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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 18:46

Le drame des Ancizes

 

L’enquête faite par la police mobile sur l’horrible drame des Ancizes, n’a, jusqu’ici, donné aucun résultat.

D’ailleurs, la tâche des policiers est assez ardue. Il n’y a, en effet, aucun indice permettant d’identifier le coupable. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il est un habitué de la maison. C’est peu de chose.

Le coupable sera très difficile à découvrir, parmi les nombreux ouvriers, surtout des étrangers, qui ont pris pension chez les époux Chapus.

Ajoutons que l’état des blessés est stationnaire. Tous deux ont été transportés à l’hôpital de Riom.

 

Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 5 février 1921

 

Le crime des Ancizes

 

L’enquête sur l’effroyable crime des Ancizes continue.

La police mobile suit une piste extrêmement sérieuse qui doit la conduire à l’arrestation du ou des assassins : c’est celle de deux travailleurs Algériens, familiers de la cambuse Chaput et qui ont quitté le pays le matin même où le forfait a été découvert. Ces deux individus ont pris à la halte des Richards le train de 6 heures qui va dans la direction de Montluçon. L’employée de la halte a remarqué que ces personnages cherchaient à dissimuler leur visage. Et après le départ du train, elle a trouvé dans la cour de la halte, un porte-monnaie déchiré en deux morceaux. Or, ce porte-monnaie a été reconnu par la suite comme appartenant au petit Chaput.

L’information a établi que le montant du vol commis après l’assassinat était d’environ 10.000 francs.

Ajoutons que Mme Chaput et son fils Marius, qui sont en traitement à l’hôpital de Riom, ne vont pas plus mal.

 

Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 6 février 1921

 

Le crime des Ancizes

Une nouvelle victime, le petit Chaput a succombé

 

L’horrible crime des Ancizes a fait une seconde victime.

A l’hôpital de Riom, où il avait été transporté, le fils Chaput est mort des suites de ses blessures, malgré les soins qui lui ont été prodigués.

Le malheureux enfant a succombé dimanche soir, sans avoir repris connaissance.

L’état de la mère reste stationnaire.

L’enquête de la police mobile continue. Après avoir « travaillé » pendant quelque temps dans la région, les policiers se sont rendus à Montluçon, où les assassins auraient séjourné, le lendemain du drame.

Les criminels, deux Algériens, ainsi que nous l’avons dit, sont identifiés. De plus, la police est en possession de leurs photographies. On espère donc les retrouver sous peu.

 

Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 8 février 1921

 

L’enquête à Montluçon

 

Ainsi que nous l’avons dit, hier, les inspecteurs de police mobile se sont rendus à Montluçon pour aider la police locale dans la recherche des deux assassins du cambusier des Ancizes et de son fils.

Les deux assassins, en effet, leur crime accompli, ont pris un billet, à la halte des Richards, pour Montluçon. Les recherches faites pour retrouver les deux criminels à Montluçon sont restées sans résultats.

D’ailleurs, il parait peu probable qu’ils aient séjourné longtemps dans cette ville. Par quelques renseignement de sources sûres, les policiers ont acquis la presque certitude que les deux algériens se sont rendus à Marseille.

Là, ils seront, très certainement, très difficiles à découvrir, au milieu de la population hétéroclite des grands ports.

 

Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 9 février 1921

 

Un algérien se constitue prisonnier pour prouver son innocence

 

La piste suivie par les inspecteurs de police mobile, au cours de leur enquête sur l’horrible crime des Ancizes, serait-elle une mauvaise piste ?

Hier soir, un Algérien se présentait au commissariat central de Clermont et disait se nommer Aït Mouloud ben Mouloud, 34 ans, originaire de Michelet, commune de Djurduja, forgeron, actuellement employé, comme manœuvre, dans une carrière des environs.

Apprenant qu’il était recherché comme étant un des auteurs du double crime des Ancizes, il était venu se constituer prisonnier, pour démonter sa non-culpabilité.

Aït Mouloud protesta, en effet, de son innocence. Il est, dit-il, parti volontairement, le 21 janvier, de l’usine de l’Électrométallurgie et, depuis, n’est pas retourné aux Ancizes.

Le jour qui précéda la nuit du drame et le lendemain, il travailla, comme d’habitude, à sa carrière, et ne quitta pas son travail.

Aït Mouloud a été envoyé à la police mobile. Interrogé, il a maintenu ses premières déclarations. Il a travaillé continuellement. Ce n’est donc pas lui qui a pris le train, à la gare des Richards, pour Montluçon.

Aït Mouloud a, néanmoins, été mis à la disposition de M. le juge d’instruction de Riom et transféré dans cette dernière ville, où il sera maintenu jusqu’à que son alibi ait été contrôlé.

Dans le cas où cet alibi serait exact, la police devra-t-elle orienter d’un autre côté ses recherches ? C’est, malgré tout, peu probable.

Aït Mouloud était, parait-il, le meilleur ami du second Algérien recherché comme auteur du crime. Cet Algérien pouvait fort bien avoir trouvé un autre compatriote pour l’aider dans son crime. D’ailleurs, il y a ce fait que deux Algériens ont pris le train à la gare des Richards, puis de là, ont très probablement filé sur Marseille.

L’identité de l’un d’eux, en dehors d’Aït Mouloud, est connue. Par lui, on connaîtra, sans doute, si on l’arrête, l’identité de son complice.

 

Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 10 février 1921

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