histoire recueillies par J. SEMONSOUS - 1938

 

La France comprenait 6 régions de gabelle :

1- Les régions de grande gabelle : Ile-de-France, Maine, Touraine, Orléanais, Berry, Bourbonnais, Champagne, Picardie, Normandie, où le sel se payait 55 à 60 livres le quintal ;

2-  Les pays de petite gabelle où le prix du sel était de 28 à 31 livres ;

3-  Les pays de salines qui payaient le sel 21 livres 10 sous ;

4- Les pays rédimés : Poitou, Saintonge, Angoumois, Limousin, Auvergne, Périgord, Quercy, Guyenne, etc… où le prix du sel était de 6 à 12 livres ; en Auvergne, le prix variait entre 9 et 11 livres ;

5-  Les provinces franches où le sel valait de 2 à 9 sols ;

6-  Les pays de quart-bouillon où le sel valait de 13 à 16 sols.

 Carte-des-gabelles.jpg

La province d’Auvergne compte, à dater de l’arrangement de 1453, parmi les provinces rédimées de la gabelle et, à ce titre, devait jouir d’une liberté complète en matière de sel, moyennant une augmentation de la taille. Elle devait jouir, mais elle ne jouissait pas, et la liberté était loin d’être absolue, car sous prétexte que le sel des provinces franches pouvait être porté par contrebande dans les provinces limitrophes sujettes à l’impôt, et dans notre région d’Auvergne en Bourbonnais, les fermiers de la gabelle avaient imaginé dans les dernières années du XVIIe siècle de faire instituer, sur le bord des provinces, des zones frontières. Dans ces zones, les habitants étaient étroitement surveillés, de telle façon qu’ils ne pouvaient pas prendre une quantité de sel supérieure à leurs besoins réels, mais qu’on leur refusait même fréquemment la quantité nécessaire ; il leur était interdit de se pourvoir de sel ailleurs que dans les lieux et bureaux spéciaux appelés dépôts, qui étaient, d’après G. Chabrol, au XVIIIe siècle : Riom, Aigueperse, Maringues et Lezoux, Menat et Saint-Gervais, Langeac et Auzon, Saint-Flour, Montaigut, Auzances, Mainsat et Thiers.

            D’autre part, à Saint-Gervais, le seigneur avait un droit de prendre une manade sur chaque balle de sel qui entrait au dépôt. Ce droit était depuis de longues années sous-affermé aux regrattiers dudit dépôt à 40 livres par an quoi qu’il fût d’une plus grande valeur, ce qui augmentait d’autant le prix du sel.

            Dans la région de Combraille notamment, limitrophe de la Marche et du Bourbonnais, il y avait non seulement, comme dans tous les lieux de dépôts de sel ou greniers à sel, des inspecteurs, des contrôleurs, des fournisseurs, des employés et commis, des magasiniers, des voituriers, etc…, il y avait des brigades de police, dites Brigades des Gabelles, avec leurs capitaines, leurs lieutenants, leurs brigadiers, ayant sous leurs ordres des cavaliers et des archers entretenus soit par l’État, soit par les fermiers de la gabelle. Ils surveillaient les magasins et empêchaient le faux-saunage, la contrebande du sel. Pionsat avait une de ces brigades et quelques hommes stationnaient à saint-Hilaire et à Rochedagoux ; du dépôt de Saint-Gervais dépendaient les brigades de Saint-Angel et d’Espinasse, cette dernière l’une des plus importante de la région.

            Les gens du pays qui payaient le sel relativement bon marché en comparaison du prix qu’il fallait donner dans les pays de grande gabelle, tâchaient d’en obtenir plus que leur compte pour le revendre à des « faux-sauniers » venant du Bourbonnais et même du Berry. Le faux-saunage se pratiquait parfois en grand. Mais, étroitement surveillés par les brigades des gabelles, les faux-sauniers étaient souvent pris.

            Les registres paroissiaux de Saint-Gervais relatent de nombreux décès de faux-sauniers prisonniers dans les geôles de la ville ; mais le nombre de ceux qui furent « homicidés » par les brigades d’Espinasse ou de Saint-Angel fut beaucoup plus grand encore. « Homicider » un contrebandier était beaucoup plus simple que de l’arrêter.

 

 

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