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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 15:56

Horrible drame près de la gare des Ancizes

 

Un bandit pénètre la nuit dans une cambuse et assomme dans leurs lits le cambusier, sa femme et son fils. Il cambriole ensuite et s’enfuit.

Le cambusier est mort, sa femme et son fils son grièvement blessés

 

La coquette et paisible commune de Saint-Georges-de-Mons vient d’être le théâtre d’une terrible et sanglante tragédie. Un mort, deux blessés, tel est le bilan de l’exploit d’un féroce bandit, véritable brute.

M. Chapus, cambusier, près de la gare des Ancizes, sur le territoire de la commune de Saint-Georges-de-Mons, a été trouvé, hier matin, le crâne fracassé, gisant dans une mare de sang.

Au premier étage, évanouis dans leur lit ensanglanté, étaient sa femme et son jeune fils.

Tous trois avaient été frappés pendant leur sommeil. M. Chapus, avant de mourir, avait eu la force de descendre l’escalier.

Le cadavre fut découvert par des ouvriers de l’Électrométallurgie, qui prévinrent un aubergiste de la gare des Ancizes. Le maire de Saint-Georges, puis la brigade de gendarmerie de Manzat, en fin le Parquet de Riom, qu’accompagnaient deux inspecteurs de police mobile, se rendirent sur les lieux.

Il y eut peu de gens à interroger, car il n’y avait pas de témoins oculaires du drame ; seul l’examen des lieux pouvait donner quelques indices sur la scène atroce. En effet, c’est à la suite d’une visite complète de la maison que les magistrats purent établir que le vol était le mobile du crime, qu’il n’y avait vraisemblablement qu’un seul auteur et que cet auteur était un habitué de la maison.

L’autopsie ayant été pratiquée et des soins donnés aux blessés, par M. le docteur Grasset, médecin légiste, le Parquet de Riom quitta Saint-Georges, hier soir, sa tâche terminée, laissant aux inspecteurs de police mobile le soin de terminer l’affaire en retrouvant le coupable.

 

Le cambusier et sa famille

Chapus Pierre, 56 ans, originaire de Manzat, avait été, pendant longtemps, aubergiste aux Ancizes. Mais ses affaires ne marchaient pas très bien, malgré qu’il eût joint à son premier commerce celui de chiffonnier.

L’usine de l’Électrométallurgie ayant été construite sur ces entrefaites, Chapus pensa qu’il aurait peut-être de l’argent à gagner avec les ouvriers.

Il vint donc s’installer à proximité des baraques où logent la majorité des travailleurs étrangers, en face de la gare des Ancizes, sur l’autre versant de la vallée formée par le ruisseau limitant les deux communes, sur le territoire de Saint-Georges-de-Mons.

En effet, la nouvelle cambuse ne tarda pas à être des plus, sinon des mieux fréquentée. Il y avait, parait-il, dix-sept pensionnaires, Algériens, Marocains, Portugais, Espagnols, Italiens, etc…

Mme Chapus, née Nathalie Boulon, malgré son âge – elle est aussi âgée que son mari – ne craignait pas la société des enfants des « pays du soleil », pendant les absences assez longues de son mari. En effet, ce dernier effectuait très souvent des tournées dans la région pour recueillir des chiffons, des peaux… Mme Chapus restait donc seule à la maison, et dame !

Toujours est-il que cela amenait de très fréquentes scènes entre M.Chapus et sa femme. Chapus frappait cette dernière et, depuis quelques temps, le ménage vivait séparé !

Les époux Chapus ont un fils, Marius, âgé de 8 ans qui aidait sa mère. Avec eux vivait également le père de Mme Chapus, M. Boulon, un vieillard de 86 ans, infirme.

Mercredi soir, M. Chapus, sa tournée faite, était rentré d’assez bonne heure. Ses pensionnaires, lorsqu’ils le quittèrent, étaient loin de songer à un drame.

 

La découverte du cadavre

C’est hier matin, vers 5 heures, qu’en se rendant à leur travail, des ouvriers de l’usine, venant de Saint-Georges, voulurent s’arrêter chez Chapus pour « casser la croûte », ainsi qu’ils avaient l’habitude de le faire. Par une porte vitrée, ils aperçurent au rez-de-chaussée le cambusier étendu dans une mare de sang.

Les ouvriers ne cherchèrent pas à pénétrer dans la maison. Ils allèrent déjeuner dans une autre auberge. Là, ils dirent à la patronne ce qu’ils avaient aperçu chez Chapus.

En se rendant à Saint-Georges-de-Mons, pour prévenir le maire, l’aubergiste jeta un coup d’œil, en passant, sur le cadavre de Chapus, mais ne pénétra pas, non plus, dans la maison.

Aussitôt averti, M. Hom, maire de Saint-Georges, se rendit sur les lieux, accompagné de M. Bayet, garde champêtre, et de quelques habitants.

Ils entrèrent, sans peine, dans la maison. La première porte était fracturée, la seconde, grande ouverte. Dans la salle à manger de l’établissement, un horrible spectacle les attendait.

Chapus était couché, suivant l’expression, « en chien de fusil », en chemise, sur le pavé, où s’étendait une mare de sang. Le corps était froid. Les arrivants ne purent voir quelle étaient les blessures qui avaient déterminé la mort : de la tête aux pieds, le cambusier était littéralement couvert de sang.

 

Du sang partout

Au bas de l’escalier menant aux chambres, encore une flaque sanglante. Dans l’escalier, des gouttes sur toutes les marches, sur le mur. En haut, encore du sang.

Sans la chambre de M. Chapus, le lit, en désordre, était rouge, le plancher était taché à plusieurs endroits.

Dans une pièce à côté, des plaintes s’élevaient. Vivement, les visiteurs s’y rendirent et trouvèrent Mme Chapus et son fils couché, également couverts de sang, méconnaissables, dans un lit maculé de rouge.

 

Les premières constatations

M. le maire de Saint-Georges, après avoir constaté la mort de M. Chapus, voulut obtenir quelques renseignements auprès de sa femme.

Les premières paroles de cette dernière furent : « C’est mon mari qui m’a tuée, pour voler mon argent !... »

Elle voulut ensuite se lever, descendit dans sa cuisine, ne vit pas son mari étendu sur le sol et tenta d’allumer son feu.

Son père, qui s’était levé, vint lui parler ; elle lui répéta ce qu’elle avait déjà dit. L’autre, qui est sourd, d’ailleurs, lui répondit : « Il t’avait assez cognée, c’était bien ton tour ! »

Des gendarmes arrivèrent de Manzat, accompagnés de M. le docteur Pourtier. Ce dernier donna des soins aux blessés, cependant que les gendarmes commençaient leur en quête.

Voyant la gravité de l’affaire, le chef de la brigade de Manzat prévint téléphoniquement le Parquet de Riom.

C’est alors que MM. Bonieu, substitut ; Benoid, juge d’instruction ; Glaine, greffier, accompagnés de M. le capitaine de gendarmerie et de M. le docteur Grasset, médecin légiste, se rendirent sur les lieux.

A suivre.....

René Dulac

Le Moniteur du Puy-de-Dôme du 4 février 1921

 

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