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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 16:39
Un crime horrible à Roche-d'Agoux (Suite)

L’assassinat de la famille Beaugeard

 

L’assassin Beauvillet est arrêté à Paris

Nous avons arrêté hier notre relation du terrible drame qui vient de se dérouler à Roche-d’Agoux, au moment où le docteur E. Grasset pratiquait l’autopsie du corps de Jacques Beauregard. On sait que le malheureux vieillard, outre l’horrible blessure à la gorge, portait, tant à la tête qu’au corps, seize traces de coups de fourche portés avec une grande violence.

            On croyait, d’après l’examen superficiel, que Mme Beaugeard avait également été égorgée, sans autre blessure apparente. L’autopsie a révélé que l’infortunée victime avait reçu, avant de mourir, douze coups de couteau, dont cinq dans le dos. Ceci confirme donc l’hypothèse que nous émettions hier, à savoir que l’assassin n’avait ouvert la gorge de ses deux premières victimes qu’après les avoir eues à sa merci, inertes, incapables de la moindre résistance, affaiblies qu’elles étaient déjà par de nombreuses et graves blessures.

            Quant à la petite Lucienne, que l’on croyait avoir été tuée d’un formidable coup de pelle à feu sur la tempe droite, l’autopsie a démontré qu’elle avait succombé à la blessure provoquée par une balle de revolver qui, avait coupé l’aorte et s’était logée sous une côte gauche, après avoir traversé les poumons. Elle reçut aussi un coup de couteau à la joue gauche. Ce n’est que par un surcroit de précautions que l’assassin se servit ensuite de la pelle à feu pour porter le coup de grâce.

            L’autopsie du corps de Mme Beaugeard a montré aussi qu’elle avait absorbé une tasse de café peu avant sa mort. C’est donc bien vers 3 h. 30 du matin environ, mardi, qu’a eu lieu l’horrible tragédie. Mme Beaugeard venait de se lever pour donner du café à Jules Beauvillet, et uniquement pour cela. Car il n’était pas dans ses habitudes, sans raison spéciale, de se lever si tôt.

            Toutes ces constatations ne font qu’aggraver les soupçons, déjà très lourds, qui pèsent sur Jules Beauvillet. Certes, l’enquête n’a pas pu encore établir, d’une façon certaine, qu’il était bien le coupable. Mais cela ne pourra être démontré qu’après son arrestation. Même s’il niait, des empreintes digitales sanglantes, laissées par lui sur une lampe, le confondraient et l’obligeraient à des aveux.

            Malgré d’actives recherches, la gendarmerie et la police mobile n’ont pu relever le passage de Beauvillet qu’à Saint-Maurice-de-Pionsat, dans la matinée de mardi. Et encore n’en est-on pas absolument certain.

            On avait signalé aux enquêteurs l’allure étrange d’un voyageur qui, mardi, dans l’autobus de Gouttières, avait la visière de sa casquette baissée sur les yeux et paraissait gêné. Ce voyageur a parlé à un cafetier de Gouttières, M. Ramy. Il ne semble pas que ce soit Jules Beauvillet.

            Celui-ci, après le crime, a eu environ trois heures de nuit devant lui pour préparer son plan de fuite et commencer à l’exécuter. En trois heures, un homme jeune et alerte fait du chemin. Et Beauvillet, dans la matinée de mardi, a pu facilement gagner la gare d’Auzances, même par des chemins détournés, et partir de là soit vers Montluçon, soit vers Eygurande. La ligne des Fades n’est pas non plus très éloignée de Roche-d’Agoux.

            Le crime n’ayant été découvert que mardi soir, et les recherches effectuées n’ayant commencé que mercredi matin, on voit que l’assassin a eu beaucoup de temps devant lui pour prendre le large.

            Si c’est Jules Beauvillet, il ne saurait échapper bien longtemps à la police, qui a diffusé son signalement dans toute la France.

 

L’arrestation

            A minuit, une dépêche nous annonce que Jules Beauvillet a été arrêté hier soir, jeudi, dans un hôtel, 61 rue de Meaux à Paris.

            Nous avions donc raison de dire que, grâce aux excellentes dispositions prises par l’inspecteur Duclaux, notamment, celui qu’on a de bonnes raisons de soupçonner ne saurait tarder à être arrêté.

            C’est à Paris qu’il s’est fait prendre. Il a donc fui rapidement la région, où il ne se sentait pas en sécurité. C’est une charge de plus contre lui, puisqu’il devait primitivement se rendre à Montluçon pour y travailler chez un charron.

           

Le séjour de Beauvillet à Paris

            Paris, 19 octobre. Jules Beauvillet, l’auteur du triple crime commis au hameau de Laugerolle, dans le canton de Pionsat, était arrivé, mercredi matin, à Paris, et avait pris une chambre dans l’hôtel de la rue de Meaux où, hier soir, il a été arrêté par des inspecteurs de la Sureté générale. C’est sous le nom de Beauvilliers qu’il s’était inscrit sur les registres de l’hôtel et, ce matin, les inspecteurs de la police des garnis, possédant son signalement, ont eu l’attention éveillée.

            Son inscription à l’hôtel date, croit-on de vendredi dernier, et cela laisserait supposer que Beauvillet a fait un voyage exprès en Auvergne pour accomplir son forfait. On n’a pu établir encore l’emploi de son temps.

            Amené au commissariat de la Villette, il a subi un bref interrogatoire. Le commissaire de police n’a pu obtenir de lui aucun aveu, ni aucun détail. L’assassin observe un mutisme absolu.

            Il porte des vêtements noirs fripés, il semble très las et a les yeux hagards, comprenant sans doute l’énormité de ses crimes.

            Il a été écroué à 23h. 30 dans les locaux du commissariat. Son interrogatoire se poursuivra demain matin. Il est possible que son transfert à Riom ait lieu dans la journée.

 

Le Moniteur du Puy-de-Dôme, édition du 19/10/1928

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