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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 18:24

10 octobre – De Clermont à St-Gervais en ballon – Hier matin, à 9 heures, ont commencé, sur la place des Carmes-Déchaux, les opérations du gonflement du « Bibendum 2 », un superbe aérostat de 600 mètres cubes, sous la direction de M. Marcel Michelin et de M. Charlin.

A 10 heures, le ballon s’élève avec M. Marcel Michelin comme pilote, M. Edouard Michelin et M. le docteur Bousquet, comme passagers. Il est pris tout d’abord par un vent du Sud-Est qui l’emmène, à 25 à l’heure, dans la direction de Blanzat.

Le « Bibendum 2 » passe successivement au-dessus du Gour de Tazenat, de Saint-Angel et de Châteauneuf. Le vent tombant brusquement, le ballon plane pendant une demi-heure au-dessus de Saint-Gervais, et les aéronautes décident alors d’atterrir.

Les quatre automobiles participant au rally-ballon, le rejoignent bientôt ; et le « Bibendum 2 », ramené à bras au guiderope, atterrit magnifiquement, à 1 heure 10, dans une prairie, au lieu-dit « Le Petit-Mailly », non loin de Saint-Gervais.

L’altitude maxima atteinte par l’aérostat a été de 1.500 mètres.

Nos félicitations à M. Marcel Michelin qui, bien qu’étant un des plus jeunes pilotes de l’aéro-club de France, possède déjà une connaissance profonde de l’aéronautique.

 

12 octobre – L’affaire de Charensat – La mère Pradelle, du village des Pradelles, commune de Charensat, qui avait été arrêtée en même temps que sa fille, pour complicité d’infanticide, vient d’être remise en liberté provisoire.

Me Seguin, défendra la mère, et Me Massé, la fille.

 

21 octobre – Tribunal correctionnel de Riom, audience du 15 octobre – Entre amis – Grandsagne Michel, 50 ans, agent d’assurances à Saint-Priest-des-Champs, et Bourduge François, 57 ans, du même lieu, sont poursuivis pour coups et blessures réciproques.

Les deux inculpés étaient deux amis intimes, quand, le 20 août, pour des futilités, ils en vinrent aux mains ; dans la bagarre, Bourduge eut le bras cassé.

Le tribunal, après en avoir délibéré, les condamne : Grandsagne à 15 jours de prison sans sursis, et Bourduge, à 25 francs d’amende avec sursis.

 

8 novembre – Sauret-Besserve – Accident – M. Gauvin, garde champêtre de la commune, ayant acheté le jour de la foire de Saint-Gervais une vache pour le compte de sa belle-sœur, conduisait cette bête et pour plus de commodité, avait enroulé la corde autour de son bras.

Tout à coup, devenue subitement furieuse, la vache partit à fond de train, entrainant son gardien qui roula sous ses pieds. Heureusement, après un parcours d’une centaine de mètres, la corde se rompit ; mais Gauvin avait reçu à la figure et sur tout le corps de graves contusions qui toutefois ne mettent pas sa vie en danger.

 

8 novembre – Le mauvais temps – Depuis le 1er novembre, nous avons un temps détestable. Un vent violent souffle en tempête. La pluie, qui ne cesse également de tomber, empêche les travaux des champs qui sont loin d’être terminés. Aussi nos braves cultivateurs sont-ils dans la consternation. Plusieurs n’ont pas encore fini d’ensemencer leurs terres et quelques-uns même n’ont pas commencé à arracher leurs pommes de terre.

 

27 novembre – Tribunal correctionnel de Riom, audience du 26 novembre – L’affaire de Charensat – Le 3 septembre dernier, le parquet de Riom se transportait aux Pradelles, commune de Charensat, pour y faire une enquête, au sujet d’un infanticide commis par Marie Pradelle, âgée de 22 ans.

Là, les magistrats constataient en effet qu’un enfant nouveau-né avait été tué et coupé en morceaux ; certaines parties du corps avaient disparu, et les restes du petit cadavre avaitent été cachés sur une armoire.

La fille Pradelle était arrêtée, ainsi que sa mère, soupçonnée de complicité, mais cette dernière a bénéficié d’un non-lieu.

La Chambre des mises en accusations a renvoyé Marie Pradelle devant le tribunal correctionnel, sous l’inculpation de suppression d’enfant.

Un seul témoin est entendu, c’est M. le docteur Grasset, médecin légiste, qui s’est transporté sur les lieux avec le parquet et a procédé aux constatations. Il raconte qu’en arrivant dans la maison, il n’a trouvé qu’une partie du petit corps ; les bras et les jambes avaient disparu. Selon lui, les membres ont été coupés très nettement, sans aucune déchirure, aucun doute ne peut exister à ce sujet.

La femme Pradelle a prétendu avoir accouché le matin, vers 7 heures, et être aussitôt partie dans les champs, laissant sur son lit le corps de son enfant. En arrivant elle l’aurait trouvé à terre, en partie dévoré par les chiens. M. le docteur Grasset ne croit pas à cette version.

Marie Pradelle, interrogée, confirme sa première déposition, sauf en ce qui concerne le cri de l’enfant. Elle reconnait qu’il a remué mais, elle déclare qu’il n’a pas crié.

  • Vous avez dit à l’instruction, demande le président à la prévenue, qu’en partant vous aviez mis sur la tête de l’enfant une couverture et un édredon, c’était sans doute pour l’aider à respirer ?
  • Je n’ai pas dit ça ; j’ai dit que j’avais mis l’enfant sur la couverture, et l’édredon à côté de lui et non sur sa tête.
  • Quand vous êtes revenue des champs où avez-vous trouvé votre enfant ?
  • Je l’ai trouvé à terre en partie mangé par le chien.
  • Qu’en avez-vous fait ?
  • Je l’ai plié dans un linge blanc, et je l’ai caché sur une armoire.
  • Vous voulez absolument que ce les chiens qui aient dévoré votre enfant.
  • Oui monsieur, c’est la vérité !

Le ministère public demande une peine sévère.

Après plaidoirie, de MM. Seguin et Massé, tous deux chargés de la défense de l’accusée, le tribunal met l’affaire en délibéré.

Le jugement sera rendu mercredi.

 

28 novembre – Sauret-Besserve – Un joli noyer – Deux marchands de bois de Clermont-Ferrand parcourent toutes les communes du canton de Saint-Gervais pour acheter les arbres qui peuvent servir au commerce, dépouillant ainsi nos montagnes de leur plus belle parure.

Ils viennent de se rendre acquéreurs d’un magnifique noyer qui faisait l’admiration de tous par sa grosseur et sa haute futaie, et appartenant aux héritiers Charvilhat, du village de Chambonnet. L’arbre a été payé la somme ronde de cinq cents francs, plus 80 francs pour l’abattre et couper les branches.

Voici ses dimensions : longueur 4 m. 70 (la bille seulement), circonférence 3 m. 80 (mesure prise à 0 m. 50 des racines) et 3 m. 60 (mesure prise à la naissance des branches), diamètre 1 m. 70.

L’arbre est abattu depuis une quinzaine de jours ; il faut maintenant le conduire à la gare de Saint-Gervais. Et comme les acheteurs ne veulent pas le faire exploiter sur place, ce n’est pas chose facile. Assis sur les bords de la Sioule, Chambonnet est d’un accès très difficile aux voitures, tant la descente est rapide. Aussi aucun bouvier de Sauret ne veut se charger de lui faire monter la côte.

Toutefois, les acheteurs ont trouvé un entrepreneur de Saint-Eloy qui le conduira, mais il demande la somme de 350 fr. et encore uniquement pour véhiculer la bille. L’affaire en est là pour le moment.

On a évalué le poids de cette magnifique pièce de bois à 5.500 kilos, et on compte que pour le conduire de Chambonnet à Sauret il faudra huit à neuf paires de bœufs. Les acheteurs, leur compte fait, devront débourser leur billet de mille francs, y compris l’achat, pour le rendre en gare de Saint-Gervais.

 

1er décembre – L’affaire de Charensat – Le tribunal correctionnel de Riom s’est déclaré incompétent dans l’affaire de la femme Pradelle, de Charensat, inculpée de suppression d’enfant. Cette affaire était venue à l’audience de samedi dernier.

Cette affaire viendra probablement devant les assises prochaines, où la femme Pradelle sera poursuivie sous la prévention d’infanticide.

 

11 décembre – Coups de bâton – Juliard Jean-Baptiste, 59 ans, cultivateur à Charensat, est poursuivi pour avoir donné un coup de bâton à M. Quenat Antoine, charcutier au Montel-de-Gelat.

 Le 18 octobre, M. Juliard avait conduit des moutons à la foire du Montel-de-Gelat. Quenat qui voulait les acheter au meilleur compte possible, les avait à plusieurs reprises marchandés en les dépréciant.

Juliard impatienté lui dit : « Allez-vous en, je ne veux rien faire avec vous et je commence à en avoir assez ».

Quenat, qui n’est âgé que de 35 ans, et est doué d’une force herculéenne, répondit à Juliard : « Je m’en irai, si je veux, si vous n’êtes que quatre, vous pouvez y venir ! »

C’est à la suite de cette provocation que Juliard a frappé de deux coups de bâton le charcutier, qui s’est empressé de déposer une plainte.

Le tribunal condamne Juliard à 25 fr. d’amende avec sursis.

 

19 décembre – Gendarme malmené – Bouchardon Pierre, 30 ans, originaire de Saint-Priest-des-Champs, cultivateur au village de Chez-Doucet, est poursuivi pour chasse sans permis et outrages et voies de fait envers un gendarme.

Bouchardon n’a jamais été condamné et jouit d’une excellente réputation.

Le tribunal le condamne néanmoins à un mois de prison et 40 francs d’amende.

Défenseur, Me Seguin

Bouchardon a immédiatement fait appel de ce jugement.

 

27 décembre – Saint-Gervais – Accident grave – Samedi soir, M. François Rougier, domestique à l’hôtel Chassagnette à Saint-Gervais, revenait de Saint-Eloy conduisant deux voitures de charbon, lorsqu’arrivé au village des Vayres, commune de Gouttières, une des voitures glissa dans un fossé. Pour l’en sortir, on fut obligé de mettre deux chevaux. Malheureusement, à peine le cheval de renfort fut-il attelé qu’aussitôt il partit plus vite qu’on ne l’avait prévu. Rougier, qui le tenait par la bride, fut renversé et chevaux et voiture lui passèrent sur le corps. Relevé aussitôt, il fut transporté dans une maison voisine où le docteur Meunier, de Saint-Gervais, qu’on alla prévenir immédiatement, vint lui donner ses soins. Il releva sur le corps et principalement sur la tête de l’infortuné domestique de nombreuses et sérieuses blessures.

Hier, cependant, on a pu le transporter à son domicile, à Saint-Gervais.

Son état, quoique grave, n’est pas désespéré, et si aucune complication ne survient, on espère le sauver ; mais de longs jours seront nécessaires à son complet rétablissement.

Cet accident à vivement impressionné les habitants de Saint-Gervais où Rougier jouit de l’estime générale.

 

29 décembre – Saint-Gervais – Nécrologie – Mercredi matin, est décédé, à Saint-Gervais-d’Auvergne, à l’âge de 50 ans, M. l’abbé Prévost, doyen de cette paroisse. Aussitôt connue dans la ville, cette nouvelle a jeté la consternation dans tous les cœurs. C’est que bien arrivé depuis peu de temps, treize mois à peine, l’abbé Prévost avait su conquérir toutes les sympathies par sa bonhomie, sa bonté et aussi et surtout par son zèle sacerdotal. Pendant le cours espace de temps qu’il a passé au milieu de nous, il a trouvé moyen d’organiser et de faire célébrer des fêtes grandioses en l’honneur de Notre-Dame de Pitié et de Jeanne-d’Arc, fêtes présidées par Monseigneur lui-même et dont tous les habitants de Saint-Gervais gardent et garderont longtemps le plus doux souvenir. Il a aussi trouvé moyen de fira construire deux immenses salles pour les patronages qui existent déjà et qu’il se proposait de réorganiser et de développer. Il avait encore bien d’autres projets en Vue. Dieu ne lui a pas permis de les réaliser.

Mais il n’en reste pas moins vrai que le souvenir de l’abbé Prévost restera profondément gravé dans le cœur de ses paroissiens, qui avaient déjà su l’apprécier et l’aimer. Tous aujourd’hui, sans distinction de classes ni d’opinions, le pleurent comme on pleure un père et un ami.

Un office solennel sera célébré vendredi, à 11 heures, dans l’église de Saint-Gervais, pour le repos de son âme. L’inhumation aura lieu à Pionsat, son pays d’origine.

Nous prions tous les membres de sa famille d’accepter nos condoléances les plus sincères.

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